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Donald Trump / élections présidentielles / Etats-Unis
Donald Trump se rappelle aux bons souvenirs de la Fed / Les marchés sont également affectés par l’élection présidentielle
"Je pense que Jerome Powell, président de la Réserve Fédérale (Fed), va faire quelque chose pour probablement aider les démocrates ". Donald Trump ne porte pas Jerome Powell dans son cœur et l’a fait savoir en ce début d’année sur la chaîne Fox Business. Du côté de la Fed on ne peut pas ignorer qu’une victoire du candidat républicain pourrait s’accompagner de changements radicaux dans la politique économique américaine.
Alors que l’économie américaine fait de la résistance, ce qui conduit à retarder les baisses de taux. Peter Garnry, responsable de la stratégie actions chez Saxo Bank, évoque que " l’idée d’un scénario dit "sans atterrissage", dans lequel l’inflation reprendrait, remettant sur la table la question de la hausse des taux, s’est même réchauffée, même si les baisses de taux restent plus probables". Un scénario dans lequel la politique s’immisce cependant puisque dans le cas où " la Fed doit réduire ses taux, un argument est qu’elle souhaiterait probablement le faire tôt afin d’éviter toute impression de partialité politique au moment des élections". Le responsable de la stratégie actions se fait également l’écho d’une "seconde théorie conspirationniste [qui] affirme que la Fed de Powell favorise le plus grand nombre, "Washington-friendly" de Biden, et qu’elle s’inclinera aussi dovish que possible pour augmenter ses chances de gagner ".
Dérailler
Jerome Powell et le comité de politique monétaire ne sont pas pour autant à l’abri de soubresauts provoqués par Donald Trump. Alexandre Hezez, stratégiste du groupe Richelieu, confie à WanSquare, qu’il "faut une grande confiance à la Fed pour baisser ses taux, si une ou deux mauvaises nouvelles surviennent elle pourrait ne pas se précipiter pour le faire". Il a également souligné que l’institution "était très attentive à une nouvelle vague d’inflation, les mesures inflationnistes que pourrait prendre Donald Trump, en cas de succès, sont de nature à pousser la Fed à augmenter ses taux pour y faire face".
Les conséquences d’un retour au pouvoir de l’ancien président ne font pas l’ombre d’un doute pour Brian Coulton, le chef économiste de Fitch Ratings, qui nous a confié que " le gouvernement et les politiques de Trump affecteraient le commerce mondial et des mesures de rétorsion de la Chine sont un scénario probable". Pour autant, les données de Fitch montrent que la sensibilité de la croissance américaine à la Chine est aujourd’hui assez faible : le scénario d’un choc économique sévère en Chine n’entraînerait qu’un recul de moins d’un demi-point de PIB de l’autre côté du Pacifique. Le chef économiste soulignant que "c’est davantage du côté de la reprise de l’immigration que les conséquences seraient à attendre, puisqu’elle a constitué un des facteurs de la croissance américaine".
Expectative
Pas de panique cependant pour les marchés, Peter Garnry évoquant d’une part que "les marchés ne sont pas aussi facilement effrayés par Donald Trump qu’il y a huit ans. Le marché sait depuis longtemps que Trump sera le candidat républicain" et d’autre part qu’il "est trop tôt pour dire ce que le marché en pense (de cette élection ndlr). La dernière fois, l’économie américaine était en mesure de permettre à Trump de lancer une grande politique économique axée sur l’offre, qui a été bien accueillie par le marché. Toutefois, huit ans plus tard, la situation budgétaire de l’économie américaine est très différente, et il n’y a guère de place pour des politiques du type de celles menées par Trump dans le passé". Un constat qui est avancé aussi pour Joe Biden. Peu importe le futur occupant du bureau ovale, il aura une marge de manœuvre budgétaire assez ténue.
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