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Triple défi pour l’Europe / Le FMI voit trois dangers à l’horizon pour le Vieux continent
"L’inflation reste obstinément élevée ". Les équipes de Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, ne cachent pas leur inquiétude face à un indicateur qui devrait être "d’environ 5,6 % en moyenne en Europe avancée cette année, et de 11,7 % dans les économies européennes émergentes". Certes " l’inflation globale devrait diminuer grâce à la baisse des prix de l’énergie et à l’atténuation des goulets d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement ", il n’en reste pas moins que "l’inflation sous-jacente restera supérieure aux objectifs des banques centrales d’ici à la fin de l’année 2024."
Une inquiétude majeure dans ce combat contre l’inflation est le fait que " de nombreuses économies européennes fonctionnent presque à pleine capacité et les marchés du travail restent tendus, ce qui ouvrira la voie à une certaine reprise des salaires réels." Logiquement le FMI recommande aux politiciens européens "d’agir de concert pour vaincre l’inflation tout en préservant la stabilité financière et en soutenant la reprise", une gageure quand on connaît les difficultés passées de l’Europe quand il a fallu se mettre à l’unisson.
Budget serré
Maintenir une politique monétaire restrictive est la doctrine serinée lors de la conférence de presse du FMI au sujet des économies européennes, ce dernier estime également que "dans la plupart des pays, les gouvernements devraient poursuivre un assainissement budgétaire plus ambitieux que ce qui est actuellement prévu." Cela serait notamment pertinent " pour reconstituer la marge de manœuvre budgétaire épuisée, en particulier parce que les chocs sont devenus plus fréquents. "
C’est en effet les crises répétées qui font craindre au FMI que la stabilité financière s’érode. L’heure est donc à la plus grande prudence pour l’institution ; elle conseille comme "point de départ pour les gouvernements […] d’épargner les gains exceptionnels récents provenant de la baisse des prix de l’énergie et de l’augmentation des recettes fiscales". Les autorités nationales se doivent donc "de cibler les mesures d’allègement énergétique restantes sur les personnes vulnérables, d’éliminer toutes les mesures non ciblées" et dans un autre registre "d’augmenter les prix du carbone" afin de soutenir l’ajustement budgétaire.
Loin du Kremlin
Alfred Kammer, directeur du département Europe du FMI, a également été questionné sur la dépendance économique actuelle entre le Vieux continent et la Russie. L’économiste allemand s’est attaché à rappeler que la dépendance de l’Europe à l’égard de la Russie, était "principalement une dépendance à l’égard des importations d’énergie et surtout de gaz, et les importations de gaz dépendant de la Russie ont chuté de manière significative, passant de 40 % avant la guerre à 10 % aujourd’hui, soit une dépendance beaucoup moins importante à l’égard du gaz". Une réussite attribuée à l’ajout "d’autres sources d’approvisionnement et d’énergie, en particulier, et il en va de même pour le pétrole, où le pétrole et les produits pétroliers russes sont remplacés par d’autres canaux d’importation. "
Interrogé sur les liens financiers entre les deux parties, il a affirmé que ces derniers étaient "très limités, et ils ont encore été réduits". La vraie problématique du conflit se trouve donc plus à ses yeux sur "l’exportation des céréales ukrainiennes", vitale pour la sécurité alimentaire mondiale.
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