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Immigration ; Innovation ; Croissance ; France ; Cepii ; Étude

Macro-économie / Taux / immigration / Innovation / croissance

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En France aussi l’immigration qualifiée favoriserait la croissance / Elle aurait un impact bénéfique sur l’innovation

Établie dans de nombreux pays, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales démontre que la relation positive entre immigration qualifiée, innovation et croissance est aussi vraie en France. L'Hexagonale doit encore progresser sur la question, elle attire encore trop peu de ces profils.
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur (Ludovic MARIN/AFP)
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur (Ludovic MARIN/AFP)

L'économie française aurait tout à gagner à attirer davantage d'immigrés qualifiés. On le savait dans de nombreux pays, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) en apporte aujourd’hui la preuve pour l'Hexagone. Un sujet resté trop longtemps inexploré enfin mis à l’ordre du jour.

L’immigration qualifiée constitue un moteur déterminant de l’innovation en Hexagone, notamment en augmentant la capacité à déposer des brevets, notent ainsi Anna Maria Mayda, Gianluca Orefice et Gianluca Santoni, les auteurs de l’étude. Celle-ci peut en effet accroître la productivité – et donc la croissance – par des canaux tels que la diffusion des connaissances, ou encore la diversité des lieux de naissance.

 

Stimuler l’innovation

 

Le constat d’abord. Entre 1995 et 2010, le nombre de brevets détenus par entreprise dans le secteur manufacturier a été multiplié par 3,7. Parallèlement, la part des inventeurs étrangers au sein des équipes de recherche a également connu une progression, passant de moins de 1 % à près de 5 % du nombre total de chercheurs, et ce, malgré une stabilité de la taille moyenne des équipes. "Une première indication qu’en France également, l’augmentation de la part des immigrés qualifiés favorise l’innovation", souligne le Cepii.

Mais au-delà de la simple corrélation, en mesurant l’innovation par le nombre de brevets déposés par les entreprises, le Cepii montre qu’une augmentation d’un point de pourcentage de travailleurs immigrés qualifiés dans un département français permet aux entreprises de ce département de déposer 5,2 % de brevets supplémentaires. Ce chiffre atteint même 7,6 % pour les entreprises dont la quantité de capital par employé est parmi les 25 % les plus élevés.

Plus encore, cette contribution des immigrés à l’augmentation des dépôts de brevets n’est même pas le fruit d’un effet de substitution, c’est-à-dire d’un remplacement des travailleurs nationaux par des immigrés, mais plutôt d’une réaffectation des tâches au sein des entreprises qui reflète les avantages comparatifs des travailleurs immigrés et nationaux qualifiés.

"Ce résultat fournit un argument supplémentaire, s’il en fallait un, pour que la France progresse en matière d’immigration qualifiée", concluent les économistes.

 

Attirer davantage

 

Alors que l’immigration qualifiée représente donc une source d’innovation non négligeable, son importance dans l’emploi en France demeure faible relativement à ce qu’elle est dans des pays comme le Canada, les États-Unis ou le Royaume-Uni. Certes la part des immigrés diplômés de l’enseignement supérieur dans l’emploi a presque doublé entre 2000 et 2016, passant de 2,5 % à 4,3 %, mais elle reste encore bien inférieure à celle enregistrée aux États-Unis (7,5 %), au Royaume-Uni (8,4 %) et surtout à celle du Canada qui atteint près de 17 %.

Au Canada et outre-Manche, un système à points permet de sélectionner les candidats à l’immigration en fonction de plusieurs critères comme l’âge, le niveau de qualification, les compétences linguistiques et l’expérience professionnelle. Aux États-Unis, la législation en matière d’immigration offre aux étrangers qualifiés le moyen de devenir résidents permanents légaux, en attribuant la célèbre carte verte.

Outre les travailleurs qualifiés, on trouve aussi, dans ces pays des mesures visant à retenir sur le territoire des étudiants étrangers qui y ont obtenu un diplôme du supérieur. Autant de méthodes dont pourrait s’inspirer la France. À voir ce qui sera prévu dans le projet de loi immigration qui devrait être remis sur la table à l’automne.

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