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Carrefour grand gagnant de l’inflation ? / Les marques des distributeurs n'ont jamais eu autant la cote

Tandis que les prix à la consommation devraient encore s'envoler dans les prochains mois, selon les prédictions de la banque Barclays, le succès des marques des distributeurs, déjà très plébiscitées par les consommateurs en cette période inflationniste, ne devrait pas se démentir. Dans la bataille pour afficher les prix les plus bas, c'est Carrefour qui devrait particulièrement tirer son épingle du jeu. La mise en avant de sa marque "Simpl" pourrait en effet s'avérer très profitable pour les finances du groupe. 
Grande distribution (©Laurent GRANDGUILLOT/REA)
Grande distribution (©Laurent GRANDGUILLOT/REA)

Si les Français, en réglant leurs courses, ont déjà l’impression que le coût de la vie a augmenté, ce sentiment ne devrait pas s’atténuer dans les mois à venir, bien au contraire. Selon la banque Barclays, le secteur de la distribution alimentaire devrait rester difficile cette année. "Nous nous attendons à ce que l’inflation alimentaire en France s’accélère encore et dépasse 15% au premier semestre (contre 12,6% en décembre dernier)", explique la banque. Des hausses qui pourraient être constatées en raison des fournisseurs et des détaillants qui répercutent les augmentations des coûts d’exploitation sur les clients. "Même si l’inflation alimentaire en France devrait rester inférieure à celle de la plupart des autres pays européens, cela conduira sans doute les consommateurs français à réduire davantage leurs achats, ce qui impliquera une croissance négative du volume des ventes", prédit Barclays.

 

Concurrence acharnée

 

Aussi, tandis que le pouvoir d’achat des Français se réduit comme peau de chagrin, la concurrence sur les prix devrait, en conséquence, s’accentuer. Le défi est déjà considérable. "Le différentiel de prix entre les détaillants les moins chers et les plus chers s’est accentué au cours des derniers mois et a atteint un sommet historique depuis 2006 de 27%", relève Barclays.

Et dans ce contexte difficile, la loi Descrozaille, permettant de réguler la grande distribution et adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale la semaine dernière, pourrait bien favoriser encore davantage les marques des distributeurs (MDD). Rappelons que cette loi, proposée par le député Renaissance Frédéric Descrozaille, prévoit de modifier les règles lors des négociations annuelles entre les fournisseurs (producteurs, industriels…) et les enseignes distributeurs sur les produits de grande consommation. Jusqu’à présent, si les deux parties ne parvenaient pas à s’entendre dans leurs négociations de prix, ceux de l’année précédente devaient être appliqués, ce qui favorisait ainsi le distributeur, le fournisseur étant dans l’obligation de livrer les produits, même si cela lui coûtait trop cher. Le texte du parlementaire prévoit qu’en cas de désaccord, le contrat soit désormais alors considéré comme rompu, et le fournisseur n’étant plus obligé de livrer.

 

Des marges très fructueuses

 

Dans un communiqué de presse commun, la plupart des enseignes telles que Auchan, Carrefour, et surtout E.Leclerc avait alors tenté de dénoncer ce changement de méthode de négociation qui permettrait, selon elles, aux grands fournisseurs d’imposer unilatéralement leurs tarifs.  Michel-Edouard Leclerc avait même alerté sur le risque de voir " les industriels profiter de l’inflation pour gonfler artificiellement les prix et pratiquer de nouvelles augmentations de 10% à 30% ".

Une contre-vérité, épinglée par un rapport du Sénat. En effet, les distributeurs ne sont jamais vraiment perdants. D’abord, les enseignes se rémunèrent en fixant des marges commerciales sur les prix d’achat des marchandises (au moins de 10% depuis la loi Egalim 1 de 2018). Surtout, ces distributeurs se rattrapent sur leurs marques propres, dont le prix et la marge sont fixés par l’enseigne elle-même qui contrôle également son coût via des lignes de fabrication (bien souvent des PME qui n’ont pas le même pouvoir de négociation que les grandes multinationales de l’agroalimentaire).

 

Des clients en quête de prix bas

 

Et force est de constater que depuis l’envolée de l’inflation au printemps dernier, ces MDD se vendent mieux que jamais. Les consommateurs les plébiscitent pour leur prix, environ 25% à 30% moins cher que les grandes marques. Ayant trouvé le bon filon, les distributeurs n’hésitent donc plus à les placer judicieusement, à hauteur de vue, dans les rayons afin que les Français, soucieux de faire le plus d’économies possibles, les choisissent. Ainsi, les volumes de vente de produits MDD premiers prix ont gagné 10% en septembre, et 7% en octobre derniers, selon le panéliste IRI spécialiste de la grande distribution.

Avec des prix à la consommation qui devraient donc continuer de grimper, cet engouement pour les MDD serait loin de s’essouffler, selon Barclays qui estime que cette tendance pourrait profiter en premier lieu à Carrefour. Selon Kantar, Carrefour aurait déjà gagné au cours des douze derniers mois 40 points de base de part de marché en volume, soit la plus forte performance du secteur devant Leclerc (+30 points de base). "Si la croissance en volume reste bien orientée au cours des prochains mois, nous pensons que la stratégique commerciale de Carrefour (…) aura un impact positif sur sa rentabilité", estime la banque.

 

Carrefour, leader du discount

 

Il faut dire qu’Alexandre Bompard, le président-directeur du groupe mise beaucoup sur sa marque propre "Simpl" sur laquelle le nouveau plan stratégique de l’enseigne, "Carrefour 2026", a été construit. Vendue "comme un rempart contre l’inflation", selon le PDG du groupe, elle doit représenter 40% du chiffre d’affaires alimentaire du groupe en 2026 (contre 33% en 2022), soit près d’un produit sur deux vendus en magasin. Une stratégie censée rapporter à Carrefour un cash-flow libre net supérieur à 1,7 milliard d’euros à horizon 2026.

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