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Grand oral pour Renault, Nissan et Mitsubishi / L’alliance poursuit son bonhomme de chemin
L’alliance Renault-Nissan en tant qu’entité commune contrôlée par le constructeur français a vécu. Sa fin a été entérinée lors de l’entrée en vigueur début novembre du nouvel accord conclu entre les deux groupes. Désormais, Renault et Nissan détiennent chacun une participation croisée de 15 %, plafonnée. Un nouvel organigramme entre égaux qui a le mérite d’exister même s’il a fallu pour cela faire le deuil d’un groupe franco-japonais qui figurait sur le podium mondial de l’automobile. Nissan seul est huitième, Renault treizième, et Mitsubishi, le troisième partenaire de l’alliance (dont Nissan détient 34% du capital), est seizième. Cela impressionne beaucoup moins mais le pragmatisme est de rigueur. Les trois protagonistes, qui ont démantelé leur centrale d’achat commune il y a quelques semaines, n’ont de cesse de mettre en avant la plus grande agilité que leur confère leur nouvelle organisation.
"Cette alliance est plus flexible, ouverte, pleine d'opportunités et concrète que jamais", a ainsi affirmé mercredi le président de l'Alliance et de Renault, Jean-Dominique Senard. Celui-ci s’exprimait aux côtés de Luca De Meo, le directeur général du groupe tricolore, de Makoto Uchida, PDG de Nissan, et Takao Kato, son homologue de Mitsubishi, lors d’une conférence de presse au siège de Renault à Boulogne-Billancourt. Réunis pour une réunion du conseil de l’alliance, les quatre dirigeants se sont attachés à rassurer sur leur volonté à poursuivre leurs projets communs et à en mettre en œuvre de nouveaux. La question étant de savoir comment l’attelage nouvellement configuré va fonctionner sans une impulsion venant d’en haut, entre des équipes d’ingénierie aux visions parfois différentes.
Plateformes communes
Les partenaires étaient venus avec des arguments un petit peu plus étoffés que précédemment sur leurs projets clés. Notamment sur un point important, le fait que 60% des véhicules qu'ils produisent partagent une plateforme (châssis) commune. Or, "ce pourcentage va encore augmenter", ont-ils indiqué. Un message rassurant alors que le partage des plateformes est un élément clé des économies de coûts dans l’automobile, bien connu notamment du concurrent Stellantis et de sa myriade de marques. Un socle de l’alliance qui est donc appelé à se renforcer.
Dans le domaine de l’électrique, sujet phare pour Renault, qui a récemment dévoilé la stratégie de sa nouvelle filiale Ampere, Nissan et Mitsubishi ont confirmé leurs investissements déjà annoncés dans celle-ci de respectivement 600 et 200 millions d’euros. Il est vrai que les deux constructeurs japonais comptent beaucoup sur Ampere pour leurs propres ambitions électriques. Notamment, la nouvelle division 100% électrique de Renault va développer en Europe une voiture compacte électrique Nissan, qui remplacera la Micra, et concevra et fabriquera également un tout nouveau SUV électrique Mitsubishi.
Renforcer les synergies
Mais Nissan sera également client de Horse, l'entité de Renault dédiée aux moteurs hybrides et thermiques, et recevra "six familles de boîtes à vitesses et moteurs" et un demi-million de pièces par an. Horse fournira également "plusieurs clients industriels", dont Mitsubishi Motors. En Amérique latine, plusieurs projets communs doivent permettre de "renforcer les synergies", avec notamment un petit pick-up développé par Renault et "partagé avec Nissan". L’objectif affiché étant par ailleurs la "mutualisation" des activités électriques sur le continent.
Pêle-mêle, les trois partenaires ont aussi évoqué leurs projets de lancements de nouveaux modèles en Inde, ou leur volonté de développer une infrastructure de recharges des véhicules électriques… Des projets "bien plus importants que ceux de ces dernières années", "d'une bonne taille" et "rentables", a assuré le directeur général de Renault Luca de Meo, sans les chiffrer. L’essentiel à court terme pour le groupe français étant sans doute d’avoir pu signer la paix après la période tendue traversée, et de pouvoir afficher une ambition commune, même si elle paraît bien moins ambitieuse.
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