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Iliad / Thomas Reynaud
La conquête européenne d’Iliad s’accélère / Une croissance vertueuse dont les investissements sont la clé
Cela faisait neuf ans qu’Iliad n’avait pas enregistré de croissance aussi forte en France sur trois mois. Le chiffre d’affaires du groupe de télécoms dirigé par Thomas Reynaud a progressé de 9,9% au quatrième trimestre 2023 dans l’Hexagone. Sa filiale Free y a recruté plus d'abonnés que tous ses concurrents, tant dans le mobile que dans le fixe : 787 000 nouveaux abonnés nets mobile recrutés précisément l’an dernier, dont 213 000 au quatrième trimestre, et 234 000 nouveaux abonnés nets haut et très haut débit dont 100 000 au cours du seul quatrième trimestre. Si bien que Free a franchi l’an dernier deux caps importants, celui des 15 millions d’abonnés mobile et des cinq millions d’abonnés fibre.
Une pluie de chiffres qui confirme que l’exercice record de 2022 n’était pas un accident : Free a bel et bien repris l’ascendant sur Orange, SFR ou Bouygues Telecom en matière de conquête commerciale. Des recrutements d’abonnés à tour de bras qui rappellent, douze ans plus tard, les débuts fracassants de Free sur le marché français, à ceci près que le trublion des télécoms a changé de dimension. Deuxième opérateur en France pour les clients Internet derrière Orange, Free est désormais en passe de rattraper Bouygues et ses 15,5 millions d’abonnés dans le mobile.
48 millions d'abonnés
Et cette conquête ne s’arrête pas aux frontières de l’Hexagone. En Italie aussi, Iliad est leader des recrutements de nouveaux abonnés mobiles. Iliad Italia vient d’y franchir le cap des 10 millions d’abonnés mobile moins de six ans après son lancement, et ce tandis que son offensive, plus récente, dans le fixe monte en puissance avec 98 000 abonnés l’an dernier, dont 35 000 au quatrième trimestre. La Pologne, son troisième marché, n’est pas en reste, la filiale Play a dépassé la barre des 13 millions d’abonnés mobile actifs en 2023 et la fusion opérée avec le câblo-opérateur UPC lui permet désormais d’exploiter pleinement le potentiel de la marque sur le marché du fixe et de la convergence.
Toutes géographies confondues, Iliad a ainsi recruté 2,7 millions d’abonnés en 2023, portant son total d’abonnés à 48 millions. Et " cette très forte croissance ne se fait pas au détriment de la rentabilité", a souligné Thomas Reynaud, le directeur général d’Iliad, lors d’une conférence téléphonique. L’excédent brut d’exploitation avant loyers ou Ebitdaal, l’indicateur de référence du secteur, a progressé de 4,2% l’an dernier, pour atteindre 3,44 milliards d’euros, en dépit d’un contexte très inflationniste notamment sur les coûts de l’énergie. Dans le même temps, le free cash-flow opérationnel du groupe a progressé de 22,6% en 2023, à 1,43 milliard d’euros. Une hausse portée par la France, mais aussi l’Italie, qui pour la première fois a dégagé l'an dernier un free cash-flow opérationnel positif. Et cette génération de flux de trésorerie est essentielle.
C'est même l'élément clé de la stratégie singulière menée par le groupe. " Nous fournissons un effort d'investissement supérieur à celui du reste du secteur", rappelle Thomas Reynaud. Cet effort, qui correspond en moyenne à l'équivalent de 5 % du chiffre d'affaires chez la concurrence est plus que quadruplé chez Iliad. " En 2023, nous étions à 22%. Nous avons investi 2 milliards d'euros, pour faire la course en tête sur la 5G et sur la fibre ", indique le dirigeant. C’est ainsi qu’après être parvenu à faire basculer 75 % de ses abonnés du cuivre vers la fibre en France au cours de ces dernières années, le groupe s’apprête à appliquer la même stratégie en Pologne : "Nous sommes au tout début du cycle d'investissement qui va durer six à sept ans pour couvrir un peu plus de la moitié des foyers", ajoute-t-il.
Devenir le numéro 5 européen en 2024
Pour 2024, le groupe s’est fixé deux ambitions. La première est de passer du rang de sixième à celui de cinquième opérateur télécoms européen, la deuxième ambition étant de franchir le seuil symbolique des 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur ses trois principales géographies : la France, la Pologne et l'Italie. Désormais présent dans huit pays européens, du Sud de l’Italie jusqu’au Nord de la Suède, où il vient de prendre une participation dans l’opérateur Tele2, Iliad ne s’interdit rien, que ce soit en matière de croissance organique, de diversification vers de nouveaux métiers, ou de croissance externe, à condition de respecter certaines conditions.
"Nous avons trois principaux critères ", souligne Thomas Reynaud. En premier lieu, ces opérations doivent logiquement avoir du sens d'un point de vue industriel. Deuxièmement, le prix payé doit être "cohérent ", ne remettant pas en cause la solidité financière du groupe. "Enfin, nous avons une préférence pour investir dans des opérateurs télécoms dont nous partageons l'état d'esprit ", rappelle le dirigeant, ce qui est bien le cas avec Tele2, dans un rôle de challenger du marché suédois. D'où une "similitude très forte entre les marques Tele2, Free, Iliad Italia et Play".
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