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Allemagne ; Croissance ; Dette publique ; Coalition ; Déficit public ; SPD ; FDP ; Verts ; Budget

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L’Allemagne double ses prévisions de croissance / Mais la coalition s’écharpe sur la question de la dette

Le ministre de l’Économie allemand a revu les prévisions de croissance à la hausse. Pour son homologue au ministère des Finances, c’est un argument supplémentaire en faveur d’une trajectoire de désendettement plus ambitieuse.
Christian Lindner (à gauche), ministre des Finances, et Robert Habeck (à droite), ministre de l'Économie (Kay Nietfeld/ZUMA Press/REA)
Christian Lindner (à gauche), ministre des Finances, et Robert Habeck (à droite), ministre de l'Économie (Kay Nietfeld/ZUMA Press/REA)

Berlin anticipe de faire un peu mieux que prévu en 2023. Alors que le gouvernement fédéral tablait en janvier sur une croissance de seulement 0,2 %, les prévisions de printemps ont apporté leur lot de bonnes nouvelles. Le ministre écologiste de l’Économie, Robert Habeck, escompte désormais une croissance de 0,4 % cette année et même 1,6 % en 2024, se félicitant que "les mesures de stabilisation du gouvernement fédéral aient porté leurs fruits".

Les redressements progressifs du climat des affaires, (93,6 points pour l’indice Ifo en avril contre 88,5 points en décembre dernier), et de la production industrielle – qui grimpait encore de 2 % en février sur un mois – laissent entrevoir une reprise conjoncturelle pour le reste de l’année, alors que l’Allemagne vient d’échapper de peu à la récession technique au premier trimestre.

 

Se désendetter à tout prix

 

Des recettes supplémentaires qui doivent avant tout permettre à Berlin de continuer à se désendetter, après les années fastes de la pandémie. Très réticent à l’idée d’un assouplissement des règles européennes de stabilité budgétaire, le ministre des Finances, Christian Lindner, est décidé à faire respecter la plus stricte rigueur budgétaire en Allemagne, qui vient d’adopter un programme de stabilité à la hauteur de sa réputation.

Le déficit public allemand devrait ainsi être ramené de 4,25 % du PIB cette année à 0,75 % dès 2025. Une prouesse quand on sait que la France ne prévoit de revenir sous les 3 % qu’à partir de 2027. Le ministre libéral-démocrate du FDP est d’autant plus confiant que le déficit en 2023 intègre l’hypothèse d’une utilisation complète du bouclier énergétique de 200 milliards d’euros, mis en place en mars dernier. Or, la baisse des prix du gaz et de l’électricité devrait en limiter sensiblement l’utilisation.

Les Verts et les sociaux-démocrates du SPD ont de leur côté évoqué l’idée réorienter l’argent non dépensé au sein de ce fonds vers d’autres dépenses, notamment pour soutenir le secteur de la construction. Mais Christian Lindner s’y oppose, décidé à en profiter pour réduire la dette publique, rappelant que des finances publiques saines étaient "la condition sine qua non pour que la croissance économique reste possible".

Partant d’un pic de 67,75 % de PIB en 2023, l’endettement public est censé revenir à 65,25 % en 2026, d’après les engagements du gouvernement. Un niveau encore supérieur à la règle européenne des 60 % du PIB dont Christian Lindner ne se satisfait pas, et qui renforce sa détermination à tourner le dos à la politique budgétaire expansionniste des années de crise. La priorité est de "garantir la capacité d’action de la politique financière et d’assurer les espaces de liberté des générations futures", martèle son ministère.

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