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Une année 2023 bien décevante en matière d’introductions en Bourse / Les espoirs de reprise sont certainement balayés, du mieux à venir pour 2024 ?
Un bilan (à nouveau) bien poussif. Alors que l’année 2022 avait fait pâle figure en matière d’introductions en Bourse (IPOs), les espoirs étaient tournés vers 2023. Raté… l’exercice écoulé ne restera pas non plus dans les annales. En effet, les IPOs ont été au nombre de 1 298 au niveau mondial depuis le 1er janvier dernier, selon les données du dernier rapport du cabinet EY publié ce jeudi. Ce qui représente un recul de 8 % en volume. En tout et pour tout, ces IPOs auront représenté 123,2 milliards de dollars de fonds levés. Sur ce terrain, la baisse rencontrée de 33 % est d’autant plus significative.
Si la contraction des introductions en Bourse au titre de l’année 2023 reste à relativiser par rapport à l’année précédente (lors de laquelle le nombre d’opérations et les montants levés avaient respectivement chuté de 45 % et 61 %), la nouvelle n’en reste pas moins décevante.
Alors que la vigueur des marchés boursiers est le plus souvent associée à une accélération des IPOs, "cela n’a pas été le cas en 2023", explique l’étude d’EY. "Malgré une forte reprise du marché et un indice de volatilité faible grâce à des données économiques positives, les introductions en Bourse sont restées discrètes dans de nombreux marchés développés, à l’exception d’une brève période en septembre aux États-Unis", poursuit le rapport.
De multiples explications
De fait, plusieurs facteurs auront contribué à cela. D’une part, les gains boursiers en 2023 se sont concentrés sur les grandes valeurs technologiques, tandis que les autres composantes des marchés boursiers n’ont pas été en mesure d’égaler la dynamique des plus grandes capitalisations. De quoi détourner l’attention des investisseurs des valeurs qui n’avaient pas encore fait leurs preuves, dans un contexte économique toujours incertain.
D’autre part, le resserrement des politiques monétaires et les taux d’intérêt élevés ont réduit les liquidités et augmenté les coûts de financements. Logiquement, les investisseurs en action présentant une aversion au risque s’en sont retrouvés découragés. De même pour les entreprises qui souhaitaient s’introduire en Bourse. Il reste, évidemment, les tensions géopolitiques dont la multiplication en 2023 a poussé les investisseurs à se tourner vers des investissements plus sûrs.
Toutes les régions du monde n’ont cependant pas été logées à la même enseigne. Les Amériques ont vu leur nombre d’IPOs s’apprécier de 15 % sur un an et les montants levés de 155 %. Il faut dire que les États-Unis ont notamment accueilli d’importantes opérations, comme celle d’Arm ou de Birkenstock. En Asie-Pacifique, temps mort : les introductions en Bourse ont reculé de 18 % et les sommes de 44 %. Enfin, dans la zone Europe, Moyen-Orient, Inde et Afrique, le nombre d’IPOs a grimpé de 7 %, pour des montants levés en baisse de 39 %.
Deux fois moins d’opérations françaises
Plus particulièrement en Europe, 136 IPOs ont été recensées sur la période pour un montant de 13 milliards de dollars (au 8 novembre 2023, 54 avaient été enregistrées sur les marchés d’Euronext, contre 9 sur le London Stock Exchange et 3 pour Deutsche Börse sur les neuf premiers mois de l’année).
En France, elles auront été timides, avec deux fois moins d’opérations réalisées au 4 décembre 2023 en comparaison à l’année précédente. Au nombre de 6, les introductions en Bourse de Lepermislibre, Mon courtier énergie, Florentaise, Osmosun et Vinpai sur le compartiment Euronext Growth de l’opérateur paneuropéen, ainsi que celle de Coty sur son compartiment professionnel, auront représenté un montant total de 291,3 millions de dollars.
Chou blanc pour le compartiment A d’Euronext Paris, puisque Planisware a fait machine arrière à la dernière minute. Supposé s’introduire sur le segment réservé aux capitalisations dépassant le milliard d’euros en octobre, l’éditeur de logiciels pour entreprise avait finalement rétropédalé à la veille du début de sa cotation. Invoquant des conditions de marchés détériorées, Planisware n’a pas encore indiqué de date de report. L’introduction en Bourse de l’industriel Stif, dont le résultat de l’offre devrait être communiqué ce vendredi soir, marquera ainsi la septième (et donc certainement dernière) IPO française de l’année.
Quelques signaux encourageants
Alors, qu’attendre pour 2024 ? Le rapport d’EY se montre plutôt positif, estimant que la modération de l’inflation et des taux d’intérêt pourrait pousser les investisseurs à se laisser davantage séduire par les IPOs, en améliorant les perspectives de liquidités et de rendement. Toutefois, l’instabilité géopolitique prégnante pourrait aussi venir ternir leur confiance.
D’une manière générale, tout dépendra de l’amélioration du contexte macroéconomique : les entreprises attendront elles aussi des conditions de marché plus favorables pour éclaircir leur horizon boursier. Et l’IPO du géant chinois de la fast fashion, Shein, qui aurait - selon des informations de presse - déposé de manière confidentielle un projet d’introduction en Bourse aux États-Unis, sera bien évidemment à surveiller.
"Face à une politique monétaire qui se stabilise, les candidats à la Bourse pourraient se préparer à des fenêtres plus favorables sur l’année 2024", commente de son côté Franck Sebag, associé chez EY. En France, certaines opérations ont d’ailleurs déjà été prévues par des poids lourds de la cote parisienne. Renault envisage d’introduire son entité de véhicules électriques et de logiciels Ampere dans le courant du premier semestre et Sodexo devrait finaliser le spin-off de sa division de titres-restaurants Pluxee et réaliser son IPO en début d’année. Enfin, Sanofi choisira probablement la voie de l’introduction en Bourse, vers la fin 2024, pour rendre autonome son activité de santé grand public.
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