Macro-économie / Taux / PIB / croissance / Inflation
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PIB / croissance / Inflation
La croissance française portée à bout de bras par les exportations / L’Hexagone a cependant réussi à éviter la récession au premier trimestre
Une normalisation plutôt qu’une bonne surprise. La très légère croissance du Produit intérieur brut hexagonal lors de ce premier trimestre ne semble malheureusement pas être due à des facteurs persistants mais davantage à la fin d’événements conjoncturels. Du côté de chez ING, on estime par la voix de l’économiste Charlotte de Montpellier, économiste que cette progression au premier trimestre "provient quasiment uniquement de la normalisation de la situation sur les chaînes d’approvisionnement qui ont permis une forte progression des exportations".
Il est vrai que c’est l’un des principaux changements comparé aux chiffres de la fin d’année 2022, la contribution du commerce extérieur à la croissance du PIB était déjà positive alors, de l’ordre 0,2 point, mais elle s’est renforcée en ce début 2023. C’est le fruit, d’une part, d’importations qui "baissent ce trimestre (‑0,6 % après +0,1 %), tandis que les exportations restent dynamiques (+1,1 % après +0,9 %)".
Regain de forme
Autre fait notable, après avoir été en berne la consommation des ménages relève quelque peu la tête et stagne désormais. Un moindre mal quand on se souvient de sa chute de 1 % au trimestre précédent. Charlotte de Montpellier estime néanmoins que " la France a évité de justesse une nouvelle chute de la consommation, grâce à un redressement de la consommation d’énergie (+3.7 % vs -6.4 % le trimestre précédent)".
Combiné à une demande intérieure, selon l’Insee, qui "contribue de nouveau négativement à la croissance, mais moins qu’au trimestre précédent (-0,1 points au premier trimestre 2023 après -0,4 point)", il n’y a pas particulièrement de motifs d’espoir à l’avenir. ING avance ainsi que "cela n’est pas de bon augure pour les prochains trimestres. En effet, les enquêtes auprès des entreprises indiquent que l’effet d’amélioration des chaînes d’approvisionnement s’estompe et que les industriels sont assez négatifs pour les prochains mois, en lien avec le ralentissement économique mondial."
Arrêt à venir
Le principal motif de réjouissance qu’étaient les exportations, "risque donc de progresser beaucoup moins vite dans les prochains trimestres ", et ce alors que dans le même temps "les investissements devraient rester très faibles, dans un contexte de taux d’intérêt qui continuent à augmenter". On table donc sur une croissance 0,7 % pour l’année chez ING contre 2,6 % l’an passé.
Inquiétudes partagées par Christophe Boucher, directeur des investissements d’ABN AMRO Investment Solutions, qui les élargit à la Zone euro dans son ensemble et à son combat contre l’inflation et argue que "la plus grande incertitude actuelle est de savoir dans quelle mesure les prêteurs bancaires et non bancaires resserreront le crédit et augmenteront les coûts d’emprunt, et comment cela pèsera sur les économies européennes ". Une crainte d’autant plus forte que l’inflation hexagonale en rythme annuel est désormais de 5,9 % pour le mois d’avril contre 5,7 % un mois plus tôt.
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