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Finances publiques / Cour des comptes

Finances publiques : la Cour des comptes chiffre les ambitions gouvernementales / 50 milliards d’euros d’économies à réaliser entre 2025 et 2027

Tandis que le gouvernement vient d’annoncer 10 milliards d’euros d’économies supplémentaires pour 2024 et au moins 8 milliards d’euros de plus que prévu pour l’année prochaine, les Sages de la rue Cambon jugent qu’afficher un déficit public inférieur à 3 % du PIB dans trois ans nécessitera 50 milliards d’euros d’économies en cumulé entre 2025 et 2027. Pour y parvenir, l’exécutif devra faire preuve d’une maîtrise des dépenses qui n’a « pas d’exemple dans l’histoire récente ».
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique et Pierre Moscovici,  Premier président de la Cour des comptes - EMMANUEL DUNAND / AFP
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique et Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes - EMMANUEL DUNAND / AFP

Si le gouvernement veut se donner les moyens de ses ambitions en matière de rétablissement des finances publiques, les efforts à mener s’annoncent colossaux. Dix milliards d’euros d’économies de plus que la loi de finances 2024 le suggérait seront conduites cette année et Thomas Cazenave, ministre délégué aux Comptes publics, a annoncé que ce seront au moins vingt milliards d’euros d’économies (contre 12 initialement) qui devront être dénichées dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025 (PLF 2025). L’objectif ? Retourner sous les 3 % de déficit public (en proportion du PIB) en 2027 (2,7 %), ce dans le cadre du respect des règles budgétaires européennes.

La Cour des comptes, de son côté, a calculé les économies nécessaires qu’il faudrait mener compte tenu de la trajectoire de réduction du déficit public inscrite dans la loi de programmation des finances publiques (LPFP 2023-2027) entre 2025 et 2027. Il en ressort que ce sont près de 50 milliards d’euros qu’il faudra trouver.

Dans le détail, cette somme représente l'écart cumulé entre d'une part le niveau qu'atteindraient, entre 2025 et 2027, les dépenses publiques, hors charges d'intérêts et mesures d'urgence (soit les dépenses maîtrisables non liées au retrait de dispositifs exceptionnels), si elles suivaient la trajectoire qui fut la leur entre 2015 et 2019 et d'autre part celui qui devrait être le leur dans le cadre de la LPFP.

Pour mémoire, en volume, elles ont progressé de 1,2 % par an en moyenne entre 2015 et 2019 quand le gouvernement souhaite limiter leur hausse à 0,2 % par an entre 2025 et 2027, c'est donc le point de pourcentage de différence pendant trois ans qui correspond au total à environ 50 milliards d'euros. Ce fort ralentissement de la croissance des dépenses sur une période de trois ans n’a "pas d’exemple dans l’histoire récente", souligne la Cour des comptes.

En outre, "à ce stade, les moyens permettant de respecter cette trajectoire de dépense ne sont documentés qu’à la marge par les effets durables des réformes des retraites et de l’assurance-chômage", déplore l'institution.

Conduite notamment par l’Inspection générale des finances, une revue des dépenses est actuellement menée et ses résultats seront communiqués dans les mois à venir. "Ces revues doivent porter sur un périmètre large, s’inscrire dans la durée, être axées sur la qualité de la dépense et être sous-tendues par une volonté politique forte", soutiennent les Sages de la rue Cambon. Ces derniers estiment par ailleurs que "l’effort d’économie nécessaire devra préserver les dépenses de nature à soutenir durablement l’activité économique et la transition écologique afin de concilier au mieux l’ajustement budgétaire et l’amélioration du potentiel de croissance".

En plus de supposer une maîtrise inédite des dépenses, le scénario du gouvernement fait l'hypothèse qu'aucune embûche ne se mettrait en travers de ses perspectives "optimistes" concernant la croissance économique. Alors que l'exécutif a révisé à la baisse de 0,4 point la croissance du Produit intérieur brut (PIB) cette année (1%), la Cour des comptes fait remarquer que si elle s'établissait à 0,7% en 2024 (consensus des économistes) puis au niveau escompté par le gouvernement les années suivantes, alors le déficit public s'afficherait à 3,1% en 2027, au lieu de 2,7%.

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