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L’Allemagne devrait sortir de récession au deuxième trimestre / La Bundesbank abaisse toutefois ses perspectives pour les deux prochaines années
La récession s’éloigne un peu en Allemagne, au soulagement de sa Banque centrale, qui ne cède toutefois pas à l’euphorie. Sans donner de chiffres précis, la Bundesbank table sur un retour de la croissance au deuxième trimestre, après deux trimestres consécutifs de baisse du PIB (-0,5 % au T4 2022 et -0,3 % au T1 2023) qui avaient plongé la première économie de la zone euro en récession technique cet hiver.
Pour autant, l’institution anticipe toujours une contraction de 0,3 % du PIB allemand en 2023, une prévision tout de même légèrement plus optimiste qu’en décembre dernier en raison notamment "de l’assouplissement des marchés de l’énergie", font savoir les économistes de la Bundesbank. En revanche, "des taux d’intérêt plus élevés et une compétitivité réduite" devraient peser sur l’économie allemande qui ne croîtrait plus que de 1,2 % en 2024 et 1,3 % en 2025, moins que prévu il y a six mois.
Plus de consommation, moins d’investissement
Le constat reste, en effet, partagé outre-Rhin. "Une baisse de l’inflation, une forte hausse des salaires et un marché du travail robuste vont se conjuguer à court terme", notent les économistes de Berlin. Une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des ménages qui devrait permettre de relancer la consommation privée, en berne depuis plusieurs mois en Allemagne.
Toutefois, le resserrement de la politique monétaire, qui entraîne une hausse des coûts de financement, freine l’investissement privé, en particulier dans la construction de logements. Par ailleurs, un euro plus fort, couplé à la dynamique élevée des salaires, constituent un vent contraire pour les exportateurs, essentiels pour l’industrie allemande.
"Au global, l’expansion de l’activité économique ne devrait s’accélérer que progressivement au second semestre", reconnaît le président de la Bundesbank, Joachim Nagel.
Inflation persistante
"Nous assistons à une baisse bienvenue de l’inflation", avance Joachim Nagel qui regrette toutefois l’absence de "signal clair". Bien que la hausse des prix énergétiques recule rapidement, l’inflation sous-jacente – c’est-à-dire hors énergie et alimentation – se maintient, elle, à un niveau encore trop élevé. Le banquier central redoute qu’une inflation élevée ne s’enracine si les salaires et les bénéfices des entreprises devaient augmenter encore plus fortement, notant qu’une transmission de ce type restait possible dans un environnement de forte demande globale.
Dans l’ensemble, le taux d’inflation mesuré par l’indice des prix à la consommation harmonisé devrait passer de 8,7 % en 2022 à 6 % cette année, avant de retomber à 3,1 % et 2,7 % respectivement en 2024 et 2025, des niveaux toujours incompatibles avec le mandat de stabilité des prix de la Banque centrale européenne.
Enfin, en raison de la lenteur de la reprise économique, le rythme de croissance de l’emploi devrait nettement ralentir. Une tendance confirmée par les intentions d’embauche des entreprises qui ne sont plus autant au beau fixe qu’auparavant. "Une hausse modérée du chômage est également attendue au cours des prochains mois", constate la Bundesbank.
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