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Macro-économie / Taux / croissance / PIB / investissement

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Stagnation prolongée pour l’économie française / Les déboires de l’investissement n’aident pas

Le Produit intérieur brut (PIB) de l’Hexagone n’a pas progressé durant le second semestre 2023. Au cours de l’automne dernier, dans un contexte de conditions de financement restrictives, l’activité économique française a dû faire face à une contraction d’une ampleur inédite de l’investissement (hors pandémie) en près d’une décennie.
Alex Pantling / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
Alex Pantling / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Le second semestre 2023 n’aura pas été brillant pour l’économie française. Le Produit intérieur brut (PIB) de l’Hexagone a fait du surplace durant l’été puis l’automne derniers, montrent les données publiées de l’Insee. Au cours des trois derniers mois de l’année passée, l’activité économique a été notamment pénalisée par la consommation des ménages (-0,1 % par rapport au trimestre précédent).

Dans le détail, les achats de biens par les ménages se sont contractés ce trimestre (-0,6 %) en particulier la consommation alimentaire (-1,1 %) Il faut dire que la hausse annuelle des prix à la consommation de l’alimentation atteignait en moyenne plus de 7,5 % entre octobre et décembre. En outre, la consommation énergétique s’est significativement repliée (-2,5 %) ; l’Insee fait le lien avec les températures plus clémentes durant l’automne.

La croissance française a également été grevée par l’autre composante essentielle de sa demande interne : la formation brute de capital fixe (FBCF, 25 % du PIB). Cette dernière a enregistré une contraction de 0,7 % lors du quatrième trimestre, soit une baisse inédite depuis le deuxième trimestre… 2015 (lorsque l’on exclut la crise pandémique). Le comportement de la FBCF n’est pas vraiment une surprise compte tenu du fort durcissement des conditions de financement lié au resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE).

L’investissement des ménages (dépenses d’achat et d’entretien de logement) poursuit sa descente aux enfers (-1,4 %) : il recule pour le sixième trimestre consécutif. La FBCF des entreprises non-financières (ENF), elle, s’est contractée de 0,6 % durant le quatrième trimestre. Du point de vue sectoriel, la FCBF des ENF en produits manufacturés a baissé de 0,8 % et celle en services marchands de -0,2 %.

Rappelons que le taux d’intérêt associé au coût global de financement (financement de marché et crédit bancaire) des sociétés non financières françaises est passé de 1,18 % au début de la normalisation monétaire de la BCE (elle a agi sur son bilan dès décembre 2021) à 4,5 % en novembre 2023. En ce qui concerne les ménages, le taux d’intérêt des crédits nouveaux à l’habitat (taux effectif global y compris frais et assurance) a grimpé de 243 points de base pour s’établir à 4,14 % en novembre dernier.

Alors que la croissance du PIB s’élève à 0,9 % sur l’ensemble de l’année, l’acquis pour 2024 s’avère infime (0,1 %). Pour mémoire, il s’agit de la croissance qu’afficherait le PIB en 2024 si l’activité demeurait tout au long de l’année à son niveau du quatrième trimestre 2023. Les prévisions du gouvernement en matière de finances publiques s’appuient sur une croissance de 1,4 % en volume cette année. Au regard de l’acquis, il faudrait, pour qu’elle se réalise, que le PIB augmente chaque trimestre de 0,5 % en moyenne, ce qu’écarte fortement le consensus des prévisionnistes.

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