Start-up / Private Equity / Start-up / Private equity / Venture growth / capital-risque / Bourse / Valorisation / Tours de table
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Les start-ups en phase d’amorçage sont plus résilientes que leurs aînées / Une moindre exposition aux marchés d'actions qui offre plus de flexibilité
Il était déjà connu que les valorisations des licornes, ces start-ups évaluées à plus d’un milliard de dollars, se trouvaient dans le viseur des investisseurs depuis quelque temps. Le premier semestre de l’année 2023 désormais écoulé, il est possible de tirer quelques conclusions des premières données récoltées.
Et force est de constater que le secteur du venture growth (catégorisé par le fournisseur de données comme incluant des sociétés d’innovation ayant prouvé au moins sept ans d’existence ou ayant réalisé six tours de table) est plus à la peine que les autres classes des jeunes pousses depuis le début de l’année : "Le segment du venture growth - et donc les licornes - a connu certaines des corrections les plus importantes des valorisations au sein de l’écosystème du capital-risque", pointe en effet le dernier rapport de PitchBook publié à ce sujet.
De fait, au titre du premier semestre 2023 et en Europe, les valorisations médianes de ces sociétés ont diminué de 18,5 % par rapport aux médianes de l’année entière en 2022. De même, la valeur des transactions est quant à elle ressortie inférieure de 16,7 % en comparaison aux moyennes précédentes.
A contre-courant
A l’inverse, les valorisations et transactions des start-ups en phase d’amorçage (dites angels ou seeds selon la classification de PitchBook) se sont quant à elles montrées résilientes. En termes de valeurs médianes, "ces étapes ont affiché des tendances positives au cours du premier semestre 2023, ce qui témoigne de la nature relativement isolée de l’activité aux premières étapes par rapport à celle des dernières", commente PitchBook.
Les valeurs médianes des opérations financées par des business angels (les investisseurs qui entrent au capital d’entreprises à titre individuel) ou concernant plus généralement des start-ups en phase d’amorçage ont d’ailleurs dépassé, au premier semestre, les chiffres de 2022 sur l’ensemble de l’année. Celles-ci ont de plus enregistré la plus forte des hausses du secteur du capital-risque, à hauteur de près de 29 %.
Des chiffres qui peuvent interroger, alors que la tendance en matière d’investissement depuis le début de l’année 2023 se voulait plutôt à contre-courant de ces résultats. Soit de revenir à des fondamentaux plus financiers pour investir et de se concentrer sur des entreprises innovantes, certes, mais ayant fait preuve d’une certaine rentabilité ou pouvant prouver leur solvabilité. Deux critères plus faciles à atteindre lorsqu’il est possible de témoigner de plusieurs exercices d’existence ou de la confiance de ses investisseurs au fil des tours de table.
Plus risquées, mais moins exposées
Seulement, voilà : ces entreprises en venture growth sont en fait davantage exposées aux aléas macroéconomiques qui refroidissent les investisseurs. "Dans l’ensemble, les tours de table de business angels et d’amorçage sont les plus éloignés des marchés publics, puisque ces entreprises sont les plus espacées de la maturité et de la sortie", relève PitchBook. De même, souligne le fournisseur de données, la plus forte tendance à accepter le risque des business angels ou des investisseurs spécialisés dans les entreprises en phase d’amorçage tend à être décorrélée à une faiblesse temporaire des marchés, puisque les rendements sont en effet liés à des horizons de long terme.
Pour les entreprises venture growth, la logique est inversée. L’étape suivante de leur financement étant plus probablement à rechercher du côté des introductions en Bourse, "compte tenu du montant des capitaux nécessaires et de la volonté des investisseurs d’investir dans des entreprises matures", souligne PitchBook. Et si ces sociétés ont connu l’afflux le plus important, en 2021, alors que les valorisations en Bourse étaient maximales, elles ont de ce fait aussi subi le recul ultérieur de l’engagement des investisseurs. De plus, les sociétés venture growth sont les plus susceptibles d’avoir les opérations ou les bases de coût les plus importantes. "Les équipes de direction devront réduire les coûts opérationnels afin d’étendre les pistes de trésorerie ou accepter des valorisations plus faibles si elles recherchent d’autres options de sorties, telles que l’acquisition", poursuit PitchBook. Car si les marchés de cotation en Bourse ne reprennent pas de dynamisme, les investisseurs privés pourraient ne pas souhaiter allouer des fonds à des stratégies avancées, des rendements à court terme étant moins envisageables. Avec à la clé, un cercle vicieux qui se poursuivrait. Des valorisations peu attrayantes sur les marchés actions pénaliserait en effet l’appétit des licornes pour envisager une sortie par la cotation.
Mais si les sociétés en phase d’amorçage semblent donc pour l’instant rester plus épargnées que leurs pairs du secteur du capital-risque par le contexte macroéconomique, le rapport soulève néanmoins une nuance. D’une part, les changements de valorisation peuvent prendre plusieurs trimestres à se répercuter dans les premiers étages de l’écosystème du capital-risque. "Cela signifie que tout recalibrage de la valeur des transactions basé sur des taux de croissance plus faibles et moins de capital disponible pourrait encore avoir un impact, mais les effets seraient retardés", commente ainsi le rapport.
Au fil du temps
D’autre part, le temps passant pourrait aussi aider à y voir plus clair en ce qui concerne les valorisations de (toutes) les entreprises du capital-risque. De fait, explique PitchBook, plus la crise avancera, plus les sociétés seront obligées d’obtenir des capitaux et d’annoncer des décotes. Le paysage des tours de financement, sur la base d’une valorisation inférieure à la précédente, en deviendra d’autant plus précis.
Et puisque les investisseurs ou start-ups ne sont pas tenus de divulguer les valorisations lors des tours de table, la proportion des décotes pourrait encore être sous-évaluée. "Les suggestions selon lesquelles les start-ups géraient discrètement leurs valorisations dans le contexte du ralentissement actuel semblent de plus en plus vraies. L’un des participants à VivaTech a indiqué que les données reflétant avec précision la dynamique de valorisation actuellement en jeu pourraient ne pas être disponibles avant deux ans. Malgré cela, d’après nos données, nous constatons clairement une augmentation notable de la proportion des décotes", observe ainsi le rapport.
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