Macro-économie / Taux / dette publique / charges d'intérêts / Economie mondiale / taux d'intérêt
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L’envolée de la charge d’intérêts dans le monde / Sacrée épine dans le pied des Etats
Voilà un boulet dont se seraient bien passés les Etats. Dans un contexte de très forte augmentation des taux d’intérêt liée à la lutte contre l’inflation menée par les Banques centrales de par le monde, le doublement de la dette publique mondiale observé en onze ans (66 200 milliards de dollars en 2022, soit 78 % du Produit intérieur brut mondial) ne sera désormais plus sans conséquence.
C’est l’un des messages envoyés par le gestionnaire d’actifs Janus Henderson dans son rapport sur les dettes souveraines. "Au cours des prochaines années, les finances publiques seront de plus en plus mises à l’épreuve, les nouvelles obligations étant émises à des taux d’intérêt plus élevés et les obligations existantes étant également refinancées à un coût plus élevé ", lit-on ainsi dans le rapport.
"Les charges d’intérêt des gouvernements ont bondi de près d’un cinquième en 2022 (+20,9 % à taux de change constant) pour atteindre le montant record de 1 380 milliards de dollars. Il s’agit de l’augmentation la plus rapide depuis 1984, et reflète l’interaction entre la hausse des taux et le stock croissant d’emprunts souverains", indique le gestionnaire d’actifs.
C’est ainsi que dans le détail, en 2025, le taux d’intérêt effectif (la charge d’intérêts sur l’année divisée par l’encours de la dette) de l’économie mondiale va s’établir à 3,8 %, cela représente une augmentation de 75 % par rapport à l’an passé. Le coût des intérêts devrait ainsi peser 2,8 % du PIB mondial d’ici 2025.
Rappelons qu’il évoluait aux alentours de 1,5 % et 1,6 % pendant la décennie précédente, alors que les Banques centrales déployaient des politiques monétaires extrêmement accommodantes pour enrayer la dynamique de faible inflation, voire de déflation. Cela détourne "des ressources d’autres formes de dépenses publiques ou nécessitant des augmentations d’impôts", avertit ainsi Janus Henderson.
Pour mémoire, l’an dernier, à la même époque, les investisseurs s’attendaient à ce que les gouvernements paient environ 1 640 milliards de dollars d’intérêts d’ici 2025, rappelle le gestionnaire d’actifs. Or, La hausse de l’inflation et des taux d’intérêt implique qu’ils s’attendent désormais à ce que la facture atteigne 2 800 milliards de dollars d’ici là, soit deux fois plus que le total de 2022.
Entre 2022 et 2025, la dette publique mondiale devrait gonfler de 11 000 milliards de dollars, toutefois son poids dans le PIB devrait rester stable, relativise Janus Henderson. L’explication est que la dette publique est rapportée au PIB nominal, dont l’évolution est liée à la fois à la croissance économique en volume et en valeur, or l’inflation mondiale devrait plus demeurer élevée qu’auparavant à court terme même si elle reflue (7 % cette année et 4,9 % en 2024 d’après le Fonds monétaire international).
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