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Ampere sur orbite / Mais l’introduction en Bourse divise
"Lever des fonds au niveau d’Ampere constitue le meilleur moyen d’accélérer son développement, et en fin de compte, sa génération de liquidités sans faire appel aux ressources du groupe". Si limpide qu’il soit, l’argumentaire de Thierry Piéton, le directeur financier de Renault, s’exprimant mercredi lors du Capital Markets Day spécialement dédié à la nouvelle entité dédiée aux véhicules électriques et aux logiciels du groupe, n’a pas totalement clos le débat sur l’utilité d’introduire en Bourse la nouvelle entité.
Il est probable que le sujet, qui a concentré de nombreuses questions d’analystes lors de la présentation, continue à diviser un certain temps. Alors que Renault a déjà entièrement financé avec ses ressources propres la première phase de la création d’Ampere, convaincre les investisseurs du bien-fondé de l’IPO constitue "la partie la plus difficile" pour la direction, soulignent les analystes de Stifel. D’autant que, " la future structure du groupe Renault ne devrait pas non plus améliorer sa décote conglomérale actuelle", remarquent de leur côté ceux d’UBS. La banque suisse évalue d’ailleurs Ampere entre 3 et 4 milliards d’euros, beaucoup moins que les 8 à 10 milliards d’euros évoqué en septembre au Financial Times par Luca de Meo, le patron de Renault et d’Ampere.
Si l’opération de mise en Bourse a lieu, elle est toujours envisagée au premier semestre 2024. Mais dans le cas où les conditions de marché seraient trop défavorables, le constructeur automobile n’est pas inquiet. "Comme vous le savez, le groupe Renault génère désormais plus de cash que jamais. Cela nous donne une grande flexibilité en ce qui concerne le calendrier et les conditions du marché ", a rappelé Thierry Piéton, soulignant qu’il n’était pas dans l’intention du groupe de faire cette IPO "à n’importe quel prix".
Equilibre opérationnel en 2025
Pour le reste, tandis que le détourage de Renault a été réalisé avec succès le 1er novembre, les objectifs d’Ampere ont été globalement confirmés par rapport aux indications données il y a un an. Sur le plan commercial, l’entité compte toujours vendre environ 1 million de véhicules électriques en 2031, soit une part de marché d’environ 10% avec une gamme de sept modèles, dont une petite voiture électrique d’entrée de gamme à moins de 20 000 euros, baptisée "Legend", annoncée mercredi. De 2,8 milliards d’euros en 2023, le chiffre d’affaires de la filiale passerait à plus de 10 milliards d'euros en 2025, puis à plus de 25 milliards d'euros dans huit ans.
En parallèle, Ampere mise toujours sur un équilibre en termes de marge opérationnelle et de cash-flow en 2025, puis sur une progression vers une marge opérationnelle de plus de 10% d’ici 2031. "Une performance qui le distinguerait de la grande majorité des nouveaux entrants dont la rentabilité est toujours attendu négative et la consommation de cash significative sur les prochaines années", observe le bureau Oddo BHF.
La feuille de route n’est toutefois pas dénuée d’obstacles notamment liés à la concurrence, alors que Tesla et le chinois BYD veulent augmenter leurs ventes européennes de 2,5 millions d'unités d'ici 2030, à comparer à une taille globale du marché qui est actuellement de 15 millions d'unités. "Nous ne pensons pas que le marché dans son ensemble soit susceptible de connaître une telle expansion", prévient UBS, pour qui les objectifs financiers d’Ampere sont ainsi soumis à un risque non négligeable.
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