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or noir; baril; Moscou

Macro-économie / Taux / pétrole / Opep+ / capacité de production / Marchés

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L’Opep persiste à réduire volontairement sa production / Le cartel pétrolier clame agir pour la stabilité des marchés

L’Organisation des pays producteurs de pétrole et ses alliés ne comptent pas abandonner leurs efforts visant à soutenir les prix du pétrole. Sa réunion à distance de cette semaine l’a vu annoncer d’une baisse supplémentaire de sa production. Cette fois-ci, c’est 1 million de barils en moins qui seront produits, s’ajoutant aux précédentes réductions volontaires qui ont été prolongées jusqu’à la fin de l’année 2024.
Organisation des pays producteurs de pétrole. JOE KLAMAR / AFP
Organisation des pays producteurs de pétrole. JOE KLAMAR / AFP

"La manière dont les autorités de l’OPEP/OPEP + ont quitté les ondes sans même lâcher un commentaire, sans parler d’une conférence de presse, en dit long sur la volonté des membres de ne pas étaler leur linge sale en public". Le constat posé par PVM Oil, entité du courtier en énergie et en matières premières TP ICAP Group, résume la façon dont les derniers tumultes autour de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep), se sont achevés. Après avoir reporté leur réunion à distance du 26 au 30 novembre, alors que les rumeurs sur des dissensions internes se faisaient pressantes, voilà que le cartel tente d’afficher son unité.

Le détail des efforts supplémentaires consentis par chacun pour soutenir le cours du baril a ainsi été communiqué : on retrouve logiquement Moscou et Riyad parmi plus gros contributeurs à l’effort avec respectivement des engagements à des diminutions supplémentaires de 500 000 barils par jour (bpj) et d’un million de bpj. Loin devant les réductions de l’Irak de 223 000 bpj et des Émirats arabes unis de 163 000 bpj.

 

Dans le marché

 

Ces annonces avaient en partie anticipé par les analystes et investisseurs. Chez Commerzbank on juge que "cela met fin aux spéculations sur l’évolution future de l’offre, et les perspectives de la demande devraient à nouveau retenir l’attention". Du côté des analystes de DNB on estime que "ce qui a été annoncé comme une mesure majeure de l’Opep + s’avère être, selon nous, un ajustement modeste de la production".

Ricardo Evangelista, analyste chez ActivTrades, fait aussi ce constat d’un marché qui a bien encaissé des coupes moins fortes qu’elles n’avaient pu être anticipées par certains. En conséquence, cela explique que le prix du baril "s’est stabilisé au début de la journée de vendredi, après les fortes oscillations de jeudi". Pour Hargreaves Lansdown, on s’inquiète des mois à venir en arguant que "l’activité économique suscite des inquiétudes, de même que le scepticisme quant à la capacité des producteurs à respecter les réductions. Une situation où l’offre excédentaire et le ralentissement économique se produisent en même temps pourrait entraîner de fortes réductions du prix de l’or noir". Les efforts du Cartel pour stabiliser le prix du pétrole se retrouveraient alors réduits à néant.

 

Le fruit de la discorde

 

L’union sacrée peine cependant à convaincre puisque comme le rappelle PVM Oil, "il apparaît que la question africaine, qui a fait couler beaucoup d’encre, demeure, car il semble que l’Angola ait écarté d’emblée toute idée de réduction de la production". Le pays africain s’étant vu accorder un objectif de production plus bas qu’en juin cela a conduit ses autorités à envoyer une note de protestation au secrétariat général de l’Opep. Les responsables angolais arguant que "notre pays est membre de (l’Opep) depuis plus de 16 ans et durant cette période, il a pleinement respecté toutes les obligations de l’Organisation, tout en participant aux efforts déployés par les pays signataires […] pour stabiliser le marché pétrolier international".

D’autres fissures menacent de lézarder un peu plus la bonne entente de l’Opep, PVM Oil parle ainsi des Émirats arabes unis qui "nourrissent depuis un certain temps déjà le désir d’augmenter leurs quotas ; il ne sert à rien d’accroître leur capacité à grands frais pour la laisser en jachère sur l’autel de l’unité de production". L’Irak pourrait de son côté céder à la tentation turque : en cas d’accord avec Erdogan ce n’est pas moins de "450 000 bpj de brut du gouvernement régional du Kurdistan" qui pourraient se retrouver sur le marché.

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