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Publications, Résultats / Eiffage / construction / concessions / résultats semestriels

Publications, Résultats
Eiffage / construction / concessions / résultats semestriels

Eiffage fait grimper ses bénéfices et produit son effet hors de France / Des réalités parfois contrastées entre les différents métiers

Le spécialiste des constructions et des concessions a signé un premier semestre placé sous le signe de la progression de ses indicateurs. Les objectifs annuels ont été confirmés, mais la conjoncture a provoqué des disparités de performance entre certains métiers d’Eiffage.
Viaduc de Millau (Photo by Patrice THEBAULT / ONLY FRANCE / Only France via AFP)
Viaduc de Millau (Photo by Patrice THEBAULT / ONLY FRANCE / Only France via AFP)

Les solides résultats semestriels d’Eiffage, publiés mercredi après Bourse, se sont soldés par une réaction mitigée sur les marchés ce jeudi à l’ouverture de la séance. Le titre du groupe spécialisé dans la construction et les concessions a, en effet, reculé d’un peu plus de 2 % dans la matinée.

Eiffage a pourtant fait état d’indicateurs en progression au titre des six premiers mois de l’exercice 2023. Le chiffre d’affaires du groupe a atteint 10,43 milliards d’euros sur la période, en hausse de 9 % sur un an à périmètre et taux de change constants. Sa marge opérationnelle est quant à elle restée stable, à 9,7 % contre 9,8 % un an auparavant, tandis que ses bénéfices nets, part du groupe, ont progressé de près de 11 % à 392 millions d’euros.

L’activité Travaux a porté la croissance semestrielle du chiffre d’affaires grâce à des facturations s’élevant à 8,68 milliards d’euros. Elles se sont ainsi appréciées de 8,8 % en organique par rapport au premier semestre de 2022. La rentabilité de l’activité a elle aussi progressé, passant de 1,7 % à 2,1 % sur un an.

 

Grâce à la transition écologique

 

Et dans la lignée du premier trimestre, la branche Energies Systèmes de l’activité Travaux a poursuivi sa montée en puissance"Portée par la transition écologique et digitale", indique le groupe, la branche d’Eiffage qui conçoit, installe et exploite des centrales d’énergies renouvelables a vu son volume d’affaires réaliser une progression de près de 11 % à périmètre et change constants, à 2,83 milliards d’euros.

Du côté de la branche Infrastructures, la progression du chiffre d’affaires reste comparable, en hausse de 9,2 % en organique à 3,64 milliards d’euros, malgré de fortes disparités en France en fonction des métiers. Le Génie Civil accuse par exemple un net recul de 14,8 %, du fait d’une "moindre contribution des projets du Grand Paris Express et à l’achèvement des travaux de l’A79 en 2022", a justifié Eiffage. A l’inverse, le métier Métal a quant à lui bondi de près de près 46 %. La forte progression de l’éolien offshore lui a, de fait, fortement profité.

Enfin, la branche Construction de l’activité Travaux présente elle aussi des réalités contrastées en son sein. Si au total, son chiffre d’affaires s’est accru de 6,1 % en organique à 2,20 milliards d’euros, le pôle Immobilier continue, comme sur les trois premiers mois de l’année, à subir la chute du marché des logements neufs. Les facturations du pôle s’affichent ainsi en baisse de 16 % sur un an et la commercialisation de logements s’établit, au titre des six premiers mois de l’exercice 2023, à 710 unités contre 1 519 un an auparavant.

 

Le vent en poupe en Europe

 

A noter, par ailleurs, que l’activité Travaux qui englobe ces trois branches a rencontré un succès grandissant en Europe. Mais en dehors de la France. Alors que le chiffre d’affaires a progressé de 7,2 % dans l’Hexagone (même s’il recouvre tout de même la majorité du chiffre d’affaires, à 5,61 milliards sur 8,68 milliards d’euros), la dynamique a été bien plus soutenue sur le reste du Vieux continent. La hausse s’y affiche à 22,4 %.

Il reste l’activité de Concessions, qui bénéficie toujours du retour des voyageurs après la pandémie. Si le trafic des aéroports de Lille et Toulouse reste toujours inférieur de 19,5 % par rapport au premier semestre de 2019, il s’est tout de même apprécié de 15 % sur un an. Sur les autoroutes, le flux d’automobilistes a lui aussi enregistré une progression. Ainsi, au total, le chiffre d’affaires des Concessions s’est fixé à 1,76 milliard d’euros, en hausse de 9,7 % à périmètre et taux de change constants.

Et alors que le cash-flow libre s’affichait proche de zéro aux premiers semestres de 2021 et 2022, le groupe présidé par Benoît de Ruffray a dégagé 276 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année. "Ce qui constitue une bonne performance au regard de la saisonnalité des Travaux. [Cette hausse] s’explique par [celle] de l’Ebitda (+173 millions d’euros), [par] la maîtrise du besoin en fonds de roulement et [par] la diminution des investissements", a expliqué le groupe.

 

De la dette pour des acquisitions

 

Toutefois, compte tenu des acquisitions réalisées sur les douze derniers mois - Sun’R, le Viaduc de Millau mais aussi la montée au capital de Getlink - la dette nette s’est creusée de 600 millions pour atteindre 10,6 millions d’euros à la fin du premier semestre de 2023.

Des résultats de bonne facture, donc, qui n’ont pourtant pas provoqué d’enthousiasme à la Bourse de Paris. Si "dans l’ensemble, ces résultats devraient mettre en évidence le potentiel de valorisation de l’action, qu’il est difficile d’ignorer", remarquent les analystes de chez Stifel, "la stratégie conservatrice d’Eiffage et l’absence de catalyseurs propres au titre pourraient bien freiner l’action, selon nous", poursuivent-ils dans une note publiée ce jeudi.

Quoi qu’il en soit, le groupe a décidé de confirmer ses perspectives annuelles à l’issue de cette publication semestrielle. Soit une augmentation de l’activité dans les Travaux, qui restera peut-être contrastée selon les métiers. Mais à la fin du premier semestre, le carnet de commandes des Travaux représentait déjà 13,4 mois d’activité, à 19,8 milliards d’euros et en progression de 10 % sur un an. Egalement, l’amélioration du chiffre d’affaires dans les Concessions a aussi été entérinée. Il devrait rester porté par la normalisation du trafic aéroportuaire.

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