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Macro-économie / Taux / Emploi / Etats-Unis

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Emploi / Etats-Unis

L'emploi américain se porte encore trop bien / L'inflation ne faiblit pas pas malgré une hausse du chômage

Le marché de l'emploi américain est de moins en moins sous tension ces derniers mois, une évolution nécessaire pour briser la spirale inflationniste mais qui reste encore trop faible. Les créations d'emplois Outre-Atlantique ont ainsi légèrement diminué entre août et septembre passant de 315 000 à 263 000 emplois. Le taux de chômage n'a paradoxalement pas augmenté s'établissant à 3,5 % le mois dernier, une baisse de 0,2 % en glissement mensuel.
Offre d'emplois aux États-Unis. Paul Weaver / SOPA Images/ZUMA/REA
Offre d'emplois aux États-Unis. Paul Weaver / SOPA Images/ZUMA/REA

La "grande démission" apparue aux États-Unis lors de la pandémie a décidément du mal à s'estomper. Si les décideurs ne peuvent pas se réjouir publiquement que le nombre de chômeurs américains augmente, ils aimeraient a minima mieux comprendre pourquoi ces Américains qui ont quitté la population active n'y reviennent pas davantage. Le surplus d'épargne accumulé grâce aux aides gouvernementales n'est pourtant pas éternel.

Confrontés à cette inconnue et à des chiffres de l'emploi meilleurs qu'avant la pandémie, les membres du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) devraient pour la quatrième fois de suite décider de relever les taux d'intérêt directeurs. Leur prochaine réunion des 1er et 2 novembre sera en effet pour eux une occasion supplémentaire de tenter de refroidir la demande.

 

Loin du compte

 

Le ralentissement de l'économie américaine assumé par Jerome Powell, le gouverneur de la Fed, qui déclarait encore il y a quelques jours que "nous avons besoin d'une augmentation du chômage" ne semble donc pas se produire. L'offre d'emploi qui s'est ajoutée sur le marché est supérieure de près de 8 000 postes aux attentes du consensus.

La toute nouvelle gouverneur de la Fed Lisa Cook, se montre quant à elle résolument optimiste estimant, dans son premier discours depuis sa prise de fonction, que "si l'impact sanitaire du COVID-19 continue de diminuer, je suis optimiste quant à la réinsertion d'un plus grand nombre de travailleurs dans la population active, mais il existe un risque que l'offre de main-d'œuvre reste inférieure à sa tendance prépandémique". C'est ce risque qui est le plus à même de rendre l'inflation persistante et difficile à juguler pour l'institution dirigée par Jerome Powell.

 

En tout temps en tout lieu

 

D'autant plus que sur le front de l'emploi, le taux de chômage n'explose pas significativement pour les personnes les moins diplômées. Lisa Cook note ainsi que "le taux de démission est bien supérieur aux niveaux prépandémiques, même s'il s'est quelque peu modéré, ce qui indique que les travailleurs sont toujours convaincus de pouvoir trouver un autre emploi". Un signe supplémentaire que les Américains ne sentent pas encore le vent tourner à court terme.

La nouvelle venue appelle d'ailleurs l'institution à "faire preuve d'humilité quant à notre capacité à tirer des conclusions fermes et nous préparer aux inévitables surprises". D'autant plus que la question de la pertinence des modèles standards va désormais se poser, l'économiste se demande ainsi s’ils restent appropriés ; "il se peut que le décalage soit moins important aujourd'hui entre les hausses de taux et le resserrement des conditions financières, qui se produit lorsque les marchés anticipent les futures hausses de taux".

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