Macro-économie / Taux / France / Exportations / Zone euro / plf 2019 / 2023
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France / Exportations / Zone euro / plf 2019 / 2023
La France court derrière ses exportations perdues / L’Hexagone remonte lentement la pente depuis 2019
Le serpent de mer est de retour. Rexecode profite de la parution de son 17ème rapport annuel sur la compétitivité française, pour inviter les autorités françaises à examiner la pertinence d’un soutien à la production plus conséquent.
Les bonnes nouvelles de ces derniers mois et années ne sont certes pas éludées, puisqu’il est annoncé une " hausse de la part de la France dans les exportations de la zone euro en biens de 0,4 point, et de 0,3 point sur l’ensemble des biens et services ", au titre de l’année 2023, et dans le même temps on observe une " hausse des exportations en volume plus rapide que celle du PIB (+1,5 % contre +0,9 %)". Les équipes d’Olivier Redoulès, le directeur des études de Rexecode, ont bien peur que l’optimisme ne s’estompe rapidement et avancent qu’à "ce stade, le retour aux parts de marché de 2019 n’est pas acquis" alors que "les niveaux de 2023 s’inscrivent ainsi dans la trajectoire de baisse enclenchée au début des années 2000".
Problématique inchangée
Les maux français sont identifiés sans l’ombre d’un doute par Rexecode. Il est jugé que "la dégradation de la compétitivité française constatée entre 2019 et 2023 est cohérente avec la hausse des prix à l’exportation plus rapide que celle des autres pays européens" et également que l’on est face à une compétitivité hors-prix "jugée insuffisante par les acheteurs étrangers au regard des prix pratiqués ".
Souvent pointée du doigt comme responsable de nombre des problèmes hexagonaux, la question de la hausse du prix de l’énergie n’est pas la seule coupable. Lorsque Rexecode constate que "la France affiche en 2023 un déficit commercial très important en comparaison historique (si on exclut 2022)", la publication tient à souligner "qu’une partie seulement du déficit et de sa dégradation peut être attribuée à l’énergie". Le total étant chiffré à 100 milliards d’euros pour "pour les seuls biens (en nomenclature FAB-FAB) et à 2,2 points de PIB pour l’ensemble des biens et services (en comptabilité nationale)".
Plus grave encore, la situation n’est pas considérée comme bien engagée sur le front de la réindustrialisation. Il est même argué que " les signaux positifs enregistrés sur l’attractivité ces dernières années (hausse du nombre de projets industriels, de l’emploi industriel, des investissements directs étrangers), semblent commencer à faiblir, alors même que la reformation du tissu industriel n’a pas véritablement débuté". Pourtant citée comme un chantier prioritaire par les autorités françaises, la situation ne se serait donc pas améliorée sur ce point-là.
De mal en pis
À en croire la publication de Rexecode, le plus inquiétant est qu’alors que "le total des prélèvements sur les entreprises en France reste le plus élevé des grands pays de la zone euro", cela a contribué à faire perdre des parts de marché à l’exportation et ce "tout en accroissant le recours aux importations pour servir sa demande domestique". Une situation imputée en grande partie à un "coût du travail parmi les plus élevés de l’Union européenne, et en particulier significativement plus élevé que ceux de nos concurrents les plus proches que sont l’Espagne et l’Italie", qui pénalise lourdement l’économie hexagonale.
Une solution pour sortir la tête de l’eau est proposée ; elle prendrait la forme d’une "nouvelle baisse massive des prélèvements nets sur les facteurs de production des entreprises : travail, capital, foncier et énergie". Il est donc recommandé d’opérer un changement de paradigme en passant d’une priorité "du soutien à la consommation vers le soutien à la production et à l’innovation".
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