Macro-économie / Taux / Etats-Unis / taux d'intérêt / Inflation / croissance
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Etats-Unis / taux d'intérêt / Inflation / croissance
Fed : une nouvelle hausse de taux d’intérêt probable d’ici la fin de l’année / Et la résistance de l’économie américaine impliquerait des taux restrictifs jusqu’en 2026 au moins
Le dernier trimestre 2023 devrait voir la Réserve fédérale américaine (Fed) augmenter son taux d’intérêt directeur encore une fois. Si son Comité de politique monétaire (FOMC) n’a pas souhaité mener de hausse de taux à l’issue de ses réunions de mardi et mercredi, il a fait savoir qu’il s’attendait à une autre augmentation d’ici la fin de l’année (douze de ses dix-neuf membres y sont favorables). Cela porterait son niveau entre 5,50 % et 5,75 %.
"Pour déterminer l’ampleur du raffermissement supplémentaire de la politique monétaire qui pourrait être nécessaire pour ramener l’inflation à 2 % à terme, le Comité tiendra compte du resserrement cumulatif de la politique monétaire, des délais avec lesquels la politique monétaire affecte l’activité économique et l’inflation, ainsi que de l’évolution économique et financière ", a déclaré Jerome Powell, président de la Fed, à l’occasion de sa conférence de presse.
Aux États-Unis, l’inflation devrait faire son retour vers son étiage cible en 2026. C’est ce qui ressort des nouvelles prévisions du FOMC. En effet, les banquiers centraux estiment que la progression annuelle de l’indice des dépenses de consommation personnelle (PCE Index) s’établira à 2 % en 2026 – la Fed vise une inflation de 2 % l’an en moyenne au cours du temps.
Une croissance qui pousse à durcir longtemps
Pour ce faire, le FOMC juge que l’évolution du taux d’intérêt directeur sera bien moins baissière qu’escompté durant les prochaines années. Les dots (trajectoire future du taux directeur que chaque participant au FOMC juge la plus susceptible de favoriser l’atteinte des objectifs en matière d’emploi et d’inflation) publiés montrent que le taux directeur devrait s’afficher à 5,1 % fin 2024, 3,9 % fin 2025 et 2,9 % fin 2026, contre respectivement 4,6 % et 3,4 % auparavant. Les marchés obligataires ont peu goûté à cette information, envoyant les rendements à dix ans des obligations d'Etat américaines à 4,42 %, un sommet depuis novembre 2007.
Compte tenu du fait que le taux d’intérêt nominal neutre (le taux au-delà duquel la politique monétaire freine l’activité économique) est estimé aux alentours de 2,5 %, cela signifie que la Fed continuera de mener une politique monétaire restrictive dans plus de trois ans.
Il faut dire que les membres du FOMC ont fortement révisé à la hausse leurs prévisions de croissance. Selon eux, cette dernière atteindra 2,1 % en 2023, 1,5 % en 2024, 1,8 % en 2025 et 1,8 % en 2026 (ces deux derniers chiffres correspondent à la croissance potentielle américaine en volume) contre respectivement 1 %, 1,1 % et 1,8 % précédemment. "Une activité économique plus forte signifie que nous devons en faire davantage sur le terrain des taux d'intérêt. C'est ce que l'on peut conclure de la réunion que nous venons de tenir", a expliqué Jerome Powell.
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