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Le marché automobile français est schizophrène / Les immatriculations bondissent tandis que les commandes chutent
Tandis que la stratégie agressive de prix de l’américain Tesla fait craindre pour les constructeurs européens, et notamment français, le marché automobile de l’Hexagone reste au beau fixe. Il vient d’inscrire un neuvième mois de hausse consécutive en avril, signe d’un redressement qui se confirme. Du moins en apparence.
Les immatriculations de voitures particulières neuves en France ont augmenté de 21,9% sur un an le mois dernier, a annoncé lundi La Plateforme automobile (PFA), soit 132 509 immatriculations de véhicules neufs, contre 108 724 un an auparavant. Cela fait suite à un mois de mars où ces mêmes immatriculations avaient bondi de 24,2%. La tendances des quatre premiers mois de l’année confirme ainsi sa trajectoire résolument positive, avec une hausse de 16,7% à 553 396 immatriculations.
Cette dynamique favorable ne fait toutefois pas le printemps. A ce stade, "il faut raison garder. Les chiffres sont certes meilleurs que ceux de l’année dernière. Mais si l’on compare à l’avant-Covid, ils ressortent en baisse de l’ordre de 30% en avril et de 25% sur quatre mois", commente à WanSquare François Roudier, le porte-parole de la Plateforme automobile.
D’autre part, cette augmentation ne signifie pas nécessairement que les clients se rendent davantage dans les concessions. Au contraire, les commandes ont chuté de 22,2% le mois dernier, montrent les chiffres publiés mardi par le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Et ce après leur baisse de 21,7% déjà enregistrée en mars, sous les effets conjugués du ralentissement économique et de la crise de confiance des ménages due à l’inflation.
Livraisons en hausse
Si bien qu’en réalité, la hausse des immatriculations reflète essentiellement l’effet sur la production de l’atténuation progressive – et d’ailleurs non encore totalement résolue - des pénuries de composants électroniques qui ont durement affecté la production automobile à la suite de la pandémie de Covid 19. Mais aussi l’amélioration enregistrée sur le front de la crise des chauffeurs routiers provoquée par la guerre en Ukraine, celle-ci ayant fortement freiné les livraisons. "Cela explique pourquoi l’on a pu livrer une grande partie du carnet de commandes", ajoute François Roudier.
La question est de savoir maintenant si les immatriculations vont pouvoir continuer à progresser à ce rythme, la chute des commandes de ce début d’année risquant de se refléter à un moment donné, alors que le carnet de commandes accumulé l’an dernier est forcément appelé à diminuer.
Les commandes au plus bas
A ce stade, "aux dires des constructeurs, les portefeuilles de commandes sont bien remplis. Des véhicules incomplets sont également stockés sur les sites de production, en attente d’être finis lorsque les pièces seront disponibles", rapporte Marie-Laure Nivot, responsable Intelligence Marchés chez AAA DATA. "Il reste qu’une fois ce stock produit et livré, les perspectives sont plus sombres. Le niveau des commandes est au plus bas", ajoute-t-elle. Ce niveau a chuté de 15,9% en effet entre janvier et avril 2023 par rapport à la même période de 2022.
En attendant, le groupe Renault s’est particulièrement distingué en avril. Ses immatriculations ont bondi de 54,7% sous l’effet de l’envol de celles de Dacia (+63,4%). Dans le même temps, Stellantis a enregistré une augmentation de 5,8% de ses immatriculations en avril, portée par les ventes de la marque Citroën (+10,6%). Et c'est ce justesse que Stellantis a conservé sa place de premier vendeur de véhicules particuliers neufs en France le mois dernier, avec une part de marché de 28,3%, devant le groupe Renault (27,6%).
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