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Entreprises / Actions / Vinci / Autoroutes / concessionnaires / Sanef / APRR / Péages / Clément Beaune / Assemblée Nationale

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Vinci / Autoroutes / concessionnaires / Sanef / APRR / Péages / Clément Beaune / Assemblée Nationale

Les concessionnaires autoroutiers défendent les prix de leurs péages / Un argumentaire déroulé devant les députés

Entendus par la commission du développement durable de l’Assemblée nationale ce matin, les patrons de Vinci Autoroutes, d’APRR-AREA et de Sanef ont défendu leur modèle d’affaires et justifié la hausse des prix des péages de près de 5 % intervenue en février. Un peu plus d’une heure avant le début de l’audition, le ministre délégué chargé des Transports Clément Beaune, avait par ailleurs appelé les concessionnaires à réaliser un geste commercial sur leurs tarifs à l’approche des vacances d’été.
De gauche à droite, Arnaud Quémard, Pierre Coppey et Philippe Nourry (DR)
De gauche à droite, Arnaud Quémard, Pierre Coppey et Philippe Nourry (DR)

"On sait qu’on est dans une période difficile, d’inflation, de difficultés sur le pouvoir d’achat. Dans ce contexte, il est important que les sociétés d’autoroutes fassent un geste commercial, fassent une réduction, une ristourne". Ce mercredi, Clément Beaune, le ministre délégué chargé des Transports, a invité sur RTL les concessionnaires autoroutiers à faire preuve de clémence envers les usagers de leurs infrastructures à l’approche des grands départs en vacances d’été.

Un appel qui intervient, par ailleurs, à la suite d’une hausse de 4,75 % des tarifs de péage intervenue en février dernier. Et qui a été entendu par les concessionnaires. Sollicités pour s’exprimer, ce mercredi matin également, devant la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, les patrons de Vinci Autoroutes (Pierre Coppey), du groupe APRR-AREA (Philippe Nourry) et du groupe Sanef (Arnaud Quémard) ont ainsi souhaité réagir aux propos du ministre et, plus généralement, aux différentes critiques relatives à leurs modèles d’affaires. "La question a été posée par le ministre, nous réservons notre réponse à notre concédant", a ainsi indiqué Pierre Coppey aux députés présents dans l’auditoire, soulignant par ailleurs qu’une réduction de 30 % à 40 % sur les tarifs avait aussi été accordée aux automobilistes faisant au moins dix allers-retours par mois sur le même itinéraire.

Mais pour le dirigeant de Sanef et les présidents de Vinci Autoroutes et d’APRR-AREA, le constat est clair : les recettes des péages servent d’une part à rembourser des investissements colossaux, inhérents à leur activité. Et elles contribuent, d’autre part, à renflouer les caisses de l’Etat. "L’autoroute collecte près de 5 milliards d’euros de recettes fiscales. Il est important que la représentation nationale le sache et le dise. Le montant du prix des péages nous est bien souvent reproché et il est souvent oublié que les péages représentent pourtant une assiette fiscale considérable", s’est défendu le président de Vinci Autoroutes. Arnaud Quémard, directeur général du groupe Sanef, a quant à lui précisé : "Le principe du péage est juste, c’est celui de l’utilisateur-payeur. Et de plus, dans un pays fortement traversé".

 

Des hausses voulues mais encadrées

 

Pour rappel, les tarifs des péages sont réévalués chaque année en date du 1er février et soumis à un cadre très précis de décrets et de contrats avec l’Etat. Les grilles tarifaires, détaillées pour chacun des trajets possibles et pour chaque type de véhicules, sont effectivement soumises par les concessionnaires. Mais leur évolution reste strictement encadrée. "En vertu du décret du 24 janvier 1995 relatif aux péages autoroutiers, le plafond est d’au moins 70 % l’inflation", explique par exemple l’Autorité de régulation des transports. Et la hausse des tarifs accordée tient également compte des travaux engagés par les concessionnaires. "Les profits d’aujourd’hui remboursent les investissements d’hier", a quant à lui souligné Pierre Coppey.

L’audition aura aussi été l’occasion, pour le trio de patrons, de répondre à nouveau aux différents griefs formulés à l’encontre de leurs modèles d’affaires et des avantages financiers offerts à leurs actionnaires. Ils sont, entre autres, revenus sur un rapport remis par le sénateur de l’Essonne Vincent Delahaye en 2020, alors rapporteur de la commission d’enquête sur la régulation et l’évolution des concessions autoroutières. Dans son étude, le sénateur constatait notamment une rentabilité perçue comme "excessive" et qui atteindrait son niveau attendu lors de la privatisation des autoroutes (en 2006) bien avant la fin de leurs concessions. "J’ai alerté, plusieurs fois, sur des erreurs financières présentes dans le rapport. Par exemple, concernant APRR, l’étude a été basée sur nos comptes de 2019. Il y a eu trois exercices depuis et nous pouvons aujourd’hui constater que les dividendes avaient été surestimés, à hauteur de 2 milliards d’euros par rapport à la réalité", a ainsi pointé Philippe Nourry.

A Pierre Coppey d’ajouter : "Nous sommes concessionnaires de l’Etat et fiers de ce que nous faisons. Nous exécutons nos contrats et représentons, à nous trois, 12 000 salariés qui assurent un service de qualité. Il est important de le rappeler, tout comme il est important de rappeler que jamais, dans toutes les polémiques, notre capacité à exécuter nos contrats n’a été remise en cause".

Les sociétés d’autoroutes seront, en tout cas, reçues par Clément Beaune la semaine prochaine pour discuter d’une éventuelle modalité de réduction des prix des péages pour cet été. Le ministre délégué en charge des Transports espère que le geste commercial sera "au moins équivalent", a-t-il exprimé sur le plateau de RTL, à celui proposé l’année dernière. Il s’agissait alors d’une baisse des tarifs de 10 % pour les bénéficiaires de chèques-vacances. Et selon les informations du Parisien, Vinci Autoroutes devrait, cette année, offrir une réduction des tarifs de 20 % aux automobilistes munis d'un abonnement télépéage.

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