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demande; USA: or noir

Macro-économie / Taux / inde / pétrole / Chine / croissance

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L’équilibre du marché pétrolier proche d’être bouleversé / Il serait désormais suspendu à la bonne santé de l’économie indienne

Il n’est plus question de la Chine ou des États-Unis comme faiseur de roi pour l’or noir, l’Agence internationale de l’énergie présente désormais l’Inde comme principal vecteur de croissance pour ce marché. L’institution évoque, dans sa projection à horizon 2030, une contribution indienne à près d’un tiers de la hausse de la demande globale de 3,2 millions de barils par jour.  
Raffinerie indienne. Biju BORO / AFP
Raffinerie indienne. Biju BORO / AFP

Le roi est mort, vive le roi. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de consacrer une publication entière au rôle central que devrait occuper l’Inde sur le marché de l’or noir. Il ne fait pas de doute pour l’institution que le pays d’Asie du Sud "deviendra la principale source de croissance de la demande mondiale de pétrole d’ici à 2030".

Ce qui s’inscrit dans une dynamique déjà largement amorcée, puisque "l’Inde était déjà le deuxième importateur net de pétrole brut au monde en 2023, après avoir augmenté ses importations de 36 % au cours de la dernière décennie pour atteindre 4,6 millions de barils par jour afin de répondre à l’augmentation de l’utilisation des raffineries". Il est prévu qu’à l’avenir l’augmentation du raffinage fasse "encore grimper les importations de pétrole brut à 5,8 millions de barils par jour d’ici à 2030, ce qui aura des conséquences majeures sur la sécurité de l’approvisionnement de l’Inde".

 

Un appétit insatiable

 

Alors qu’il est escompté par l’AIE que la croissance de la demande émanant " des économies développées et de la Chine ralentira dans un premier temps, puis s’inversera par la suite dans nos perspectives", rien de tout ça n’est envisagé pour l’Inde. Il est plutôt question de voir "l’urbanisation, l’industrialisation, l’émergence d’une classe moyenne plus aisée, avide de mobilité et de tourisme, ainsi que les efforts déployés pour améliorer l’accès à une cuisine propre, soutiendront l’expansion de la demande de pétrole".

L’institution dirigée par Fatih Birol évoque une "expansion industrielle massive " à prévoir pour l’Inde, qui se traduirait par un appétit pour le diesel et le gazole qui deviendrait " la plus grande source de croissance de la demande de pétrole, représentant près de la moitié de l’augmentation de la demande nationale et plus d’un sixième de la croissance totale de la demande mondiale de pétrole jusqu’en 2030 ". La demande de kérosène n’est pas en reste avec une forte croissance attendue, de l’ordre de 5,9 % par an en moyenne.

 

Voir plus loin

 

Tout n’est pas idyllique pour autant, puisque si on constate que " la crise de l’énergie et l’augmentation récente des sources de pétrole brut sur de longues distances, notamment en provenance de Russie, ont également renforcé la capacité de résistance du pays en cas de perturbations du marché", l’AIE souligne que les niveaux de stocks actuels correspondent à 66 jours de couverture des importations nettes, en affirmant que l’Inde "doit renforcer sa capacité à répondre à d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement en pétrole ".

Les compagnies pétrolières indiennes n’ont pas attendu cette recommandation pour se décider à investir massivement dans le secteur du raffinage. Il est notamment prévu qu’au cours des sept prochaines années, "la capacité de distillation des raffineries sera augmentée de 1 million de barils par jour, soit plus que dans n’importe quel autre pays du monde, à l’exception de la Chine ".

Il n’en reste pas moins acté que l’Inde restera cantonné à être un " producteur de pétrole relativement modeste, et avec un potentiel de croissance limité à court terme ", la production intérieure de l’Inde ne représentant ainsi que près de 13 % des besoins d’approvisionnement du pays. L’AIE va même plus loin et affirme que " la production nationale de pétrole brut devrait continuer à baisser à moyen terme ". Il est notamment mis en avant que la pénurie de nouvelles découvertes contribuerait à faire chuter l’offre de pétrole indien à 540 000 barils par jour d’ici 2030.

Le pays se lance également dans de lourds investissements visant à accélérer sa transition énergétique, qui vont limiter la forte croissance de sa demande. En mêlant une utilisation accrue des véhicules électriques à des améliorations de l’efficacité énergétique, les calculs de l’AIE avancent que cela permettrait " d’éviter 480 000 barils par jour de demande supplémentaire de pétrole au cours de la période 2023-2030".

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