Macro-économie / Taux / stabilité financière / taux d'intérêt / Fed / Inflation
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Les plus grandes peurs des marchés /
L'inflation et les taux préoccupent
Ils inquiètent désormais autant que l’invasion de la Russie par l’Ukraine.
Le resserrement de la politique monétaire ainsi que la persistance d’une inflation élevée sont cités comme les premiers risques, aux côtés de la guerre en Ukraine, pour la stabilité financière américaine d’ici douze à dix-huit mois, nous apprend le rapport biannuel de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur la stabilité financière.
Un peu plus de 60% des sondés estiment que ce sont les risques les plus importants. Au printemps dernier, l’invasion russe de l’Ukraine figurait en première place avec près de 80% des acteurs de marché interrogés estimant que c’était la menace la plus importante (contre 70% pour l’inflation et le changement de cap de la politique monétaire).
"Les personnes interrogées sont restées préoccupées par la possibilité que les pressions inflationnistes soient plus persistantes que prévu, ce qui nécessiterait une orientation de la politique monétaire plus restrictive que ne le reflètent les prix du marché. Plusieurs contacts ont souligné la nature mondiale du resserrement de la politique monétaire et la possibilité d'effets plus importants que prévu sur les conditions financières lorsque les Banques centrales ajustent leur politique de manière synchrone, en particulier compte tenu des délais longs et variables de la politique", lit-on dans cette enquête menée par la Fed de New-York auprès de vingt-six acteurs de marché.
Depuis la parution du dernier rapport sur la stabilité financière en mai, trois des plus puissantes Banques centrales du monde que sont la Fed, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE) ont augmenté leur taux d’intérêt de 625 points de base à elles trois, face à une hausse des prix à la consommation qui n’a eu de cesse d’accélérer, dopée par les prix de l’énergie. Et d’après les marchés à terme, un resserrement supplémentaire de 475 points de base est à prévoir d’ici l’an prochain.
Concernant la guerre en Ukraine, beaucoup d’acteurs sont attentifs à la situation économique européenne, c’est-à-dire aux "effets négatifs du choc de l'offre d'énergie sur les importateurs nets de gaz naturel, notamment une inflation plus élevée, une croissance plus faible et des finances publiques plus fragiles".
Totalement absent des préoccupations des marchés il y a six mois, un nouveau venu fait son entrée dans le classement et même sur le podium : la tension sur la liquidité du marché et la volatilité (un peu plus de 50%).
"Certains ont souligné que la liquidité du marché, en particulier sur les marchés des obligations souveraines, reste problématique, et que l'augmentation de l'offre nette de titres de créance due à l'accroissement des déficits budgétaires et à la réduction des bilans des banques centrales pourrait entraîner une plus grande volatilité", indique le rapport. Tant la BoE que la Fed ou la BCE ont amorcé la réduction de la taille de leur bilan. Si au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, c’est la quantité d’obligations à l’actif qui décroît depuis de nombreux mois, la BCE, elle, essaie d’inciter les banques à rembourser par anticipation les prêts à long terme qu’elle leur a octroyés à l’occasion de la pandémie (TLTRO). La diminution du stock d’obligations d’Etat et d’entreprise pourrait, elle, démarrer au début de l’année.
Par ailleurs, alors que la vigueur du dollar inquiète les marchés. Le billet vert s'étant apprécié de 15% depuis le début de l'année face aux monnaies les plus importantes, plusieurs interlocuteurs anticipent des retombées potentielles. Cela se traduit par "la perspective de mouvements désordonnés et d'actions potentielles de la part des autorités étrangères pour gérer les taux de change, soit par des interventions, soit par des changements imprévus de la politique monétaire", rapporte la Fed. Les interventions sur le marché des changes ont été significatives depuis le début de l'année : entre janvier et juillet, les réserves de change des Banques centrales des pays émergents et en développement ont fondu de 6%, d'après le Fonds monétaire international (à noter que du fait de l'appréciation du billet vert, une part de cette diminution est liée à la baisse de la valeur de leurs réserves libellées dans des monnaies autres que le dollar).
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