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Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / Inflation / Banque de France / taux d'intérêt / confiance

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François Villeroy de Galhau / Inflation / Banque de France / taux d'intérêt / confiance

Pourquoi François Villeroy de Galhau veut vite éradiquer l’inflation / Incertitude et perte de confiance à l'horizon ?

Dans sa lettre annuelle au président de la République, le gouverneur de la Banque de France a qualifié l’inflation actuelle de « maladie économique et sociale » et alerté sur les dégâts incommensurables qu’elle pourrait générer si elle venait à s’éterniser.
Francois Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Eric TSCHAEN/REA
Francois Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Eric TSCHAEN/REA

François Villeroy de Galhau n’en a pas fini avec l’inflation. A l’image de 2022, le gouverneur de la Banque de France, lui a consacré une attention toute particulière au sein de sa lettre annuelle adressée au président de la République, au président du Sénat ainsi qu’à la présidente de l’Assemblée nationale. L’image que retient cette Lettre 2023 est d’abord celle d’une "maladie économique et sociale", lit-on sous la plume du grand argentier.

Le gouverneur de la Banque de France qui se livre à une véritable autopsie du mal qui ronge l’économie hexagonale, et plus largement européenne, depuis près de deux ans (elle atteint des niveaux inédits en quarante décennies), s’est, notamment, penché sur les retombées qu’il aurait s’il venait à persister.

 

Eviter l’enracinement

 

En plus d’être potentiellement à l’origine du déclenchement d’une boucle prix-salaires ou prix-marges (ce dernier phénomène s’observerait au niveau de la zone euro mais pas en France d’après François Villeroy de Galhau) qui générerait une hausse des prix auto-entretenue, une inflation persistante risquerait de s’accompagner "d’une forte incertitude qui nuit à la confiance, et à la bonne conduite de nos décisions économiques".

"Une inflation élevée est souvent plus variable et plus difficile à prédire. Face à cette incertitude, ménages et entreprises peuvent adopter un comportement attentiste et choisir de reporter leurs décisions de consommation ou d’investissement", fait valoir le gouverneur de la Banque centrale française.

Alors que dans le cadre du programme de stabilité, le gouvernement vient de réviser à la hausse ses prévisions de taux d’intérêt associé à la dette qu’il va émettre, il serait mal avisé de penser que l’inflation élevée réduit durablement le coût de l’endettement : les marchés obligataires sont en mesure de s’adapter à ce nouveau régime.

En effet, "contrairement à une idée répandue, l’inflation accroît durablement le coût de l’emprunt sur les marchés financiers, non seulement en termes nominaux mais aussi réels", prévient François Villeroy de Galhau, qui explique que "l’incertitude relative à l’évolution future de l’inflation engendre en effet une augmentation de la ‘prime de terme’, une des composantes importantes des taux d’intérêt effectifs, et directement liée au risque inflationniste".

Et le patron de la Banque de France d’indiquer que si des doutes se faisaient jour sur "la capacité à revenir à moyen terme vers 2 % d’inflation, ou pire encore si – selon une idée parfois avancée – les banques centrales augmentaient leur cible d’inflation, cette 'prime de terme' augmenterait structurellement ".

 

Une histoire de confiance

 

Les marchés financiers ne seraient pas les seuls à prendre en compte cette nouvelle donne. "Si la perte de confiance est trop importante, les citoyens peuvent en arriver à ne plus accepter leur monnaie", estime François Villeroy de Galhau, qui rappelle que les très fortes hausses des prix auxquelles ont fait face l’Argentine et la Turquie (plus de 80 % l’an à certains moments) l’année passée ont conduit les populations de ces pays à se détourner de leur monnaie nationale. "Le peso argentin et la livre turque ont ainsi perdu près des trois quarts de leur valeur contre dollar en 2022", explique-t-il.

Il va sans dire que de tels taux d’inflation n’ont jamais été observés dans la zone euro ; la confiance des Européens dans l’euro demeure plutôt élevée avec 79 % d’opinions favorables en zone euro, rapporte le dernier Eurobaromètre. Toutefois, "ces contre‐exemples démontrent la valeur clé de la confiance dans la monnaie".

Lors de sa lettre annuelle au président de la République en 2020, François Villeroy de Galhau, avait déjà insisté sur l’importance de la confiance dans la monnaie, indiquant qu’elle peut être comparée à l’air que nous respirons. "Ce n’est qu’une fois que l’on en manque que l’on se rend compte à quel point il est vital", écrivait-il.

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