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Une solidarité européenne a minima / L'UE n'est pas arrivé à s'entendre sur un plafonnement des prix du gaz
"Vous ne pouvez pas transformer du gaz cher en gaz bon marché avec un plafond de prix, d'un coup de baguette magique ! Quelqu'un devra en payer le prix…" Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, a ainsi résumé, dans un entretien à plusieurs journaux ; ce qui rend impossible à ce jour d'arriver à un plafonnement des prix du gaz dans l'Union européenne.
C'est donc "nouveau règlement d'urgence pour faire face aux prix élevés du gaz dans l'UE et garantir la sécurité d'approvisionnement cet hiver", qui est proposé par Bruxelles. Il prendra de fait la forme "d'achats groupés de gaz, de mécanismes de limitation des prix sur la bourse du gaz TTF, de nouvelles mesures sur l'utilisation transparente des infrastructures et la solidarité entre les États membres, et d'efforts continus pour réduire la demande de gaz". Bien des mots pour décrire l'urgence pour l'Europe de se préparer aux conséquences d'un embargo sur le gaz russe, de plus en plus fort.
Un hiver après l'autre
Chaque pays du Vieux continent a pu remplir ses réserves de gaz pendant l'été, en faisant main basse sur chaque opportunité d'assurer la sécurité énergétique des États-membres. La Commission déclarant en plein été que sur fond de militarisation continue par la Russie de ses livraisons d’énergie, la diversification de nos importations énergétiques est une priorité pour l’UE
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La Commission de régulation de l'énergie a ainsi assuré que concernant l'Hexagone ; "La campagne de remplissage des stockages pour l'hiver 2022-2023 se termine avec des stockages remplis à plus de 99 %". Les États-membres ont actuellement rempli leurs capacités de stockage à 92 %. Un chiffre rassurant mais qui ne doit pas cacher que "l'hiver prochain (2023-2024 ndlr) sera beaucoup plus difficile", selon Frans Timmermans, puisque le Vieux continent ne pourra pas remplir ses réserves avec du gaz russe comme il l'a fait auparavant.
Calmer le jeu
Le recours à "un mécanisme temporaire pour limiter les prix excessifs cet hiver" sur le marché de gros a également été annoncé par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Reste à savoir quels en seront les limites puisqu'il semble surtout question aujourd'hui d'utiliser le marché européen. Pour l'Allemande, il est de la même façon temps d'élaborer "une nouvelle référence afin que le GNL soit négocié à un prix plus équitable".
Aujourd'hui l'UE en est réduite à éviter que chaque intérêt national ne desserve les intérêts communs des membres et l'annonce de la Commission ne dit pas autre chose ; il est question "d'achat commun de gaz pour négocier de meilleurs prix et réduire le risque de surenchère des États membres sur le marché mondial". Une mesure salutaire même si elle met du temps à se mettre en place, Frans Timmermans affirmant qu'il allait d'abord falloir "évaluer précisément quelle sera la demande d'importation de gaz au niveau de l'UE. La Commission va solliciter un fournisseur de services via une procédure de marché public pour récupérer ces données".
Le plus compliqué sera sans doute la "proposition visant à créer un mécanisme d'allocation de gaz pour les États membres touchés par une urgence d'approvisionnement en gaz au niveau régional ou de l'Union". Chaque gouvernement étant soumis à ses propres soucis d'approvisionnement et devra expliquer à ses citoyens le sens des sacrifices qu'ils peuvent devoir consentir.
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