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Macro-économie / Taux / Agence France Trésor / Dette / taux d'intérêt

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Agence France Trésor / Dette / taux d'intérêt

Dette de l’Etat : ce que la France émettra en 2023 / Le besoin de financement est moindre que prévu mais le contexte demeure hostile

À la faveur des rachats de dette que l’Agence France Trésor a effectués ces dernières semaines, l’encours arrivant à échéance l’an prochain est plus faible qu’anticipé. Après une année 2022 marquée par la volatilité sur les marchés obligataires, 2023 devrait voir l’inflation cesser d’accélérer mais aussi se réduire le soutien de la Banque centrale européenne.
Ministère de l'Economie et des Finances - Laurent GRANDGUILLOT/REA
Ministère de l'Economie et des Finances - Laurent GRANDGUILLOT/REA

Le besoin de financement de l’Etat s’avère moins élevé que prévu pour 2023. Par rapport au besoin prévisionnel de financement de l'État publié fin septembre par l’Agence France Trésor (AFT), organisme chargé de gérer la dette et la trésorerie de l’Etat, dans la foulée de la présentation du projet de loi de finances 2023 (PLF 2023), ce sont 7,1 milliards d’euros de moins que les "traders de la République" auront à dénicher sur les marchés obligataires.

Cette baisse s’explique par les rachats de dette effectués depuis le début de l’automne (les émissions sont donc plus élevées en 2022 mais moindres en 2023), permis par des conditions de marché favorables – l’amortissement de la dette à moyen et long termes sera donc de 149,4 milliards d’euros et non de 156,5 milliards d’euros. Au global, le besoin de financement s’élèvera à 298,4 milliards d’euros, a annoncé ce matin l’AFT. La variable d’ajustement apparaît être la dette à court terme qui ne progressera "que" de 3,3 milliards d’euros, contre 10,4 milliards d’euros à l’origine ; les émissions à moyen et long termes (nettes des rachats), elles, ne bougeront pas (270 milliards d’euros).

L'année 2022 fut marquée par une très forte volatilité (les taux à 10 ans sont passés de 0% à 2,30% en un an), notamment à cause du changement d’orientation de la politique de la Banque centrale européenne (BCE) lié à des prix à la consommation augmentant toujours plus vite (10 % sur un an en octobre), 2023 devrait voir l’institution de Francfort commencer à resserrer sa politique monétaire (il s’agit d’une normalisation jusqu’ici) compte tenu de la persistance escomptée de l'inflation malgré le fait qu'elle soit attendue en recul.

D’une part, en plaçant son taux directeur au-delà du niveau neutre (le taux qui ni ne freine, ni ne soutient l’activité), d’autre part, en commençant à se délester des obligations publiques et privées (cesser de renouveler le stock arrivant à échéance) qu’elle a acquises depuis le commencement de ses programmes d’achats d’actifs en 2014 (c'est la Banque de France qui détient les obligations publiques et privées hexagonales pour le compte de l'Eurosystème). D'après son rapport annuel, la Banque centrale française possédait, fin 2021, pour près de 700 milliards d'euros de dette publique hexagonale. 

Aujourd’hui, un passage en territoire de resserrement est quasiment acté d'après les déclarations de bon nombre de banquiers centraux européens, ce qui était était loin d’être le cas il y a un peu plus de deux mois. Pour rappel à l’époque, l’AFT s’attendait à ce que le taux à 10 ans de la France atteigne 2,6 % fin 2023. "Il s’agit d’un scénario de référence, et non d’une prévision. L’Agence France Trésor n’a pas de vue de marché", a indiqué Cyril Rousseau, directeur général de l’Agence France Trésor, à l'occasion d'un point presse organisé ce matin. Il a ajouté que "nous n’avons pas modifié ce scénario de référence depuis le dépôt du projet de loi de finances. Ce scénario vise à cadrer les prévisions de crédits pour 2023, le faire évoluer chaque jour au gré des évolutions des marchés, à la hausse comme à la baisse, n’apporterait pas d’éclairage pérenne aux débats parlementaires".

L'étiage du taux d’intérêt de la France sera bien évidemment fonction du taux terminal de la BCE (le niveau maximum atteint par le taux de la facilité de dépôt au cours du cycle de hausse des taux). "Le marché anticipe actuellement un taux terminal aux alentours de 2,75 % - 3 %, il dépendra, notamment, de la manière dont la Banque centrale européenne arbitre entre le risque d’inflation et le ralentissement économique", a jugé Cyril Rousseau.

Et la prime de risque dans tout cela ? Ne pourrait-elle pas être amenée à renaître alors que l'agence de notation S&P Global Ratings a placé sous perspective négative la note de la dette souveraine française ? "Deux autres agences font un diagnostic différent [Moody's et Scope Ratings, ndlr]. Sur le fond, nous n’observons pas de changement dans le sentiment des investisseurs vis-à-vis de la dette française. Notre écart de taux d’intérêt avec l’Allemagne est resté stable au second semestre, après un écartement généralisé au sein de la zone euro au premier semestre", a fait valoir Cyril Rousseau. 

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