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Sur les marchés / Israël / Hamas / Marchés financiers / défense / pétrole

Sur les marchés
Israël / Hamas / Marchés financiers / défense / pétrole

Les marchés reculent face à l’attaque du Hamas contre Israël / Une poussée du risque géopolitique aux conséquences multiples

Les marchés financiers se retrouvent confrontés à de nouveaux risques géopolitiques après l’attaque surprise du Hamas. Avec comme premières conséquences une hausse de la volatilité et des cours du pétrole. Un regain de tension qui favorise aussi les actifs refuges tels que l’or et les emprunts d’Etat. En Bourse, si les valeurs pétrolières montent logiquement, les valeurs de défense sont également très recherchées.
L'attaque contre Israël met les Bourses sous pression - AFP
L'attaque contre Israël met les Bourses sous pression - AFP

Risque géopolitique et volatilité vont souvent de pair. Déjà fragilisés par les craintes d’une nouvelle hausse de taux de la Réserve fédérale américaine, les marchés financiers doivent faire face cette semaine aux craintes entourant les conséquences de l’attaque du Hamas contre Israël survenue samedi, qui a fait au moins 700 morts et plus de 2 150 blessés côté israélien, selon un dernier bilan, qui ne cesse de s’alourdir. Cette soudaine poussée de violence au Proche-Orient a ainsi provoqué un fort rebond des indices de volatilité de part et d’autre de l’Atlantique : le VIX américain basé sur des options sur le S & P 500 prend 10 % quand son équivalent européen, le VSTOXX, s’est envolé de 12 % en début de matinée, avant de ramener sa hausse à 6 % à présent.

Ce regain de volatilité témoigne de l’effet de surprise. Si les marchés côtoient depuis 19 mois le risque géopolitique lié à la guerre en Ukraine dont ils ont eu le temps d’évaluer les répercussions, ils doivent maintenant essayer de comprendre les implications de l’attaque transfrontalière la plus grave contre Israël depuis des décennies, survenue tôt samedi matin. "Il y a 50 ans, la guerre du Kippour avait commencé après une attaque surprise contre Israël, d’où certains parallèles", relève Jim Reid, stratégiste de Deutsche Bank. "La façon dont l’Arabie saoudite, l’Iran et les États-Unis seront entraînés dans ce conflit sera déterminante ", ajoute-t-il. Les jours à venir pourraient ainsi aider à y voir plus clair, en particulier sur la durée du conflit.

En attendant, à court terme, les prix du pétrole montent. Le contrat de décembre sur le Brent de mer du Nord a bondi jusqu’à 89 dollars dans la nuit avant de ralentir sa progression, gagnant 2,83 dollars, soit 3,5 %, à 87,27 dollars. Le contrat de novembre sur le brut léger doux (WTI) coté au Nymex avance lui de plus de 3 dollars et de 3,8 %, à 85,90 dollars le baril. L’or gagne du terrain également, en hausse de 1 % à 1849 dollars l’once.

 

Les secteurs de la défense et du pétrole recherchés

 

En Bourse, les valeurs du secteur pétrolier figurent logiquement parmi les plus en vues lundi en Europe. A Paris, les parapétrolières CGG et Vallourec s’adjugent 3,5 % et 3 % respectivement, tandis que TotalEnergies monte de 1,7 %. BP gagne 2,8 % à Londres, Shell prend 2,6 % à Amsterdam, Eni avance de 2 % à Milan, et Repsol gagne 2 % à Madrid. Autre secteur très recherché, les valeurs de la défense. Il n’est pas surprenant de retrouver Thales et Dassault Aviation en tête du SBF 120 avec des hausses d’environ 3,8 % chacun. Même réaction à Francfort avec la progression de 4,6 % de Rheinmetall, ainsi qu’à Milan ou le groupe industriel de défense Leonardo prend 4,7 %. " On note également une petite progression des titres du secteur des services aux collectivités ainsi qu’une petite progression des valeurs de la santé qui font régulièrement office de valeurs refuges lors des stress de marché ", observe de son côté Alexandre Baradez, le responsable de l’analyse marchés chez IG France.

Dans le même temps, par symétrie, les actions des compagnies aériennes européennes chutent. Comme le soulignent les analystes d’AlphaValue, le secteur "pourrait souffrir de la hausse des prix du carburant due à la guerre". Ainsi, tandis qu’Air France-KLM perd 3,8 % à Paris, la société mère de British Airways, International Consolidated Airlines Group, abandonne près de 5 % à Londres, Ryanair Holdings cède 2,2 % et Deutsche Lufthansa recule de 1 % à Francfort.

Dans l’ensemble, les Bourses européennes évoluent en baisse lundi en début d’après-midi. Vers 15h, l’indice Stoxx Europe 600 perdait 0,3 %, le CAC 40 cédait 0,6 % à Paris et le DAX 40 abandonnait 0,8 % à Francfort. La forte représentation du secteur pétrolier au sein de l’indice britannique FTSE 100 lui permettait en revanche de progresser de 0,1 % à Londres. De son côté, Wall Street se dirige vers une ouverture dans le rouge. Le contrat à terme sur l’indice S & P 500 perd 0,7 %, celui sur le Dow Jones recule de 0,5 % tandis que le contrat sur le Nasdaq 100 abandonne 0,8 %.

En Israël, l’indice TA-35 de la Bourse de Tel-Aviv, qui a perdu 6,5 % dimanche, se stabilisait lundi à la mi-journée, alors que le shekel, la monnaie israélienne, se dépréciait nettement lundi par rapport au dollar, reculant de 1,7 % face au billet vert, à son niveau le plus bas depuis sept ans. La banque centrale d’Israël a annoncé lundi qu’elle comptait vendre jusqu’à 30 milliards de dollars de devises étrangères afin de stabiliser la monnaie du pays. Dans les autres pays du Moyen-Orient, le Tadawul All Share Index d’Arabie Saoudite se stabilisait lundi après avoir abandonné 1,6 % dimanche et l’indice EGX 30 égyptien regagnait 0,3 % au lendemain d’une chute de 2,6 %.

 

Détente des taux obligataires

 

La quête des valeurs refuges profite par ailleurs aux obligations d’Etat de la zone euro. Le rendement du Bund allemand à dix ans, qui avait brièvement dépassé les 3 % la semaine dernière pour la première fois depuis la mi-2011, perd 1,8 points de base, à 2,873 % après avoir cédé jusqu’à 5 points de base en début de journée. Le rendement de l’OAT 10 ans abandonne lui 1,6 points de base, à 3,465 %, après avoir débuté la journée à 3,42 %. Les implications pour le dollar et les rendements du Trésor américain sont, elles, " plus complexes", remarque UBS. "L’aggravation du conflit peut constituer une menace macroéconomique, mais aussi un risque inflationniste si l’offre régionale de pétrole est affectée", prévient la banque suisse. Le risque étant que la Fed doive continuer à augmenter ses taux, en particulier si l’Iran venait à cesser ses exportations de pétrole.

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