Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / BCE / taux d'intérêt
Macro-économie / Taux
François Villeroy de Galhau / BCE / taux d'intérêt
Taux d’intérêt : François Villeroy de Galhau met le holà / Les plans tirés sur la comète par les marchés l’interrogent
“La récente volatilité de marché semble quelque peu excessive”. Cet après-midi, à l’occasion d’une conférence portant sur le rôle de l’internationalisation de l’euro, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a souhaité exprimer son désaccord avec les réactions ayant suivi la conférence de presse de la dirigeante de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde hier.
L’intervention de la grande argentière, marquée par son insistance sur le relèvement des prévisions d’inflation de la BCE à horizon 2025, a été jugée d’une tonalité “faucon” par le marché. C’est pourquoi ce dernier a réévalué ses attentes en matière de taux d’intérêt terminal, en le fixant à près de 4 % alors que Christine Lagarde a lâché qu’une hausse de 25 points de base en juillet était quasiment acquise : le taux d’intérêt de la facilité de dépôt atteindrait alors 3,75 %.
Dépendant des données
“Nos décisions sont fondées sur les données, non sur les prévisions”, a expliqué le gouverneur de la Banque de France, faisant valoir ainsi que “personne ne doit tirer de conclusion prématurée quant à notre calendrier ni quant à notre taux terminal”. Au cours de ces derniers mois, si le Français n’a jamais souhaité donner un niveau de taux terminal, il a toujours estimé qu’il fallait qu’il soit atteint d’ici la fin de l’été. En outre, “la durée importe plus que le niveau ; la persistance importe plus que le pic”, a-t-il affirmé, dans la lignée de ses précédents discours.
"Les données récentes montrent que même si nous sommes, à l’évidence, encore loin de la cible d’inflation, notre politique monétaire est à l’œuvre, et fonctionne”, a-t-il assuré. Elle s’est en tout cas transmise aux conditions de financement dont jouissent les agents économiques, en témoignent les enquêtes de la BCE auprès des banques sur la distribution du crédit et la forte hausse des taux d’intérêt enregistrée sur l’ensemble des types de crédits et titres obligataires.
"Le point essentiel à présent est la transmission de nos décisions monétaires passées, qui se répercutent de manière vigoureuse aux conditions financières, mais dont les effets économiques pourraient prendre jusqu’à deux ans pour se faire pleinement sentir", a-t-il analysé. Rappelons qu’en onze mois le Conseil des gouverneurs a décidé d’augmenter les taux d’intérêt directeurs de 400 points de base.
François Villeroy de Galhau a ajouté que “l’inflation a atteint un pic dans la zone euro, l’inflation sous‑jacente a diminué pour le deuxième mois consécutif, et nous constatons plusieurs autres signes d’une atténuation des tensions sous-jacentes sur les prix”. L’inflation a atteint 6,1 % sur un an en mai dans la zone euro, soit 4,5 points de pourcentage en dessous de son pic d’octobre dernier. De son côté, l’inflation sous-jacente (hors énergie, alimentation, alcool et tabac) telle que mesurée par Eurostat, s’établissait à 5,3 %, soit un plus bas depuis quatre mois.
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