Macro-économie / Taux / taux d'intérêt / Fed / Etats-Unis / Inflation / Banque centrale américaine
Macro-économie / Taux
taux d'intérêt / Fed / Etats-Unis / Inflation / Banque centrale américaine
Taux d’intérêt : Jerome Powell ne ferme pas la porte à une nouvelle hausse / Il passera l’été le nez dans les données
Les taux d’intérêt directeurs ont-ils atteint leur pic chez l’Oncle Sam ? La Réserve fédérale américaine (Fed) ne dit rien de tel. À l’automne, l’institution de Washington pourrait de nouveau augmenter son taux d’intérêt directeur qui s’établit aujourd’hui dans une fourchette comprise entre 5,25 % et 5,50 %.
"Pour déterminer l’ampleur du raffermissement supplémentaire de la politique monétaire qui pourrait être nécessaire pour ramener l’inflation à 2 % à terme, le comité tiendra compte du resserrement cumulatif de la politique monétaire, des délais avec lesquels la politique monétaire affecte l’activité économique et l’inflation", a déclaré Jerome Powell, président de la Fed, à l’occasion de sa conférence de presse. Pour mémoire, le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Banque centrale américaine a augmenté le taux d’intérêt directeur de 525 points de base depuis mars 2022.
Dépendance aux données
Les grands argentiers examineront également de près les données économiques qui vont être publiées dans les semaines à venir étant, comme de nombreuses Banques centrales dans le monde, dépendants des données. "Je pense que nous aurons un rapport sur l’indice de coût de l’emploi [employment cost index, l’indicateur le plus fiable dont dispose la Fed pour analyser l’évolution des coûts salariaux, ndlr] dans le courant de la semaine, ainsi que de nombreuses données sur l’activité économique ", a mentionné Jerome Powell.
Plusieurs données concernant l’inflation et le marché du travail seront connues avant que le FOMC ne tienne sa prochaine réunion les 28 et 29 septembre, sans compter l’enquête très suivie sur la distribution des prêts bancaires conduite par la Fed (Senior Loan Officer Opinion Survey on Bank Lending Practices) qui nous informe sur la dynamique des conditions de crédits fixées par les institutions financières et la demande à laquelle elles font face de la part des entreprises.
"Toutes ces informations vont éclairer notre décision lors de cette réunion. Je dirais qu’il est tout à fait possible que nous levions à nouveau les taux d’intérêt lors de la réunion de septembre si les données le justifient et je dirais également qu’il est possible que nous choisissions de maintenir le statu quo lors de cette réunion", a-t-il expliqué.
À ceux qui lui disent que les données ont montré des signaux rassurants depuis la dernière réunion du FOMC du 13 et 14 juin, Jerome Powell rétorque qu’ils sont "globalement conformes aux attentes". Il ajoute que "l’activité économique est restée solide. La création d’emplois est restée forte tout en se ralentissant un peu, et le rapport sur l’indice des prix à la consommation de juin a été un peu meilleur que prévu, pour une fois [l’inflation sous-jacente s’est affichée à 4,8 % sur un an en juin quand le consensus attendait 5 %, ndlr]".
À noter que si d’ici septembre, les données apparaissent cohérentes avec le scénario de la Fed, il est probable qu’une nouvelle hausse de taux d’intérêt ait lieu. En effet, lorsque furent communiquées les dots mi-juin (trajectoire future du taux directeur que chaque participant au FOMC juge la plus susceptible de favoriser l’atteinte des objectifs en matière d’emploi et d’inflation), l’on pouvait constater que douze des dix-huit membres du FOMC s’attendaient à ce que le taux d’intérêt directeur atteigne au moins la fourchette comprise entre 5,50 % et 5,75 % à la fin de cette année.
Les marchés à terme estiment à 28,4 % la probabilité que les taux d’intérêt s’établissent au minimum dans cette fourchette en décembre 2023, peut-on calculer grâce à CME FedWatch Tool.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

