Macro-économie / Taux / Inflation / France / INSEE
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Inflation / France / INSEE
Comment l’inflation française devrait évoluer d’ici six mois / Une grande rotation est à l’œuvre
"Les signes d’un reflux de l’inflation commencent à se concrétiser ". Les économistes de l’Insee apportent de bonnes nouvelles en introduction de la dernière note de conjoncture de l’institut statistique. Alors qu’elle atteignait 5,1% en mai, la hausse annuelle des prix à la consommation hexagonale devrait s’établir à 4,4% lors du mois de décembre 2023 (notamment sous l’hypothèse d’un cours du baril de Brent figé à 72 euros sur la période de prévision), d’après les estimations de l’Insee. Pour mémoire, la moyenne de l'inflation annuelle dans la décennie pré-pandémique atteignait 1,1%.
Reflux escompté grâce à l'alimentation
Cette baisse de 0,7 point est surtout rendue possible par la désinflation alimentaire à venir (contribution de -0,9 point). La hausse des prix à la consommation de l’alimentation devrait passer de 14,3% en mai à 7,4% en décembre. L’Insee explique cette prévision par le repli des cours mondiaux des matières premières alimentaires et énergétiques qui devraient influencer les prix à la production des industries agro-alimentaires, ces derniers devant alors "nettement ralentir voire fléchir du fait du moindre coût de leurs intrants et d’un retour graduel de leur marge unitaire à leur niveau de long terme".
En outre, "le contexte de renégociations entre producteurs et distributeurs pourrait accentuer ce mouvement, même si l’impact en est incertain dans son ampleur et sa vitesse, dépendant notamment de l’écoulement du stock des produits concernés. La prévision du prix des produits frais est entourée d’une forte incertitude en raison des aléas climatiques", indique l’institut basé à Montrouge.
L’inflation des biens manufacturés jouera également dans le ralentissement de la croissance du niveau général des prix en France (contribution de -0,3 point). En effet, elle devrait s’établir à 3% en décembre, contre 4,3% aujourd’hui, sous l’effet là aussi du reflux des prix à la production
L'inflation change de visage
A l’inverse, le secteur des services va devenir la principale raison pour laquelle la France vit dans un régime d’inflation élevée. Alors qu’en mai, la hausse des prix des services représentait 29,4% de l’inflation, elle devrait y contribuer pour près de la moitié en fin d’année (47,7%) ; l’inflation des services atteindra alors 4% contre 3% aujourd'hui. D’une part, cette augmentation "traduirait notamment la hausse des coûts salariaux, compte tenu des revalorisations successives du Smic au cours du premier semestre 2023 (en janvier et en mai) [il a augmenté de 4% depuis le début de l’année, ndlr]", jugent les économistes de l’Insee.
D'autre part, elle serait le produit de "la transmission, plus lente, du renchérissement passé des intrants (par exemple dans les prix des services de restauration, l’impact retardé du fort dynamisme des prix à la production des produits agroalimentaires)", explique-t-on à l'Insee.
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