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Macro-économie / Taux / BCE / stabilité financière

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BCE / stabilité financière

La BCE pointe un risque de correction désordonnée sur les actions / Les investisseurs seraient trop optimistes

Dans son rapport sur la stabilité financière, l’institution de Francfort suggère que les investisseurs pourraient surévaluer, entre autres, la capacité d’absorption par l’économie mondiale du durcissement des conditions financières.
Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne - Valeria Mongelli / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne - Valeria Mongelli / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les comportements de certains segments des marchés financiers suscitent la circonspection au sein de la Banque centrale européenne (BCE). Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière, l’institution de Francfort pointe les anticipations des investisseurs sur les marchés actions à propos de la croissance économique. “Actuellement, les faibles niveaux affichés par les indicateurs de risque suggèrent que les investisseurs s’attendent à ce que l’économie connaisse un atterrissage en douceur, ce qui signifie que l’inflation se rapprochera des objectifs des Banque centrales sans s’accompagner d’une récession”, explique l’institut d’émission.

Or, “les données historiques indiquent qu’un scénario bénin de ce type est difficile (mais pas impossible) à réaliser dans la pratique, notamment en raison de l’ampleur des augmentations de taux sur une courte période”, avancent les économistes de la BCE. Pour mémoire, cette dernière a augmenté de 450 points de base ses taux d’intérêt directeurs entre juillet 2022 et septembre 2023 quand, pour ne parler que d’elle, la Réserve fédérale américaine (Fed) les a augmentés de 525 points de base en l’espace de dix-sept mois pour terrasser l’inflation.

Dans le détail, alors que les effets du resserrement de la politique monétaire se répercutent sur l’ensemble de l’économie, les prévisions économiques et plusieurs indicateurs avancés de l’activité économique font état d’une détérioration notable des perspectives de croissance pour la zone euro, affirme la Banque centrale. Or, les primes de risque du marché action n’ont pas bougé. “Historiquement, la perspective d’une contraction économique a généralement conduit à un élargissement substantiel des primes de risque, les acteurs du marché exigeant une compensation plus élevée pour la prise de risques dans un environnement où l’on s’attend à une baisse des bénéfices des entreprises et à une augmentation des taux de défaillance”, soutient le rapport.

Dans le cas des États-Unis, Alan Blinder, ancien vice-président de la Fed dans les années 1990, a récemment analysé plusieurs épisodes de resserrement monétaire depuis l’été 1965. L’une des interprétations possibles qui en ressort est qu’un atterrissage en douceur (défini comme une baisse du Produit intérieur brut de moins de 1 % ou l’absence de récession) s’est produit dans un tiers des cas.

De son côté, la Banque des règlements internationaux (BRI) a publié un article où sont passés au crible 70 épisodes de durcissement monétaire au sein de 19 économies avancées et émergentes entre 1980 et 2019 : près de 40 % d’entre eux se sont terminés par un atterrissage en douceur. La bonne nouvelle est toutefois que les cycles de resserrement menés sur une courte période tendent à être suivis plus fréquemment d’atterrissages en douceur, d’après ces recherches de la BRI.

Il n’en demeure pas moins que selon la BCE, des risques importants pèsent sur les prix actuels du marché. Tant dans la zone euro qu’aux États-Unis, la volatilité du marché et les primes de risque ont eu tendance à augmenter après la fin du cycle de resserrement, bien qu’avec des délais différents. “La sous-estimation potentielle du risque par les participants au marché pourrait donc conduire à une correction désordonnée en cas de mauvaises surprises économiques ou de retournement du sentiment du marché”, estime la BCE.

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