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Europe : Le FMI de plus en plus circonspect / Les économies européennes inquiètent pour les mois à venir, devant à la fois combattre l'inflation et la récession
Aucun doute pour le Fonds monétaire international (FMI), l'Europe fait face "à un mélange toxique d'inflation élevée et de croissance en berne". Un double défi à résoudre qui va considérablement grever la croissance de la zone euro ; en avril dernier il était encore question qu'elle soit de 2,3 % en 2023, aujourd'hui il n'est plus question que de 0,5 %.
Pour l'année en cours, la zone euro bénéficie encore de la relance post-covid et devrait connaître une croissance de 3,1 %. Mais les problèmes sont bel et bien devant elles puisque les recommandations de l'institution sont très dures à concilier: d'un côté il faut resserrer la politique monétaire pour faire baisser l'inflation, mais de l'autre il faut aider "les ménages vulnérables et les entreprises viables à faire face à la crise énergétique". Dans le même temps, la situation en Ukraine oblige les gouvernements à augmenter leurs dépenses militaires et leurs budgets consacrés aux réfugiés.
Locomotives à l'arrêt
Le Vieux continent ne peut même plus compter sur ses habituels moteurs, puisqu'il est prévu que "les économies avancées d'Europe ne connaîtront qu'une croissance de 0,6 % l'année prochaine". Une projection qui est en nette baisse de 0,7 point de pourcentage, par rapport aux projections de juillet. Une mauvaise nouvelle alors que le moteur franco-allemand se délite de jour en jour et paraît de moins en moins à même de sortir l'Europe de l'ornière.
Un constat d'autant plus dur que l'hiver sera rude ; "plus de la moitié des pays de la zone euro connaîtront des récessions techniques, avec au moins deux trimestres consécutifs de contraction de la production". Ce qui implique que "parmi ces pays, la production chutera, en moyenne, d'environ 1,5 %". Des conséquences délétères qui vont s'installer dans le temps et signifieront que la production et les revenus de l'Europe seront d’ores et déjà "inférieurs de près d'un demi-trillion d'euros aux prévisions d'avant-guerre du FMI - une illustration frappante des graves pertes économiques du continent dues à la guerre".
Nouveau régime d'inflation
Alfred Kammer, directeur du département européen du Fonds monétaire international, en vient à estimer que "la pandémie et la guerre de la Russie en Ukraine pourraient avoir fondamentalement modifié le processus d'inflation". Ce qui de fait induit à ses yeux un "risque pour nos prévisions et celles des autres, à savoir que l'inflation diminuera régulièrement l'année prochaine".
Ce qui constituait pourtant une des rares bonnes nouvelles de ces prévisions, de fait l'institution basée à Washington s'attend désormais à ce qu'elle diminue à "6,2 % dans les économies européennes avancées, et 11,8 % dans les économies européennes émergentes, respectivement". Ce qui reste néanmoins bien au-dessus de la cible d'inflation de la BCE à 2 %. Le pire est néanmoins peut-être à venir puisque le FMI parle à la fois d'un possible "désancrage des anticipations d'inflation à moyen terme" et également d'une potentielle "accélération beaucoup plus forte des salaires qui déclencherait une boucle de rétroaction négative entre les prix et les salaires".
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