WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Fed / stress bancaire / stabilité financière

Macro-économie / Taux
Fed / stress bancaire / stabilité financière

krach Etats-Unis : les angoisses des financiers / Le plafond de la dette fait une entrée en fanfare dans le classement

KRACH BANCAIRE. Aux côtés de la persistance de l’inflation et du resserrement monétaire, le stress bancaire est le risque pour la stabilité financière américaine le plus cité par les experts, d’après un rapport de la Fed. Le plafond de la dette est devenu également un sujet d’inquiétude majeur.
Salle des marchés à la Bourse de New York - John Taggart/REDUX-REA
Salle des marchés à la Bourse de New York - John Taggart/REDUX-REA

En l’espace de six mois, les peurs du monde de la finance se sont modifiées. C’est ce que souligne un rapport de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur la stabilité financière où sont interrogés des professionnels de sociétés de courtage, de fonds d’investissement, d’organismes de recherche et de conseil ainsi que d’universités. Comme chaque semestre, la Fed les a questionnés sur ce qu’ils estiment être le plus grand risque pour la stabilité financière américaine à l’horizon de douze à dix-huit mois.

 

Inflation et taux d’intérêt

 

Il en ressort que la "persistance de l’inflation et le resserrement monétaire" est toujours l’un des risques les plus cités par les experts (un peu plus de la moitié des sondés le mettent en avant). Alors que la Banque centrale américaine a augmenté son taux d’intérêt directeur de 500 points de base en quatorze mois et que la hausse annuelle des prix à la consommation dépasse encore 4 %, ce risque, contrairement, à de nombreux autres, continue de rapport en rapport à susciter une attention toute particulière.

"Plusieurs contacts ont souligné que les données relatives à l’emploi et à l’activité économique restaient robustes malgré la hausse rapide des taux directeurs, suggérant que les Banques centrales mondiales pourraient être amenées à resserrer davantage leur politique pour lutter contre l’inflation, au risque d’un ralentissement économique plus marqué et d’une instabilité des marchés financiers", rapporte la Fed. Tant en zone euro (6,5 %) qu’aux Etats-Unis (3,4 %), le taux de chômage demeure au plus bas historique (record depuis 1969 pour l’Oncle Sam) tandis que l’activité économique continue de croître, montrent les enquêtes de conjoncture.

 

Secousses bancaires

 

Un risque a fait une entrée en fanfare dans le classement de la Fed : le stress affectant le secteur bancaire. Absent à l’occasion du dernier rapport de la Fed à l’automne dernier, il est désormais cité par autant de sondés que la "persistance de l’inflation et le resserrement monétaire". Alors que quatre banques américaines sont allées au tapis depuis début mars et que Credit Suisse a été rachetée par UBS dans l’urgence, "les acteurs du marché ont souligné le risque de tensions dans le secteur bancaire, notant que la hausse des coûts de financement et la baisse de la rentabilité pourraient rendre certaines banques vulnérables à des retraits massifs de dépôts". En raison des craintes de contagion et de la volonté de profiter des hausses de taux d’intérêt, les déposants américains ont retiré pour plusieurs centaines de milliards de dollars de leurs fonds qu’ils détenaient au sein des petites banques.

Sans surprise la géopolitique s’invite aussi dans les plus grandes peurs des marchés, en particulier les tensions croissantes entre la Chine et les Etats-Unis. Les personnes interrogées ont noté que "la montée des tensions pourrait entraîner une détérioration des flux commerciaux et financiers, avec des implications négatives pour les chaînes d’approvisionnement mondiales et le sentiment des investisseurs", lit-on dans le rapport. "Certains ont également cité le risque de conflit militaire ou politique entre la Chine et Taïwan, et toute intervention potentielle des États-Unis qui s’ensuivrait, comme un point de flambée possible", poursuit le rapport.

 

Plafond de la dette

 

Enfin, il faut également noter l’émergence d’un autre risque, qui à l’image du stress bancaire, ne soulevait aucune inquiétude il y a encore quelques mois : le plafond de la dette. Il s’agit d’un risque cité par près de la moitié des sondés. Observer l’évolution de la situation sur le marché des dérivés de crédit (CDS) - instruments permettant de se protéger contre le défaut d’un émetteur de dette - suffit à se convaincre que le marché prend le risque au sérieux. Atteignant plus de 150 points de base, la prime des CDS à un an sur la dette américaine se situe à un niveau inédit.

Pour mémoire, mi-janvier, l’Etat fédéral américain a atteint le montant maximum de dette qu’il lui est permis de contracter (31 400 milliards de dollars). Dépendant des marchés obligataires pour financer le train de vie de la puissance publique américaine, le Trésor a ainsi dû prendre des mesures exceptionnelles pour continuer à pouvoir assumer ses dépenses. Or, sa patronne, Janet Yellen, a indiqué que ces mesures pourraient ne plus suffire à faire face aux dépenses le 1er juin.

"Les personnes interrogées considèrent qu’il existe un risque de perturbation des marchés de financement et de durcissement des conditions financières si la limite légale de la dette n’est pas relevée en temps voulu, tout en notant les ramifications négatives d’un défaut technique ou total", note le rapport de la Fed, citant entre autres une forte hausse des rendements du Trésor et une augmentation des coûts de financement des entreprises. A l’occasion de la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7 la semaine passée, Janet Yellen a déclaré que "faire défaut sur notre dette affecterait tellement les États-Unis et l’économie mondiale que je pense que cela devrait être considéré par tous comme quelque chose d’impensable".

Une réunion se tenait hier à la Maison Blanche entre le président Joe Biden et les principaux responsables du Congrès pour qu’un accord soit trouvé. Pour mémoire, les Républicains refusent de suspendre ou de relever le plafond si rien n’est fait en matière de réduction des dépenses publiques. "Il reste du travail à faire sur une série de questions difficiles", mais Joe Biden est "optimiste quant à la possibilité de parvenir à un accord budgétaire responsable et bipartisan si les deux parties négocient de bonne foi et reconnaissent qu’aucune d’entre elles n’obtiendra tout ce qu’elle veut", a fait savoir la Maison Blanche.

Joe Biden a indiqué qu’il s’entretiendrait par téléphone avec les parlementaires au cours de la semaine et les rencontrera à son retour (dimanche) de la réunion du G7 au Japon.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article