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Moscou; Or noir; cartel

Macro-économie / Taux / Opep+ / pétrole / Arabie saoudite

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Opep+ / pétrole / Arabie saoudite

L’Opep se met d’accord a minima / L’unité du Cartel a été mise à mal par les négociations de ce week-end

La réunion de l’Organisation des pays des producteurs et de ses alliés qui vient de s’achever à Vienne n’aura pas été de tout repos. Il n’y a pas eu de consensus sur une nouvelle baisse de la production mais uniquement des objectifs de production entrant en vigueur l’an prochain. L’Arabie saoudite s’est distinguée en annonçant de nouvelles réductions.
Siège de l'Opep. Azusa Nakanishi / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP
Siège de l'Opep. Azusa Nakanishi / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP

Riyad s’est démené pour entraîner le reste des membres du Cartel dans des réductions de leurs productions, pour un mince succès au prix d’âpres efforts. La réunion ce week-end des membres de l’Organisation des pays producteurs de pétrole et de leurs alliés (Opep +) à Vienne était attendue de longue date, notamment par le cercle CyclOpe et son co-directeur Philippe Chalmin qui estimait-il y a quelques jours "quon peut imaginer que les efforts de l’Opep portent leurs fruits".

Il n’a pas dû être déçu par les tractations qui se sont déroulées ce week-end, les premières dissensions avaient d’ailleurs commencé à poindre le jour avant même ce début du mois de juin. Moscou avait davantage plaidé pour un maintien du statu quo qui avait encore le vent en poupe il y a peu. L’invasion de l’Ukraine décidée par Vladimir Poutine étant coûteuse pour Moscou qui ne peut se passer de sa manne pétrolière.

 

Pas à pas

 

L’heure a cependant été celle de la baisse, Warren Patterson, responsable de la stratégie des matières premières chez ING, a rappelé aujourd’hui "qu’avant la réunion, on s’attendait à ce que le groupe annonce de nouvelles réductions de l’offre - ce qui était plus facile à dire qu’à faire". Elle n’en pas moins "été riche en événements " selon lui, notamment en raison des actions de l’Arabie saoudite qui désirait entériner des réductions de productions bien plus importantes.

Le Royaume des Saoud n’est pas complètement parvenu à ses fins mais a réussi à obtenir une nouvelle baisse des quotas de production de près 1,4 million de barils par jour à compter de l’an prochain 2024. Une décision qui s’ajoute à la prolongation des réductions volontaires déjà annoncées ces derniers mois. Un scénario qui va à contre-courant de certaines analyses récentes, notamment celle du Global Sovereign Advisory, qui arguait fin mai qu’il "sera donc difficile pour les pays membre de l’OPEP +, qui se réunissent le 4 juin, de trouver un accord quant à une nouvelle baisse de l’offre, d’autant plus que la réduction de production annoncée en avril n’a pas produit les effets escomptés sur les cours ".

 

La surenchère

 

Riyad n’a cependant pas renoncé et a annoncé qu’elle procéderait à une nouvelle réduction volontaire de l’offre de 1 million de barils par jour en juillet, ce qui porte donc sa production à environ 9 millions de barils par jour. Du côté de chez ING on n’exclut pas qu’il soit "également possible que cette réduction volontaire supplémentaire soit prolongée si nécessaire".

Warren Patterson estime cependant que " l’extension des réductions de l’offre jusqu’à la fin de 2024 ne devrait pas modifier radicalement les perspectives ". Une décision saoudienne qu’il voit à court terme, contribuer à "entraîner une hausse immédiate limitée du marché et renforcer l’engagement de l’Arabie saoudite à tenter de stabiliser le marché ". Le consensus d’ING reste pour autant sur un "prix moyen du Brent ICE soit de 96 dollars au cours du second semestre de cette année ".

L’économiste juge qu’il "est clair qu’ils [les Saoudiens ndlr] essaient de faire monter les prix, et nous pensons qu’ils aimeraient voir le Brent se négocier au-dessus de 80 dollars le baril ", en raison d’un seuil de rentabilité budgétaire du prix du pétrole qui " a légèrement augmenté ces dernières années ". Le budget du Royaume nécessiterait désormais un baril supérieur à 80 dollars le baril pour atteindre son équilibre. Si cela ne se produit pas dans les prochains mois, les Saoudiens ne resteront pas les bras croisés.

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