Sur les marchés / Vilmorin & Cie / Limagrain / OPA simplifiée / OPAS / Bourse
Sur les marchés
Vilmorin & Cie / Limagrain / OPA simplifiée / OPAS / Bourse
Vilmorin & Cie en phase finale pour se retirer de la cote parisienne / La procédure de retrait obligatoire sera lancée dans moins de dix jours
L’offre publique d’achat simplifiée (OPAS) maintenant achevée, est venu le tour d’enclencher la mise en œuvre d’une procédure de retrait obligatoire sur les actions Vilmorin & Cie. D’après un avis publié par l’Autorité des marchés financiers en fin de semaine dernière, l’actionnaire majoritaire du semencier Limagrain procèdera le 1er août prochain au retrait des actions non apportées à l’OPAS, correspondant à 4,26 % du capital et 2,81 % de droits de vote.
Celui-ci sera libellé aux mêmes conditions financières que l’offre, soit 62,60 euros par action. Pour rappel, cette OPAS avait été ouverte le 22 juin dernier et s’était étalée jusqu’au 17 juillet inclus. A son issue, la maison mère Limagrain avait atteint le seuil critique de 90 % du capital et plus précisément à hauteur de 95,7 % du capital (bien que possédant déjà 77,37 % des actions Vilmorin & Cie avant le lancement de l’opération), nécessaire à la mise en œuvre d’une procédure de retrait obligatoire. Celle-ci permettra aux actionnaires minoritaires d’être indemnisés et aux titres de la société d’être radiés.
Incohérence de temps
Une dernière étape, donc, à venir pour que la coopérative agricole auvergnate puisse retirer Vilmorin & Cie de la cote parisienne après une trentaine d’années d’aventure boursière, comme annoncé depuis la fin du mois d’avril dernier.
L’opération repose sur plusieurs fondements. Dans sa note d’information présentée à l’AMF, Limagrain expliquait ainsi que ce projet visait avant tout "à renforcer l’indépendance de Vilmorin & Cie afin de poursuivre son développement".
De fait, a expliqué la société, son métier s’inscrit dans un temps différent du tempo accéléré imposé par les marchés financiers. La semence suit des rythmes de sélection et exige des investissements conséquents, "qui seront plus aisément menés à bien en tant que société non cotée", a ainsi précisé le groupe. Les investissements en R & D de la société représentent 15 à 16 % du chiffre d’affaires, estiment les analystes d’Oddo BHF, qui ont quant à eux souligné la volonté de la part de Limagrain de "disposer de plus de latitude pour investir dans ses développements dans un marché largement capitalistique".
Peu de recours
Cette moindre adéquation, entre la société et la Bourse, s’est aussi caractérisée au travers d’autres facteurs. "Compte tenu de la structure actuelle de l’actionnariat de Vilmorin & Cie et du faible volume d’échange, la cotation présente peu d’utilité pour la société qui n’a pas fait appel au marché depuis 2010", a ainsi rappelé dans sa note d’information Limagrain.
Trois raisons, de décorrélation entre le temps de la Bourse et de l’activité de Vilmorin & Cie, de faible liquidité et d’absence de projet de recours au marché, auxquelles viennent s’ajouter certaines exigences qui incombent aux entreprises cotées sur la Place parisienne. L’OPAS devrait ainsi permettre à la société de se soustraire "aux contraintes inhérentes à la cotation sur un marché réglementé (notamment lourdeur administrative, responsabilité accrue pour les dirigeants, coûts significatifs)", a argumenté Limagrain.
Des contraintes inhérentes à une cotation parisienne exigeante, qui incluent notamment la diffusion de certaines informations stratégiques. Et les concurrents les plus directs de Vilmorin & Cie (comme Bayer-Monsanto, coté à Francfort ou Syngenta-ChemChina) n’y sont pas forcément soumis.
Un prix honorable
Autant de raisons qui auront donc poussé Limagrain à retirer Vilmorin & Cie de la cote et, qui est plus est, à un tarif avantageux pour les actionnaires. Le prix retenu de 62,60 euros par action offre ainsi une prime de 45,4 % par rapport au dernier cours préalablement à l’annonce de l’opération et de 36,7 % par rapport à la moyenne des cours des 60 derniers jours de Bourse.
"Cette opération offre indéniablement une porte de sortie pour l’actionnaire alors que la valorisation était manifestement modérée […] affichant une décote de 40 % contre les ratios historiques et de 42 % contre les principaux comparables", souligne ainsi Oddo BHF, qui conseillait par ailleurs aux actionnaires d’apporter leurs titres à l’opération. Cela aura notamment été le cas de Bpifrance Participations, principal actionnaire après Limagrain et qui détenait 5,71 % du capital de Vilmorin & Cie, comme précisé dans la note d’information préalable au lancement de l’OPAS.
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