Fonds d'investissements / refinitiv / fusions-acquisitions / Lazard / BNP Paribas / Rothschild
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Les fusions-acquisitions en chute libre en France en 2022 / Le nombre de transactions pourrait toutefois signer un record, de justesse
Des valeurs de transaction dont la chute s’accélère et un nombre de transactions qui résiste, mais de peu. C’est le tableau que dresse le rapport préliminaire 2022 publié la semaine dernière par Refinitiv sur les fusions et acquisitions en France et/ou ciblant des entreprises françaises.
Selon les chiffres du cabinet, arrêtés au 13 décembre, les fusions et acquisitions impliquant des entreprises françaises ont totalisé 156 milliards de dollars à ce jour au cours de l'année 2022, soit 46% de moins que la valeur enregistrée au cours de l'année 2021. Il faut remonter à 2013 pour observer un montant aussi faible.
La chute des transactions ne surprend pas alors que ces mêmes fusions et acquisitions impliquant des entreprises françaises reculaient déjà de 35% sur neuf mois, à 127,5 milliards de dollars, ce qui représentait déjà leur niveau le plus bas depuis trois ans. Mais elle s’est encore amplifiée au quatrième trimestre, conséquence de la poursuite de la hausse des taux et de la dégradation des conditions macroéconomiques. Résultat, les financements se font plus rares, les acheteurs plus hésitants, et les vendeurs peinent à accepter l’ajustement des valorisations.
Sur les 156 milliards de dollars impliquant des entreprises françaises, 80,5 milliards de dollars concernent des opérations où elles étaient la cible, soit 45% de moins que la valeur enregistrée l'année dernière et le niveau le plus bas depuis trois ans. Là aussi, le quatrième trimestre a été marqué par une baisse accélérée après le recul de 41% enregistré sur neuf mois.
Les fusions et acquisitions domestiques s’effondrent littéralement, à 39,8 milliards de dollars, soit une baisse de 64 % par rapport à l’année dernière, tandis que les activités de fusions et acquisitions en provenance de l’étranger ont reculé de 20% à 40,6 milliards de dollars, alors qu’elles progressaient encore de 17% sur neuf mois. La France n’est ainsi plus que le neuvième pays le plus ciblé pour les fusions et acquisitions dans le monde cette année, alors qu’elle occupait la sixième place l'année dernière. Et elle recule au quatrième rang en Europe, derrière le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie.
Par ailleurs, les opérations transfrontalières réalisées en France enregistrent une baisse de 54% par rapport à 2021, s'établissant à 46,4 milliards de dollars à ce jour en 2022, leur plus faible niveau depuis 2016.
Le tableau est un peu différent en ce qui concerne le nombre de transactions, qui profite encore de l’élan du début d’année. Les sociétés de capital-investissement ont annoncé 789 opérations ciblant des entreprises françaises à ce jour en 2022, soit 3% de plus que le nombre enregistré l'année dernière et un record annuel absolu depuis la création de la base de données de Refinitv en 1980. Mais là encore, la tendance est au ralentissement au quatrième trimestre alors que le nombre des transactions progressait encore de 8% sur neuf mois.
Au classement des banques d’affaires les plus actives pour les fusions et acquisitions en France, Goldman Sachs continue à dominer le marché dont elle avait pris la tête en 2021, avec 22 opérations d'une valeur totale de 45,8 milliards de dollars réalisées à deux semaines de la fin de cette année. La firme américaine devance BNP Paribas, qui a réalisé 58 opérations à ce jour d’une valeur totale de 38,9 milliards de dollars, et Lazard (55 opérations d’une valeur totale de 35,4 milliards de dollars). Puis viennent, Rothschild, Crédit Agricole CIB, Société Générale, JP Morgan, BofA, Citi et Morgan Stanley.
Goldman Sachs occupe également la tête du classement en Europe, où Rothschild, Lazard et BNP Paribas occupent les sixième, septième et huitième rangs. Au plan mondial, Goldman Sachs reste un large leader, tandis que Lazard, BNP Paribas et Rothschild apparaissent cette fois aux huitième, neuvième et dixième rangs respectivement.
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