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L’OPAS sur Believe s’ouvre finalement / Le consortium détient déjà plus de 80 % du capital
Il aura fallu plusieurs mois pour que la machine se mette en marche. Voici le moment arrivé. Le consortium d’investisseurs, composé du président et fondateur de Believe Denis Ladegaillerie et des fonds EQT et TCV, a reçu jeudi l’approbation de l’Autorité des marchés financiers (AMF) quant à l’offre publique d’achat simplifiée (OPAS) qu’il a déposé sur l’intégralité des titres en circulalation du spécialiste des services numériques de distribution musicale qu’il ne détient pas. Elle a été ouverte ce lundi et se clôturera le 21 juin prochain.
Une OPAS annoncée en février dernier, à un prix de 15 euros par action et au terme de laquelle le consortium ne sollicitera pas de retrait obligatoire de la cote, qui a été déposée à l’AMF à la suite de la réception de l’avis favorable et motivé du conseil d’administration de Believe à son sujet. Car ce dernier a estimé qu’elle apparaissait dans l’intérêt de la société, de ses actionnaires et de ses salariés. Si son prix avait soulevé des interrogations, puisque l’entreprise s’était introduite sur Euronext Paris au prix de 19,5 euros en 2021, il fait ressortir une prime de 21 % par rapport au cours de clôture ayant précédé l’annonce de l’offre en février dernier. Et de 52 % par rapport aux cours de clôture moyens, pondérés par les volumes quotidiens, des 120 jours de Bourse ayant aussi précédé cette date.
Acquisition du bloc majoritaire déjà réalisée
Lorsqu’il a déposé sa demande à l’AMF, le consortium avait déjà obtenu les autorisations réglementaires pour acquérir 72 % du capital de l’entreprise, du fait d’accords signés avec des actionnaires vendeurs (TCV Luxco BD, XAnge, Ventech et Denis Ladegaillerie lui-même, qui a aussi apporté ses titres à l’opération).
Et depuis l’acquisition de ce bloc majoritaire, le consortium a continué à renforcer sa position au capital de Believe : il en détient désormais plus de 80 %. Le Fonds Stratégique de Participations (FSP), un véhicule réunissant les grands assureurs français, a notamment vendu sa participation de 3,6 %.
L’administratrice indépendante qui représentait le FSP chez Believe siégeait d’ailleurs au sein de son comité ad hoc. Il avait été chargé de suivre et de faciliter le travail de l’expert indépendant au sujet de l’offre et de préparer un avis motivé sur les conditions de cette dernière.
Toujours les mêmes objectifs
Un comité qui aura été actif au fil des rebondissements ayant marqué ce dossier. Il avait notamment décidé de saisir l’AMF afin de solliciter son point de vue quant à la décision du consortium de renoncer à l’avis du conseil d’administration sur son offre, après la marque d’intérêt pour Believe dévoilée par Warner Music Group. Le gendarme boursier avait retoqué cette décision. Et l’avis du conseil d’administration aura finalement été rendu, issue favorable pour le consortium à la clé. De fait, il avait fait savoir en amont du verdict qu’il ne solliciterait plus de retrait obligatoire de la cote, alors que le sujet avait inquiété les actionnaires souhaitant rester à son capital. Le consortium avait d’ailleurs décidé de déposer un appel contre cette décision de l’AMF, considérant qu’il n’avait pas enfreint la réglementation boursière et que ses décisions avaient été prises en conformité. L’appel n’est cependant plus à l’ordre du jour.
Si Believe restera finalement à la Bourse de Paris, pour le consortium, les objectifs de l’OPAS restent les mêmes qu’au départ : apporter de la liquidité aux actionnaires de l’entreprise qui souhaiteraient réaliser leur investissement et permettre à la société d’avoir un nouvel actionnaire de référence, avec des capacités de financements suffisantes pour l’accompagner dans la phase de consolidation qui s’annonce dans son secteur. "Le lancement de cette offre constitue une nouvelle étape majeure de l’opération que nous avons initiée avec le consortium pour faire de Believe la référence mondiale de la musique indépendante en lui donnant tous les moyens de saisir les opportunités de croissance qui se présentent grâce à la digitalisation du marché de la musique", s’est d’ailleurs félicité Denis Ladegaillerie.
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