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Opep+ / pétrole / Production
Le baril de pétrole n’a pas de marge en ce début d’année /
Météo, conflits et Opep ne lui laissent pas de répit
Les mois passent et le choix de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) de limiter sa production semble encore porter ses fruits. Han Tan, analyste chez Exinity, rejoint cet avis et affirme que "la perspective d’un marché mondial en surabondance en 2024, selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), semble maintenir les prix du pétrole sous contrôle malgré les réductions continues de l’offre par les principaux producteurs de pétrole".
L’AIE acte de son côté que "la phase de croissance expansive post-pandémique de la demande mondiale de pétrole a largement fait son temps", il est désormais question d’un " équilibre du marché mondial du pétrole s’est resserré en janvier malgré la faiblesse apparente de la demande". Du côté de chez DNB, les analystes jugent que "le rapport de ce mois-ci a adopté un ton pessimiste en ce qui concerne la demande mondiale et la croissance de l’offre hors Opep". Les pays soutenant la demande seront les mêmes qu’en 2023, l’AIE mettant en avant "la Chine et, dans une moindre mesure, l’Inde et le Brésil. Ces trois grandes économies devraient représenter 78 % de la croissance de la demande mondiale de pétrole en 2024, qui devrait atteindre un nouveau pic de 103 mb/j (millions de barils par jour ndlr)".
Nouveau paradigme
Confronté aux réductions volontaires de la production de la part du Cartel pétrolier, le reste du globe en souffre moins qu’escompté en raison d’un appétit plus timide pour l’or noir. Les prévisions de l’AIE tablent sur "un rythme d’expansion [de la demande de pétrole, qui] devrait encore ralentir pour atteindre 1,2 mb/j en 2024, contre 2,3 mb/j l’année dernière". Ce qui n’empêche pas l’économie d’être à la merci de chocs exogènes sur l’offre, tels que celui de janvier où " l’offre mondiale de pétrole a enregistré une forte baisse de 1,4 mb/j en glissement mensuel après qu’une tempête arctique a interrompu la production en Amérique du Nord et que l’OPEP + a renforcé ses réductions de production".
L’institution dirigée par Fatih Birol appelle donc à la prudence et affirme que "la sécurité de l’approvisionnement en pétrole reste plus critique que jamais". Pour autant, plusieurs raisons d’espérer sont apparues ces derniers mois ; la principale étant que "la production record des États-Unis, du Brésil, de la Guyane et du Canada contribuera néanmoins à accroître l’offre hors OPEP + de 1,6 mb/j cette année". Il est également attendu dans les prochains mois que de nouvelles capacités de raffinage soient "mises en service dans les pays non-membres de l’OCDE".
Grise mine
Des nouvelles qui ne réjouiront pas l’Opep et ses différents alliés, l’organisation essaye par ailleurs de désamorcer les désaccords naissants. Le premier écueil étant survenu à la fin de l’année avec le départ de l’Angola. Diamantino de Azevedo, ministre des ressources naturelles, du pétrole et du gaz, du pays africain avait alors déclaré que "jusqu’à présent, nous n’avons pas eu d’influence sur les quotas, mais, si nous devions rester dans l’OPEP, nous subirions les conséquences de la décision de respecter les quotas de production ". Un choix impossible pour lui, il aurait alors fallu " réduire la production, ce qui va à l’encontre de notre politique consistant à éviter toute baisse et à respecter les contrats ".
Autre sujet brûlant, le choix de l’Arabie Saoudite de différer ses projets d’expansion de capacité. Le secrétaire général de l’OPEP, Haitham Al Ghais, a botté en touche en déclarant qu’il ne pouvait "pas commenter une décision saoudienne… mais cela ne doit en aucun cas être interprété comme un point de vue sur la baisse de la demande". Du côté de l’AIE, on parle déjà d’une possibilité de voir " les réductions volontaires (de l’Opep) supplémentaires annulées au cours du 2e trimestre ".
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