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Banques / banques françaises / Scope / Agence de notation / Société Générale / BNP Paribas / Crédit Agricole

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banques françaises / Scope / Agence de notation / Société Générale / BNP Paribas / Crédit Agricole

Les banques françaises résistent au resserrement des conditions financières / L’agence Scope souligne la solidité de leurs profils de crédit

Le resserrement monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) n’a pas altéré les profits de crédit des banques françaises. Bien que celles-ci ne profitent pas à court terme de la hausse des taux d’intérêt, la qualité de leurs actifs se maintient et les provisions qu’elles ont accumulées protégeront leur rentabilité contre l’augmentation attendue modérée des créances douteuses, estime l’agence Scope.
Les tours Chassagne et Alicante de Société Générale - AFP PHOTO  ERIC PIERMONT (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
Les tours Chassagne et Alicante de Société Générale - AFP PHOTO ERIC PIERMONT (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

Le modèle bancaire français et ses particularités constituent un handicap très relatif face à la hausse des taux d’intérêt. "La récente série de résultats des banques françaises a été solide et a démontré que la pression temporaire exercée sur leur rentabilité de base par le resserrement monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) n’affecte pas leurs profils de crédit". Le diagnostic, posé par l’agence de notation européenne Scope, ne surprend pas. Que ce soit Crédit Agricole, BNP Paribas, ou même Société Générale, les principaux établissements bancaires français ont publié le mois dernier des résultats du premier trimestre 2023 qui ont dépassé les attentes.

Pourtant, à la différence de ce qui se produit dans d’autres pays européens, la hausse des taux d’intérêt déclenchée il y a un an par la BCE pour lutter contre l’inflation ne se traduit en France par aucun bénéfice exceptionnel pour les banques. La cause bien connue étant qu’elles prêtent essentiellement à taux fixe, contrairement à nos voisins européens qui utilisent beaucoup plus les taux variables, ce qui les empêche de répercuter directement la hausse auprès de leurs clients. Dans le même temps, elles supportent l’augmentation des rendements des livrets réglementés. "Les marges sont comprimées par la réévaluation plus rapide des passifs, la nature fixe des taux immobiliers et les plafonds effectifs des taux d’usure", rappelle l’agence dans sa dernière étude sur le secteur bancaire français. Une situation qui ne devrait guère montrer d’amélioration avant 2024 selon elle, sans que cela génère une inquiétudes excessive. "La production de prêts ralentit plutôt qu’elle ne se contracte et la qualité des actifs n’est pas affectée", observe en effet Scope, soulignant que "le coût du risque est bien maîtrisé et se situe à des niveaux bas".

De plus, si les résultats des activités de banque de détail en France ont été affectés par la baisse des marges d’intérêt et le ralentissement de la production de crédits immobiliers, les bons résultats des activités de Banque de financement et d’investissement (BFI) et d’assurance ont fait mieux que compenser. Le modèle universel des banques françaises prouvant ainsi une nouvelle fois ses vertus. "La forte diversification des activités a permis d’atténuer la pression sur les revenus d’intérêts au premier trimestre", note Scope.

L’agence de notation européenne observe que dans le même temps, "les dépenses sont contenues, inférieures à l’inflation pour la plupart des banques et augmentent plus lentement que les revenus d’exploitation".

Autre constat fait par Scope, "les charges de dépréciation du crédit ont été modestes au premier trimestre". Les perspectives macroéconomiques s’étant stabilisées, il n’y a pas eu de changement majeur dans les politiques de provisionnement, et ce alors que les banques disposent de "provisions accumulées [qui] protégeront leur rentabilité contre une augmentation modérée des créances douteuses", estime l’agence. Par exemple, Société Générale disposait à fin mars 2023 d’un stock de provision sur encours sains de 3,76 milliards d’euros, en légère baisse de 11 millions d’euros par rapport à fin 2022.

La solvabilité des banques françaises ne soulève aucune inquiétude particulière non plus. Les coussins en fonds propres d’absorption des pertes sont stables et gardent une distance confortable au-dessus des exigences réglementaires.

Par ailleurs, "les banques françaises ont activement fait appel au marché des instruments de capital au début de l’année et, après une période de turbulences, sont de retour ; la Société Générale et le Crédit Agricole ont toutes deux levé des capitaux Tier 2 le 30 mai et le 1er juin respectivement", note l’agence. Pour autant, les grands établissements financiers tricolores "ne sont de toute façon pas confrontés à un risque de refinancement important au cours des prochains trimestres, compte tenu du nombre limité d’instruments arrivant à échéance ou pouvant être remboursés", ajoute-t-elle.

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