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Macro-économie / Taux / Fed / taux d'intérêt

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Fed / taux d'intérêt

Taux d’intérêt : Jerome Powell souffle le chaud et le froid / Les marchés apprécient moyennement

S’il a déclaré que les progrès récents en matière de désinflation étaient bienvenus, le patron de la Réserve fédérale américaine a jugé qu’une première baisse des taux d’intérêt dès la prochaine réunion du Comité de politique monétaire en mars n’était pas, contrairement à ce qu’anticipaient les marchés, le scénario le plus probable.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Anna Moneymaker / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Anna Moneymaker / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Aux Etats-Unis, la thèse d’une première baisse des taux avant le printemps vient de prendre du plomb dans l’aile. Si à l’issue de la réunion de son Comité de politique monétaire (FOMC) la Réserve fédérale américaine (Fed) n’a pas surpris en annonçant un maintien de son taux d’intérêt directeur au niveau qui est le sien depuis plusieurs mois (il se situe dans une fourchette comprise entre 5,25 % et 5,50 %), les propos tenus par son patron en conférence de presse ont quelque peu refroidi.

Certes Jerome Powell, président de la Fed, a déclaré que "la baisse de l’inflation au cours du second semestre de l’année dernière [était] la bienvenue ". La donnée très suivie par les banquiers centraux américains est l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), plus particulièrement la dynamique de sa composante sous-jacente (hors énergie et alimentation) en glissement trimestriel ou semestriel (tous deux annualisés) en vue d’avoir une meilleure idée de l’inflation en temps réel. Les deux mesures évoluent à un étiage proche de 2 % l’an (objectif de la Banque centrale) depuis plusieurs mois (1,5 % en décembre pour le glissement à trois mois annualisé et 1,9 % pour le six mois annualisé).

"Nous devrons continuer à voir des preuves pour avoir la certitude que l’inflation se rapproche durablement de notre objectif ", a ajouté le grand argentier. De sorte que, questionné quant à la possibilité d’une baisse des taux d’intérêt lors de la réunion du FOMC des 19 et 20 mars, l’Américain a rétorqué qu’il ne pensait pas qu’il soit probable que le FOMC atteigne un niveau de confiance suffisant d’ici là pour la justifier, même si "cela reste à voir". Selon Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques de CPR AM, cela signifie que le FOMC "ne veut tout simplement pas aller trop vite et être pris à contrepied par les chiffres, et en particulier par les révisions de saisonnalité de l’inflation (CPI) le 9 février".

Cela n’a pas été du goût des marchés actions. Le S & P 500 a abandonné 1,61 % tandis que le Nasdaq Composite, riche en valeurs de croissance (tech) et donc sensible aux variations des anticipations afférentes aux taux d’intérêt, a perdu 2,23 %. Avant la conférence de presse, les marchés à terme estimaient qu’il y avait jusqu’à deux chances sur trois pour que le taux d’intérêt directeur soit ajusté à la baisse d’au moins 25 points de base en mars, désormais ils considèrent qu’il y a moins d’une chance sur deux, peut-on calculer à l’aide de CME FedWatch Tool.

Depuis le début de l’épisode inflationniste, Jerome Powell a souvent mentionné les erreurs faites par la Fed dans les années 70, alors dirigée par Arthur Burns : elle avait baissé ses taux d’intérêt trop tôt et l’inflation avait redémarré. Quelques années plus tard, cela a conduit Paul Volcker à employer les grands moyens en augmentant le taux directeur de plus de 1000 points de base, ce qui a fait bondir de près de 5 points de pourcentage le taux de chômage des Etats-Unis, un scénario que veut à tout prix éviter Jerome Powell.

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