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Macro-économie / Taux / Fed / taux d'intérêt / Inflation

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Fed / taux d'intérêt / Inflation

La Fed termine l'année sur une note "faucon” / Elle prévoit des taux d’intérêt plus élevés, plus longtemps

Alors qu'ils ont déjà augmenté le taux d'intérêt de 425 points de base en neuf mois, les membres du Comité de politique monétaire de la Banque centrale américaine ont révisé à la hausse de 50 points de base le resserrement monétaire qu'ils escomptent d'ici la fin 2023. Malgré des perspectives de croissance dégradées, les taux évolueront à un étiage plus restrictif que prévu à compter de 2024 tandis que l'inflation élevée s'annonce visqueuse. 
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Liu Jie/XINHUA-REA
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Liu Jie/XINHUA-REA

À mesure que le taux d'intérêt directeur s'approche du niveau suffisant pour terrasser l'inflation, la Réserve fédérale américaine (Fed) ralentit la cadence, ainsi que les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) l'avaient annoncé.

La Fed vient de décider d'une hausse de 50 points de base de son taux directeur (il se situe désormais entre 4,25 % et 4,50 %), après avoir choisi de l'augmenter de 75 points de base à l' occasion de chacune des quatre dernières réunions du FOMC. Pour autant, cette légère inflexion ne doit pas signifier que la victoire contre une hausse - historique en 40 ans - des prix à la consommation est proche dans un contexte où elle affiche un reflux.

 

Ne pas s'enflammer

 

"Les données d'inflation actuelles reçues jusqu'à octobre et novembre montrent une réduction bienvenue du rythme mensuel de la hausse des prix. Mais il faudra beaucoup plus de preuves pour que nous soyons convaincus que l'inflation est sur une trajectoire descendante durable", a prévenu Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), à l'occasion de sa conférence de presse. 

Au-delà de l'inflation réalisée, les anticipations de hausse future des prix à la consommation envoient également de bons signaux en restant bien ancrées. Un phénomène qui s'observe quel que soit l'acteur économique interrogé (marchés financiers, entreprises, ménages).

Mais là encore, "ce n'est pas une raison pour se reposer sur ses lauriers ; plus longue sera l'inflation élevée actuelle, plus il y a de chances que les anticipations d'inflation plus élevée finissent par s'enraciner", a déclaré l'Américain, qui craint par-dessus tout que ne s'enclenche une boucle prix- salaire pouvant terriblement compliquer la tâche de la Banque centrale.

 

Des taux durablement restrictifs

 

Les membres du FOMC s'attendent d'ailleurs à une inflation plus retorse que prévu.

Leur prévision (médiane) d'inflation a été révisée à la hausse de 0,3 point pour 2023, 0,2 point en 2024 et 0,1 point en 2025 (elle s'établit alors respectivement à 3,1 %, 2, 5% et 2,1 %). "Les participants du Comité de politique monétaire continuent à considérer que les risques d'inflation sont orientés à la hausse", a fait savoir Jerome Powell.

Un constat d'autant plus troublant que la Fed s'attend à une croissance bien plus faible en 2023 (0,5 % contre 1,2 % précédemment) et donc à un taux de chômage plus élevé (4,6 % contre 4, 4 % jusqu'ici), ce qui est censé influencer la baisse sur la composante "services hors coût du logement" de l'inflation - au travers d'une croissance moindre des salaires nominaux. "Cette dissonance dans les estimations indique le risque élevé d'une erreur de resserrement excessif de la part de la Fed", estime Gregory Daco, chef économiste chez EY-Parthenon. Concrètement, compte tenu  de la dynamique de la population active prévue, 1,6 million d'individus deviendront chômeurs au cours de l'année à venir (le taux de chômage est actuellement de 3,7 %).

Déterminés à faire rentrer l'inflation dans son lit ainsi que le veut leur mandat, les banquiers centraux américains ont également révisé leurs perspectives afférentes à la trajectoire future des taux d'intérêt (dot plot). Ils anticipent désormais un taux directeur de 5,1 % fin 2023, 4,1 % fin 2024 et 3,1 % fin 2025, contre respectivement 4,6 %, 3,9 % et 2,9 % dans leurs prévisions de septembre 2022 .

Pour mémoire, le taux d'intérêt nominal neutre (celui qui ne freine ni ne soutient l'activité) est affiché à 2,5 % aux États-Unis. "Le rétablissement de la stabilité des prix [2 % l'an en moyenne au cours du temps, ndlr] nécessitera probablement le maintien d'une politique restrictive pendant un certain temps", a reconnu le grand argentier. 

D'aucuns avancent que le ton agressif adopté par le FOMC trouve son origine dans le comportement des conditions financières depuis quelques semaines. En effet, principal canal de transmission de la politique monétaire, elles s'assouplissent sous l'effet du rebond du prix des actifs (actions, obligations d'Etat, spreads de crédit) et de la baisse du dollar (l'indice des conditions financières calculé par la Fed de Chicago a baissé de 0,25 écart-type depuis mi-octobre), ce qui va à l'encontre du refroidissement de l'économie souhaité par la Fed. "Il est important qu'au fil du temps, elles reflètent la politique de restriction que nous mettons en place pour ramener l'inflation à 2 %", a souligné Jerome Powell pendant sa conférence de presse.

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