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États-Unis : quand deux dixièmes de point de pourcentage fâchent Wall Street / L’inflation surprend et rebat les cartes sur la date de baisse des taux
Aux États-Unis, l’inflation donne de nouvelles sueurs froides aux marchés financiers. Les chiffres publiés par le département du Travail en milieu d’après-midi, sur l’évolution des prix à la consommation, n’ont pas plu du côté de Wall Street. L’inflation annuelle sous-jacente (hors énergie et alimentation) s’est affichée à 3,9 %, quand le consensus misait sur 3,7 %. Sur un mois, les prix associés à cette composante de l’inflation, qui représentent un indicateur avancé de l’inflation globale, ont augmenté de 0,4 % (le consensus attendait 0,3 %), soit un plus haut depuis avril 2023.
Variable également très suivie par les acteurs de marchés et les banquiers centraux, l’inflation sous-jacente sur trois mois annualisée, qui donne une meilleure idée de la dynamique présente des prix, s’est établie à 4 %, un record depuis juin dernier. Dans la foulée de la publication de ces données, le S & P 500 a abandonné 1,2 % et le Nasdaq perdait 1,45 % tandis que les taux d’intérêt à deux ans sur la dette américaine grimpaient de 12 points de base, à 4,6 %.
En cause ? Le retour sur le devant de la scène du questionnement quant à la trajectoire du taux d’intérêt directeur de la Réserve fédérale américaine (Fed). "Ces chiffres compromettent le nombre de baisses de taux d’intérêt attendues par le marché pour 2024 et potentiellement aussi par la Fed", explique Christophe Boucher, directeur des investissements d’ABN AMRO Investment Solutions.
Les marchés s’étaient déjà fait une raison à l’issue de la dernière conférence de presse de Jerome Powell, président de la Fed, quant à la faible probabilité d’une éventuelle première baisse de taux d’intérêt directeur dès la prochaine réunion du Comité du politique monétaire (FOMC) les 19 et 20 mars.
Pour la réunion du mois de mai, l’inflation de janvier vient de changer la donne. D’après les marchés à terme, la probabilité que le taux reste à son niveau actuel (dans une fourchette comprise entre 5,25 et 5,50 %) à l’issue de cette réunion est de 62 %, contre "seulement" 39,3 % hier, peut-on calculer grâce à CME FedWatch Tool. C’est la réunion des 11 et 12 juin qui tient désormais la corde, d’après les marchés. La probabilité d’une baisse lors de cette réunion demeure très élevée (79 % contre 92,2 % avant la publication du chiffre d’inflation).
Plus globalement, "il y a quelques mois, le marché prévoyait 6 baisses de taux pour 2024 ; aujourd’hui, nous sommes entre 3 et 4", indique Christophe Boucher. Un mouvement qui rapproche les prévisions du marché de celles de la Fed : quatorze des dix-neuf membres du FOMC estiment qu’il n’y aura pas plus de trois baisses de taux d’intérêt (de 25 points de base chacune) en 2024.
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