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Macro-économie / Taux / hydrogène / France / europe / Production

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Une Europe compétitive sur l’hydrogène n’est pas qu’une utopie / Importer deviendra moins pertinent au fil des années

La construction d’une filière hydrogène en Europe ne se fera pas en un jour et c'est avec le temps que son importance deviendrait notable. L’analyse par France Hydrogène des différents scénarios sur le commerce de cette énergie propre laisse entrevoir une compétitivité de l’Hexagone et du Vieux continent à l’horizon 2050. Une date à laquelle les importations resteraient néanmoins compétitives dans certains cas, la montée en puissance de la production domestique permettant d’envisager le recours à un approvisionnement extérieur non plus comme une obligation mais comme une opportunité de diversification.
Hydrogène stocké en France. LOU BENOIST / AFP
Hydrogène stocké en France. LOU BENOIST / AFP

Allier compétitivité et indépendance. C’est tout le sens du développement d’une production d’hydrogène sur le sol européen. Une note d’analyse produite par France Hydrogène détaille comment l’émergence de capacités au sein de chaque État du Vieux continent leur bénéficierait mutuellement. La publication presse en effet les gouvernants à agir, alors qu’elle redoute qu’ "en dehors de l’Afrique du Nord, l’Europe [soit] en compétition avec le Japon et la Corée du Sud pour capter les volumes d’exportation disponibles sur le marché mondial".

Il est notamment fait référence à l’Arabie saoudite et à Oman, qui, du fait leur position géographique, sont en mesure de "mettre en concurrence les acheteurs européens et asiatiques pour disposer des meilleures offres". Les auteurs font ainsi écho aux propos de David Edmondson, directeur général de Neom Green Hydrogen Company, qui a "souligné en mars 2023 que la production du projet Neom pourrait être exportée ailleurs qu’en Europe si les règles sur les RFNBO (les carburants renouvelables d’origine non biologique) apparaissent trop contraignantes".

 

Serrer les coudes

 

Le point saillant de l’analyse est les pays européens seront beaucoup moins compétitifs individuellement que dans le cas où ils regroupent leurs forces. Il apparaît effectivement qu’il y a de grandes hétérogénéités entre le potentiel de production et de consommation de chaque État. Le centre de recherche de la Commission européenne estime que "la part des échanges intra-UE représenterait 28 % de la consommation totale à 2050 de son scénario 1,5°C". En ajoutant la Norvège, la Suisse et les pays des Balkans, on obtient même un chiffre de 37 %.

Une organisation qui s’impose au vu des coûts de production d’hydrogène faibles comme en Espagne, là où l’Allemagne est jugée comme ayant " des coûts de production domestique d’hydrogène renouvelable parmi les plus élevés d’Europe". L’hypothèse dans laquelle "les importations de produits dérivés (ammoniac, carburants de synthèse, méthanol, etc.) pourraient être plus compétitives que la production domestique européenne, lorsque ces produits ne sont pas reconvertis en hydrogène" n’inquiète pas outre mesure les auteurs. Puisque le différentiel de coût est jugé comme demeurant "mesuré, de l’ordre de 10 % à 20 %", soit des écarts qui "n’apparaissent pas de nature à remettre en cause la viabilité de la production sur le sol européen, surtout si le marché fait face à une pénurie d’offre pour répondre aux obligations des directives européennes sur les énergies renouvelables". La souveraineté énergétique s’avérant donc un précieux atout, dans ce cas de figure précis.

 

Ligne de départ

 

L’année 2050 reste néanmoins un horizon bien lointain et d’autant plus que France Hydrogène s’alarme du nombre de projets qui tardent à se concrétiser et ce à travers le globe. Une donnée qui rend d’autant plus impérieuse le développement d’un outil de production européen, que les volumes disponibles à l’exportation vont demeurer réduits. La note d’analyse argue que si de "nombreuses annonces de projets d’exportation ont été communiqués depuis 2020 ", il n’en reste pas moins que " plus de 75 % des projets annoncés à 2030 ne sont encore que des ‘ concepts’ sur lesquels un développeur de projet communique sans savoir si le projet est faisable". À la fin de l’année dernière, il n’y a donc que "trois projets d’exportation de molécules dans le monde [qui] ont atteint le stade de la décision finale d’investissement". Ils se situent respectivement à Oman, aux États-Unis et en Arabie saoudite.

France Hydrogène presse les pouvoirs publics de s’intéresser à la "capacité des porteurs de projets à accéder à des capitaux importants et à des taux compétitifs pour financer de tels projets ". En l’absence des flux nécessaires pour subvenir aux dépenses d’investissements, les acteurs européens et français ne pourront répondre aux besoins du Vieux continent.

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