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États-Unis : les banques serrent davantage la vis / Et la demande de crédit s’effondre
L’inflation américaine n’a qu’à bien se tenir. Alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) a augmenté son taux d’intérêt directeur de 500 points de base en un peu plus d’un an pour lutter contre la très forte hausse des prix à la consommation, l’enquête qu’elle mène chaque trimestre auprès des banques (Senior Loan Officer Opinion Survey on Bank Lending Practices) sur leur distribution de crédit montre que son resserrement monétaire n’a pas été sans effet.
De fait, le pourcentage net de banques déclarant avoir resserré ses conditions de crédit à destination des entreprises est au plus haut depuis le pire de la pandémie (46 % pour les moyennes et grandes banques et 46,7 % pour les petites banques).
Historiquement, de tels chiffres sont peu ou prou semblables aux pics atteints lors des récessions du début des années 1990 et des années 2000. "Une grande partie des banques qui ont déclaré avoir durci les normes ou les conditions ont invoqué des perspectives économiques moins favorables ou plus incertaines, une moindre tolérance au risque, l’aggravation de problèmes spécifiques au secteur et la détérioration de leur position de liquidité actuelle ou attendue comme des raisons importantes de ce durcissement", rapporte l’enquête de la Banque centrale américaine.
Si l’offre de crédit se raréfie, l’on ne peut pas dire pour autant que les entreprises se précipitent au guichet des banques pour emprunter. En effet, le pourcentage net de banques rapportant une baisse de la demande de crédit s’établit au plus haut depuis la crise financière mondiale (55,6 % pour les moyennes et grandes banques et 53,3 % pour les petites banques) ; à l’image de l’offre de crédit, ce type de données n’a de précédents qu’au cours des récessions américaines passées.
Parmi les banques ayant signalé une baisse de la demande de prêts, la plupart ont cité comme raisons importantes les investissements en usines ou en équipements, les besoins de financement des fusions et acquisitions ou encore le financement des stocks.
"Ce rapport suggère donc que des forces récessionnistes se développent dans l’économie", explique James Knightley, chef économiste chez ING, qui rappelle que "lorsque les banques resserrent les normes de prêt, le chômage augmente toujours". Concrètement, ce qui transforme une entreprise en difficulté en entreprise en faillite, c’est que "lorsque la banque retire la prise, l’entreprise n’a plus d’options. Les pertes d’emploi en sont la conséquence inévitable", analyse-t-il.
Si l’on en croit l’enquête de la Fed, le resserrement des conditions de crédit va se poursuivre cette année.
On peut lire dans le rapport que "dans l’ensemble des banques, les raisons largement citées pour justifier le durcissement des normes d’octroi de prêts en 2023 comprennent une détérioration de la qualité de crédit du portefeuille de prêts de la banque, une détérioration attendue de la valeur des garanties, une réduction de la tolérance au risque et des préoccupations concernant les coûts de financement, la position de liquidité et les sorties de dépôts". Ces derniers ont baissé de 500 milliards de dollars (environ 3 %) par rapport à la semaine précédant la faillite de Silicon Valley Bank ; ils étaient déjà sur la pente descendante depuis un an du fait de la hausse des taux d’intérêt, certains déposants se précipitant sur les fonds monétaires.
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