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Rachat de Twitter : Elon Musk pose encore ses conditions
La planète n’a pas fini de trembler avec le fondateur de SpaceX. Alors qu’un procès devant un tribunal de l’État du Delaware doit s’ouvrir le 17 octobre prochain pour peut-être contraindre Elon Musk au rachat de Twitter à la suite de l’annulation de son offre proposée le 25 avril dernier, le patron de Tesla a annoncé à la Securities and Exchange Commission (SEC) son souhait de finalement procéder à l’acquisition.
Selon la lettre envoyée, celle-ci pourrait se faire selon les termes initiaux valorisant le réseau social à 44 milliards de dollars. "Ce volte-face est sans doute dû aux avocats d’Elon Musk qui lui ont probablement expliqué que la justice pouvait lui enjoindre d’acheter Twitter et que s’il essayait de se soustraire à cette décision, cette réaction ne plairait pas aux marchés. Elle pourrait avoir un impact sur le cours du titre Tesla ", explique Anne-Sylvie Vassenaix-Paxton, associée chez DWF dans un entretien accordé à WanSquare.
Une pente juridique ardue
Rappelons que ces dernières semaines, le milliardaire, déterminé à faire valoir ses arguments sur les prétendus mensonges de Twitter quant à l’existence de faux comptes, se félicitait pourtant d’avoir trouvé un allié en la personne de Peiter Zatko, ancien directeur de la sécurité informatique de l’entreprise, qui avait adressé en juillet dernier une plainte auprès du gendarme boursier américain et du ministère de la justice, dénonçant un certain nombre de pratiques frauduleuses de la part du réseau social.
Or, lors des auditions préliminaires au procès, la juge Kathaleen McCormick aurait prévenu les avocats de l’homme d’affaires que cet argument n’était juridiquement, selon les clauses du contrat initial, pas valable, l’existence de faux comptes ne faisant pas partie des possibilités de résiliation du contrat. "Aux Etats-Unis, les témoins sont entendus préalablement au procès et les avocats du patron de SpaceX ont dû lui dire qu’il lui serait difficile d’apporter la preuve de ses arguments sans s’engager dans une longue et coûteuse procédure. Un pari quasiment perdu d’avance, d’autant que la présidente est réputée pour prendre parfois des décisions très sévères ", précise l’avocate.
Soutien indispensable des financiers
Mais penser que cette résignation à procéder à l’achat de Twitter signifie perdre la guerre pour Elon Musk serait une erreur. L’homme d’affaires se croit encore tout puissant puisque son offre est assortie de conditions. "La lettre envoyée à la SEC doit être vue en quelque sorte, compte tenu de sa rédaction, comme un protocole transactionnel révélé au public", souligne Anne-Sylvie Vassenaix-Paxton.
La première est directement adressée à ses financiers. "Il dit qu’il veut bien procéder à la clôture de l’opération initialement envisagée en avril sous réserve d’obtenir ses financements. Il met donc ses financiers au pied du mur ", ajoute l’avocate. Pour mémoire, si Elon Musk a prévu de financer une grande partie du rachat en vendant de sa participation dans Tesla, des grandes banques et des investisseurs se sont également engagés à financer à hauteur de 12,5 milliards de dollars l’opération.
Arrêt des poursuites
Par ailleurs, il exige également que Twitter retire toutes ses actions en justice en cours. "Elon Musk veut que le tribunal du Delaware suspende et ajourne le procès ainsi que toutes les autres procédures liées jusqu’à ce que l’opération soit réalisée", poursuit l’associée du cabinet DWF.
Pour l’heure, si Twitter n’a pas encore commenté les prochaines étapes de son procès pour forcer le milliardaire à respecter son accord, les praticiens imaginent déjà la suite des évènements. "Il est très probable que Twitter fasse valoir qu’elle n’a plus confiance en Elon Musk et qu’elle souhaite que l’opération se fasse sous l’égide du tribunal afin de s’assurer que l’homme d’affaires ne se défile pas une nouvelle fois au dernier moment", prédit Anne-Sylvie Vassenaix-Paxton. Une solution qui soulagerait sans doute le tribunal du Delaware qui dans ce cas de figure n’aurait qu’à superviser la bonne réalisation de la transaction plutôt que de devoir forcer la vente.
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