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Air France - KLM / CMA CGM

CMA CGM quitte le board d’Air France - KLM / Avec une coopération revue sérieusement à la baisse

Air France - KLM et CMA CGM ont mis fin à leur partenariat qui devait former un champion mondial du fret. En cause, les bâtons dans les roues mis par l’administration américaine et une dégradation des conditions du marché.
FRANCE - AIR FRANCE - ILLUSTRATION
FRANCE - AIR FRANCE - ILLUSTRATION

L’alliance que le groupe Air France - KLM avait noué au printemps 2022 avec l’armateur de porte-conteneurs CMA CGM dirigé par Rodolphe Saadé a du plomb dans l’aile. La fin annoncée mardi par les deux groupes des accords qu’ils avaient conclus il y a 19 mois ne constitue pas une bonne nouvelle. En atteste la chute de plus de 4 % du cours de Bourse d’Air France - KLM, signe d’une déception à la hauteur de l’accueil positif qui avait été réservé lors de la signature.

En combinant la capacité des appareils tout cargo d’Air France - KLM et de CMA CGM, le partenariat stratégique prévu à l’origine pour durer au moins 10 ans devait permettre de générer d’importantes synergies de revenus, que ce soit par la conception conjointe de réseaux complets d’avions-cargo ou l’amélioration de la gamme de produits et de services. Las, "un environnement réglementaire contraint sur certains marchés importants n’a pas permis à la coopération de fonctionner de manière optimale", ont indiqué les deux entreprises. Au point donc de la remettre en cause, d’entraîner le départ de Rodolphe Saadé du conseil d’administration à la fin du mois de mars également. Et de rendre possible la sortie du logisticien du capital d’Air France - KLM dès la fin février 2025. Et ce alors qu’il en était devenu le troisième actionnaire avec un engagement initial jusqu’à mi-juin 2025 et une période de conservation additionnelle expirant en 2028.

L’alliance entre les deux parties aura été la victime collatérale d’éléments hors de leur contrôle. L’ambition initiale était notamment d’opérer conjointement sur l’Atlantique Nord, les liaisons vers l’Amérique du Nord constituant la zone la plus importante pour l’activité cargo. Ce pourquoi Air France - KLM dispose d’ailleurs déjà d’une co-entreprise avec Delta et Virgin Atlantic dans ce domaine. Intégrer CMA CGM à cette joint-venture nécessitait cependant d’obtenir une immunité anti-trust du département des transports américains.

Or, explique à WanSquare une source proche du dossier, d’une part l’administration Biden a restreint l’attribution de ces immunités anti-trust. Et d’autre part, l’alliance entre Air France - KLM et CMA CGM s’est retrouvée au milieu d’un bras de fer entre la décision du gouvernement hollandais de réduire les vols de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol et la position des Etats-Unis sur ce sujet, jugeant cette réduction de capacité injuste et discriminatoire. Alors qu’elle a perdu l’accès à l’aéroport Schiphol d’Amsterdam pour l’été prochain, la compagnie américaine JetBlue Airways a ainsi explicitement demandé aux autorités américaines d’interdire à la compagnie néerlandaise KLM l’accès à l’aéroport international John F. Kennedy en guise de représailles.

A ce contexte réglementaire peu propice s’est ajoutée l’évolution moins favorable que prévu du marché du fret. L’année 2023 a été marquée par une baisse de la demande de marchandises transportées par avion pour des raisons économiques et géopolitiques. Et ce alors que les compagnies ont retrouvé progressivement leurs capacités d’avant la crise du Covid-19 : la capacité "tout cargo", mais aussi et surtout la capacité soute des vols de passagers. Air France - KLM et CMA CGM se sont ainsi retrouvés dans une situation où l’équilibre entre l’offre et la demande n’était plus favorable à la recette unitaire, réduisant in fine le potentiel de développement de la coentreprise.

La fin de leurs accords existants ne signifie pas que les deux groupes auront cessé toute coopération à compter d’avril prochain. Comme elles le soulignent, les deux entreprises restent en effet "déterminés à travailler en collaboration, afin que les clients du cargo puissent continuer à bénéficier de leurs réseaux respectifs". Mais une collaboration moins poussée, dans laquelle chacune opérera désormais de manière indépendante.

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