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Le statut retrouvé de Vivendi / Un retour au CAC 40 salué par les investisseurs
Entre deux maux, choisir le moindre. Difficile de désigner le pensionnaire du CAC 40 le plus malade entre le spécialiste des paiements électroniques Wordline et le fabricant de trains Alstom. Les deux ont connu un mois d’octobre "horribilis" marqué par des chutes abyssales de leurs cours de Bourse, ramenant leurs capitalisations boursières à des niveaux voisins très faibles autour de 4,5 milliards d’euros.
Le Conseil scientifique des indices (CSI) de l’opérateur boursier Euronext, dont la révision trimestrielle des indices sera effective le 18 décembre, a tranché en défaveur du premier, sans doute désavantagé par des volumes moyens échangés plus étroits, et une histoire moins longue avec l’indice phare, que Worldline avait intégré pour la première fois en 2020.
Pour Alstom, qui avait quitté le CAC 40 en 2016, avant d’y revenir quatre ans plus tard, le boulet n’est sans doute pas passé loin. Mais l’on pourra savoir gré au CSI d’avoir maintenu un groupe industriel emblématique au sein d’un indice phare dont le centre de gravité s’est largement déplacé vers les banques et le luxe au cours de ces dernières années. Y rester s’annonce toutefois une gageure pour Alstom qui a encore démontré récemment son incapacité chronique à maîtriser son cash-flow.
Afin de remplacer Worldline, aux prises avec la conjoncture allemande, le CSI a choisi Vivendi, pour qui cette entrée clôt une courte parenthèse de quelques mois seulement hors du CAC 40, dont le groupe de médias et de divertissement contrôlé par le groupe Bolloré était sorti le 8 juin dernier, au bénéfice du premier émetteur mondial de titres-repas Edenred. Un retour d’ailleurs salué par les investisseurs, l’action Vivendi progressant vendredi de plus de 2,5 % à la Bourse de Paris, à 8,9 euros.
Son départ de l’indice en juin dernier sanctionnait d’une certaine manière le rapetissement de l’entreprise du fait notamment de la cession en 2021 de son ex-filiale Universal Music qui représentait les deux tiers de son chiffre d’affaires. A l’inverse, le groupe dirigé par Arnaud de Puyfontaine vient de fortement renforcer son périmètre avec la récente acquisition du groupe Lagardère. L’intégration de celui-ci, consolidé dans les comptes de Vivendi à partir de fin novembre, va se traduire par une augmentation de 70 % du chiffre d’affaires. Par cette opération, Vivendi est désormais le troisième groupe mondial d’édition par la taille, dispose d’un réseau mondial de distribution dans les gares et aéroports et a mis la main sur le Journal du dimanche, Paris Match et Europe 1, trois médias nationaux d’information. De plus, afin d’accélérer le développement de sa nouvelle filiale, Vincent Bolloré a placé Maxime Saada à la vice-présidence de Lagardère.
Par ailleurs, Vivendi ne semble pas devoir être englouti dans l’immédiat par sa maison mère, le groupe Bolloré. Tandis que le groupe a retrouvé une dimension conforme à celui d’une entreprise du CAC 40, et jusqu’à preuve du contraire, le secteur des médias semble devoir rester une activité secondaire pour la famille Bolloré. Cyrille Bolloré, fils de Vincent, et qui dirige depuis quatre ans le groupe éponyme a balayé cette année les rumeurs d’OPA sur Vivendi, la question de savoir comment sera utilisé le produit de la vente de Bolloré Logistics restant posée.
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