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Iliad / Thomas Reynaud / Ebitdaal / Free / UPC / Play

Iliad entre dans une nouvelle phase vertueuse / Le groupe recrute des abonnés en masse et génère du cash

Le "trublion" des télécoms a connu un troisième trimestre historique sur le plan commercial en France, tandis que ses activités en Italie et en Pologne montent rapidement en puissance. L’endettement diminuera en 2023 sous l’effet de la génération de trésorerie.
Thomas Reynaud - Joël Saget / AFP.
Thomas Reynaud - Joël Saget / AFP.

Iliad sait depuis longtemps tailler des croupières à la concurrence, mais il ne se contente plus de le faire en France et cela se voit dans ses comptes. Trimestre après trimestre, l’activité de la maison mère de Free s’accélère. La croissance organique à périmètre et taux de change constants de l’inventeur de la box Internet et du "triple play" a atteint 8,1% sur les trois mois de juillet à septembre. Elle suit une trajectoire ascendante après la progression de 6,6% du deuxième trimestre et celle de 5,1% du premier.

Comme au deuxième trimestre, la barre des 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires est franchie, à 2,15 milliards d’euros. Et "comme au deuxième trimestre, le groupe est l’opérateur avec la plus forte croissance en Europe", souligne elle-même la société. Sur neuf mois, les revenus de 6,2 milliards d’euros réalisés par l’entreprise dépassent déjà que les 5,9 milliards d’euros de toute l’année 2020.

Il faut dire que le groupe a fortement renforcé son profil de croissance cette année. Présent depuis 2018 sur le marché italien du mobile, l’entreprise dirigée par Thomas Reynaud y a passé la vitesse supérieure en se lançant dans la fibre en janvier. Même stratégie en Pologne, où Play, le premier opérateur mobile du pays dont Iliad s’était emparé il y a deux ans, a mis la main sur le câblo-opérateur UPC, réinventant, là aussi, la convergence, en faisant jouer commercialement à plein la complémentarité de ses offres. Avec succès.

 

Performances commerciales historiques

 

Les trois pays où le groupe est présent constituent désormais autant de moteurs de sa croissance. Ses ventes ont progressé de 7,5% en France, de 15% en Italie et de 2,5% en Pologne, portées par les performances commerciales.

En Italie, le groupe s’est affranchi d’un contexte extrêmement concurrentiel pour recruter 261 000 nouveaux abonnés nets à ses offres mobiles sur le trimestre écoulé. Iliad Italia a aligné un dix-huitième trimestre consécutif en tant que leader des recrutements de nouveaux abonnés mobiles, le groupe détenant 12% du marché mobile italien. Sur le Fixe, Iliad Italia comptait 86 000 abonnés à fin septembre, contre 68 000 à fin juin, soit une part de marché de 2,2% acquise en huit mois.

En Pologne, le rapprochement entre Play et UPC, effectif depuis le 1er avril, commence à produire ses premiers effets avec une accélération des recrutements nets d’abonnés à 106 000 sur le trimestre, tandis que le groupe a enregistré 54 000 nouveaux abonnés nets sur le segment fixe. Un chiffre appelé à croître fortement dans le futur alors que le groupe a signé en juin un accord avec le fonds d’investissement InfraVia Capital Partners pour la création d’une FiberCo, une co-entreprise qui déploiera un réseau de fibre optique dans le pays.

Pendant ce temps, Free affichait en France "une des plus belles performances commerciales trimestrielles des dix dernières années", a souligné le groupe, avec 78 000 nouveaux abonnés nets sur le fixe et 184 000 nouveaux abonnés nets sur le mobile, dont 277 000 nouveaux abonnés nets 4G/5G. "Il s’agit de notre meilleure performance en cinq ans sur le mobile et de notre deuxième meilleure performance en dix ans dans le fixe", souligne à WanSquare Thomas Reynaud, le directeur général d’Iliad.  

"Nous récoltons les fruits de nos efforts soutenus d’investissement, nous sommes le premier opérateur en France en termes de taux de pénétration de la fibre sur notre base d’abonnés et enregistrons une très forte progression de la qualité de notre réseau mobile", explique le dirigeant, alors que Free a été classé premier opérateur alternatif sur la qualité des services de l’internet mobile en France métropolitaine selon l’enquête 2022 de l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (Arcep).  

La dynamique commerciale continue dans le même temps à alimenter les profits. L’excédent brut d’exploitation ajusté ou "Ebitdaal", l’indicateur clé de la rentabilité opérationnelle du groupe, a maintenu une croissance supérieure à 12% a troisième trimestre, à 843 millions d’euros. Sur neuf mois, l’Ebitdaal progresse de 12,6%, à plus de 2,4 milliards d’euros. 

 

Forte génération de trésorerie

 

Et, "les résultats auraient pu être encore meilleure en l’absence de pression inflationniste sur nos coûts d‘approvisionnement", note Thomas Reynaud. "Nous n’avons sans doute jamais connu d’aussi bons résultats commerciaux, tandis que d’autre part, le contexte macroéconomique que nous connaissons n’a jamais été aussi incertain", ajoute-t-il. Ce qui pourrait occasionner une certaine volatilité dans les résultats même si les fondamentaux de l’entreprise demeurent très solides. 

Le groupe est entré dans une phase vertueuse où la croissance de son Ebidaal se combine à la normalisation de ses investissements en France, qui ont reculé de 9,2% à 1,6 milliard d’euros sur neuf mois. Le groupe ne cesse pas d'investir. "Nous affichons le taux de couverture 5G le plus important parmi les quatre opérateurs en France, mais le pic des investissements est désormais derrière nous", rappelle le patron d’Iliad. 

Cette normalisation des investissements permet de générer une forte hausse du cash-flow opérationnel, qui a bondi de 432 millions d’euros sur les neuf premiers mois 2022 par rapport à la même période de 2021. Ce qui tombe plutôt bien alors que le levier financier est monté à 3,2 à fin septembre, sans surprise après l’acquisition d’UPC en Pologne en avril pour 1,55 milliard d’euros et le paiement pour environ 1 milliard d’euros de fréquences 5G en Italie en septembre. 

"Nous avons à la fois un levier maîtrisé avec une bonne visibilité sur notre désendettement en 2023 mais aussi une très bonne situation de liquidité", souligne Thomas Reynaud, le groupe ayant placé trois lignes de financements bancaires pour un montant total de 5 milliards d'euros durant l’été. Le dirigeant est confiant sur la trajectoire à venir : "c’est la génération de trésorerie liée à la bonne tenue de notre activité sur nos trois géographies qui va permettre au groupe de se désendetter dans la durée". 

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