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France : jusqu’ici tout va bien pour le système financier / Le HCSF insiste sur sa résilience
La France se fait à son nouvel environnement macro-financier. Durant sa trente-sixième séance, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), organisme macroprudentiel, a mené un examen des risques et des vulnérabilités affectant le secteur financier de la France et aucune nouvelle inquiétante n’en ressort.
Alors que l’Hexagone est confronté à un resserrement de ses conditions de financement lié à la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), “les marchés actions et obligataires continuent néanmoins de répondre de manière ordonnée à ce nouvel environnement”, a notamment fait valoir l’instance présidée par Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances.
Les banques et les organismes d’assurance ont également fait l’objet de l’attention du HCSF au moment où de fortes augmentations des taux d’intérêt sont enregistrées. “Dans un contexte où le système bancaire français a fait preuve d’une grande résilience (en termes de solvabilité comme de liquidité) face aux crises sanitaire et énergétique, le Haut Conseil considère que le nouvel environnement de taux devrait, dans l’ensemble, bénéficier au secteur bancaire, par le biais d’une amélioration progressive de la marge nette d’intérêts”, estime-t-il.
Une hausse de la marge nette d’intérêts qui “devrait être en mesure d’absorber une éventuelle hausse du coût du risque si la situation conjoncturelle venait à se dégrader”.
Du côté des organismes d’assurance et de réassurance, le HCSF note “la bonne tenue du secteur dans son ensemble, la hausse des taux en renforçant la solvabilité en dépit d’un effet négatif sur la valorisation des portefeuilles obligataires”.
Plus largement, l’instance macroprudentielle constate “la résilience du secteur financier, et, partant, des services de financement qu’il fournit à l’économie”.
Ménages et entreprises protégés
En outre, alors que l’endettement brut des ménages français représente, au troisième trimestre 2022, 66 % du PIB et celui des sociétés non financières (SNF) 81 %, contre respectivement 58 % et 61 % en zone euro, le HCSF a mis en avant la protection offerte à tous deux liée à la part importante des crédits qui leur sont octroyés à taux fixe. Toutefois, il continuera de “suivre attentivement l’évolution des conditions de financement des entreprises et des ménages.” Pour mémoire, le taux atteignait 3,2 % en décembre pour les nouveaux crédits aux SNF et 2,1 % pour les nouveaux crédits immobiliers aux ménages.
Le HCSF a ajouté que "si les mesures macroprudentielles en place combinées aux caractéristiques de l’endettement des ménages en France permettent de considérer que les risques liés à l’endettement des ménages sont maîtrisés", il surveille attentivement "les risques liés à l’endettement des entreprises et invite en particulier les établissements de crédit à maintenir leur vigilance quant à leurs expositions aux grandes entreprises les plus endettées".
A ce propos, "il prend acte de l’échéance prochaine de la mesure dite Grands risques qui avait été prorogée pour deux ans le 30 juin 2021 et de la nécessité de continuer d’encadrer ces expositions". Rappelons que cette mesure, entrée en vigueur à l’été 2018, consiste à limiter à 5 % de leurs fonds propres éligibles les expositions des banques systémiques hexagonales aux grandes entreprises françaises très endettées.
Si bien que le HCSF étudie la mise en place, en relais, "d’une mesure proportionnée de surcharge en capital selon un coussin sectoriel".
Au sein du HCSF, on explique que "nous souhaitons introduire plus de souplesse, en ce sens qu’avec la mesure actuelle, un dépassement du seuil de 5 % oblige à revenir dans un délai bref en-dessous. C’est pour cela que nous préférerions que s’applique une surcharge en fonds propres lors du franchissement de seuil".
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